
mités des arêtes actuelles prolongées jusqu’au sol visible, fut trouvée par eux égale
à 699*’ 9P. Ainsi cette dernière mesure faite un an après la mienne, par des
moyens peut-être encore plus exacts, a été parfaitement conforme à‘ la première
à six lignes près ; d’où il faut conclure, sans doute, qu’il y a eu des compensations
d’erreurs ; mais il n’est pas moins prouvé par une telle confirmation qu’on peut
compter surla mesure de 699d‘ 9P à très-peu près, et qu’elle est inattaquable. Ainsi
la mesure de la base dans l’état actuel diffère de la mesure prise entre les angles
extérieurs des encastremens (c’est-à-dire, la plus grande distance des pierres angulaires),
de 5“ 50 [ 232™,75— 227“ ,25]. Il est évident que la moitié de cette
différence, ou représente l’épaisseur du revêtement à la partie inférieure
plus la saillie quelconque du socle de la première pyramide, socle qu’on voit à la
deuxième et à tous les monumens Egyptiens.
La hauteur de ce socle est donnée par l’assise inférieure, formée tout entière du
rocher. Quand on a aplani et dressé le plateau, on a laissé une masse de pierre
pour y asseoir l’édifice, comme sur un soubassement ; cette assise ménagée dans
le roc a 1 ”",849 [5 a* 8P 4 ' J de haut, mesure prise en deux parties par MM. Le Père !
et Coutelle, jusqu’au niveau supérieur de l’encastrement. J’avois trouvé en 1800
pour cette mesure une hauteur de im,o83 [ 3ds 4P ]-, et M. Nouet 1m, 14 , mais
seulement depuis l’arête supérieure de l’assise du rocher jusqu’au sol alors visible.
Cette dimension se rattache à celle de la hauteur totale de la pyramide, et j’y
reviendrai bientôt; mais j’ai dû la mentionner ici, quoique je ne m’y occupe que
des dimensions horizontales, parce qu’elle donne des lumières sur la largeur ou
saillie que devoit avoir le socle: le revêtement ne pouvoit pas en effet avoir plus I
de im,8 à la partie inférieure, en jugeant d’après celui de la deuxième pyramide : il
n’y a pas d’ailleurs de pierres plus épaisses dans tout le monument.
Pour ne pas interrompre cet exposé des dimensions précises de la pyramide, ce
que je regarde comme l’objet le plus important de tout cet écrit, je passerai sur-le- I
champ à ce qui regarde la hauteur et l’inclinaison des faces, ainsi qu’au calcul du I
volume et de la superficie. Plusieurs moyens ont été employés pour obtenir la me- I
sure de la hauteur de la pyramide. Le plus simple étoit de prendre celle de chaque
degré, c’est Je parti auquel ont eu recours plusieurs d’entre nous. Un autre étoit I
la mesure trigonométrique, et le dernier la mesure barométrique. Le premier de I
ces moyens a d’abord été mis en usage par M. Cécile et moi, le 26 nivôse an 7
[5 janvier 1799] (1). Nous avons mesuré une à une les assises en descendant,
et nous en avons compté 203, en y comprenant les deux assises au centre de la I
plate-forme du sommet, très-dégradées ( hauteur ensemble tm,8-3, ou 3dl 4P), et I
celle de la base pratiquée dans le rocher, i ra,o83 [ 3d’ 4P 1. Nous appliquions
( f ) C’est par erreur que dans VExposition du système même écrit, A . M. t. I, p. f j i , que nous avions mesuré j
métrique &c. j’ai donné la même date à cette opéra- les degrés à 6 lignes près; il falloit dire 2 ou 3 lignes. Voici I
tion qu à celle de la mesure de la base ; c est pour 1 exac- l’extrait de mon journal de voyage : « Nous avons mesuré j
titude seulement que je note ici cette rectification, quoi- » toutes les assises avec un pied-de-roi, à la précision de 2
que de peu d’importance, puisqu’une année n’a apporté »ou 3 lignes près. Les erreurs qui ont pu s’introduire ne I
aucun changement a la hauteur de la pyramide. Une » venoient quede ce que plusieurs marches ont un sol I
erreur plus importante doit être corrigée : on lit dans le » inégal et sont dégradées par le temps; mais nous prîmes
E T D E S P Y R A M I D E S . C H A P . X V I I I , S E C T . I I I . <5 j
simplement sur la contre-marche notre mesure ;ieri plaçant une règle1 horizontal*
menteur la marche. La somme totale s’est trouvée de i [4 2 id<op] (i). En
déduisant de iàJes deux petits degrés de la plate-forme, reste r 8 f 4'2?dl m
pour la hauteur de cette plate-forme:1
M. Nouet, astronome, au moyen d’opérations trigonoméiriques,'"dont' il' ést
inutile de, rendre compte (on les trouvera dans son mémoire)>('i)va déterminé
l’élévation de là plate-forme au-dessus du sol, y compris le degré’inférieur pra-
dqué dans le rocher, dont il avoit mesuré .seulement :ùne partie, haute-île
cette1 élévation.,td’àprès ses càlcuis, ést'de" 137^,53,-[ 4 23 pieds environ
M- Conté transporta sur la cime de la pyramide un baromètre de-son invention
,-Capable de mesurer là pression de l’air avec précision : l’opération cohsistôit
à peser la quantité de mercure dont laccslonne barométrique, s’étoit abaissée M
Il trouva un résultat extrêmement approchant de celui de l'astronome; mais je
ne puis le faire connoître i c i , parce qü’il n’a' jamais été publié', et qu'il ne s’est
pas retrouvé parmi les papiers de ce savant, mécanicien ingéùiéux:autant quhabilè
artiste 4 et dont la perte prématurée a été funeste pour les arts et l'industrie':
Enfin, en i8 o r , MM. Le Père et Coutelle prirent la mesuré de toutes les
marches de la pyramide avec un instrument fait exprès et avec-les soins-les plus
minutieux. Le nombre des assises fut trouvétde 203. (~4);< et la hauteur- totale, de
159 >117 [438 -3P 21.—] j compris les deux supérieures ( tm, 1 17, ou 3>ds -5? 31). et
le degré inférieur tout'entier jusqu’à l’esplanade ( »"','849; ou- j * ' 8p>4f). Retranchant
les deux degrés supérieurs, reste 138 mètres, et le degré inférieur, ou s'OcIe,
136."',!51. Cette mesure, on le voit, n’é diffère des: deux premières quepar
l’assise du rocher, plus ou moins visible selon l’époque où elles ont été effècttiêès
et qui a été découverte en-son entier par MM. Le Père et Coutelle jusqü’âii
niveau Me l’esplanade. Ainsi l’élévation de la plate-forme de la p r e m i è r e ' pyra
mide au-dessus d e l’eSplanade est de 138 mètres, et -au-dessus'de l’assise ; ou" base
taillée dans le rocjac est - à -dire du socle, de T 3:6” 1 5 1 : tel est Je résultat qui,
avec le précédent, forme des données sûres, propres à calculer avec certitude
linclinaison et toutes les dimensions de la pyramide.
Il n’est peut-être pas inutile de remarquer l’accord qui- existe 'entre flotrê mesure
et celle de MM. Le Pere et Coutelle, non-seulement pour la hauteur totale,
mais même pour le nombre des marches, égal à 203. En effet, p arài les voyageurs!
” k plus de soin possible, et d’ailleurs ces erreurs sont d e .
» nature à se compenser. 16 nrvôse an 7 [ 5 janvier
»1799], » Ainsi, en supposant que nous eussions pu à
chaque fois nous tromper de 3 lignes , l’erreur totale
probable etoit d'un peu-plus dé 3 pouces et demi, et non
de 7 pouces. Sur la compensaiion des différences en
plus ou en.moins, voyez le Mémoire sur le -système métrique,
&c. A .M . tome I.
(1) J’ai publié, ailleurs en détail la table des degrés
et celle des hauteurs mesurées par MM. Le Père et Coutelle
(V0y. A i M . t. / , p . m ; voyez aussi, A . M . t. I l ,
P- S4 , les. Observations de M. Coutelle sur les pyramides
) : ces tables dispensent de reproduire les mesures
d es.m arch es d e la g r a n d e p y ra m id e , an n o ncées dan s
le v o lum e d e Y E xp lica tion des planches d ’antiquité.
( - ) Dé cad e Egyptienne, t. II I , pag. 105.
(3) M. Conté avoit fait auparavant des expériences
devant l’Institut, 'et mesuré de très-petites hauteurs;
l’instrument est tout en métal, et a le défaut de n’être
point portatif. '
. (4 ) Je ne sais sur quoi se fondoît Niebuhr, quand il
disoit que celui qui prendrait la peine d’y monter par dif-
férens endroits, ne trouveroit certainement p a s le même
nombre de degrés (t. I , pag. 60). Ces degrés sans doute
sont inégaux en hauteur; mais chacun appartient à un
plan horizontal qui traverse toute Ta pyramide.