
presque entièrement disparu à l’extérieur. On ne peut douter cependant que toute
la façade n’ait été peinte, ainsi que le reste du temple; car, indépendamment des
preuves directes que nous en avons recueillies sur les lieux mêmes, on auroit peine,
si cela n’avoit point eu lieu ainsi, a expliquer la bizarrerie résultant dun si giand
défaut d’uniformité dans la décoration intérieure et extérieure du portique.
Il nous reste à parler maintenant des ornemens du plafond, qui ne le cèdent en
rien, ni pour l’exécution, ni pour l’intérêt des sujets, à toutes les sculptures dont nous
nous sommes occupés jusqu’à présent, et qui achèvent de donner du grand temple
de Denderah la plus haute idée. Les architraves qui reposent sur les colonnes, ont
toutes leurs faces visibles chargées de décorations. Le dessous est couvert de glands
hiéroglyphes sculptés et peints, et sur les faces latérales on a distribué une longue
suite de femmes couronnées de lotus, et tenant à la main des bouquets de la même,
plante, qu’elles offrent à Isis et à Osiris. Les soffites sont ornés de sculptures qui se.
détachent sur un fond bleu parsemé d étoiles d un jaune d or. Ils ont. éprouvé des
dégradations notables : de grandes portions de peintures en ont ete detachees, soit
par l’effet du temps, soit par les coups de fusil que des Mamlouks s étoient exercés
récemment à tirer dans le portique, et dont il subsiste des traces évidentes en beau-,
coup d’endroits. Presque tout le reste du plafond est noirci probablement par la
fumée des flambeaux qu on allumoit dans le temple. Pour peu que 1 on ait considéré
les-sculptures des soflites,' on ne tarde point à y reconnoître quelques figures et
quelques emblèmes relatifs à l’astronomie, et bientôt on voit dans les deux soffites
extrêmes la réunion de tous les signes du zodiaque. La planche 18 (1) offre l’ensemble
et la position respective de toutes les sculptures du plafond. Si on la prend
par ses deux extrémités latérales, qu’on la pose verticalement devant soi et qu’on
l’élève ensuite au-dessus de sa tête, tous les objets quiiy sont représentés se verront,
dans la même position où ils sont au plafond du portique. Dans la Description
des monumens astronomiques (2), nous avons parlé succinctement du zodiaque du
portique de Denderah. Nous nous sommes étendus particulièrement sur les. soins,
que nous avons pris pour obtenir des dessins exacts et dignes d inspirer la plus
grande confiance ; nous nous bornerons a ajouter ici quelques détails qui serviront
à attirer plus spécialement encore l’attention sur ces bas-reliefs tres-remarquables.
Les deux soffites extrêmes sont divisés en trois parties (3). Dans toute la longueur
de la première, qui est contiguë a la muraille latérale, se trouve le coi ps d une grande
figure sans aucune proportion régulière , dont les jambes et les bras s etendent
dans la largeur totale du soffite. Des ondes indiquées par des zigzags , et des fleurs,
de lotus, forment son vêtement. Un disque avec une aile dcpervier est place au-
devant de sa bouche; et à la hauteur du sein, sa robe est ornée d’un scarabée, emblème
de la génération. Cette figure singulière n’est sans doute autre chose qu’une
représentation symbolique de la nature ou d Isis. Dans la seconde partie des soffites,
on a sculpté dix-neuf barques où se trouvent des divinités debout et dans,
(1) Voyez l’Atlas, A . vol. IV .
(2) Voyez la Description des monumens astronomiques, Appendice n.* II.
(3) Voyez la plahche 20, A . vol. IV .
D E D E N D E R A H . C H A P . X . ? -,
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l’action de marcher, ainsi que d’autres symboles Égyptiens. Deux de ces barques ont
presque entièrement disparu par 'surte des dégradations que nous avons signalées;
mais il est facile d’en reconnoître la place. Dans le soffite de gauche, on distingue
en outre une petite barque renfermant un lotus d’où s’élève un serpent. On sait
d’après les témoignages des anciens auteurs, que les Égyptiens exprimoient par
des barques le mouvement des astres : il y a donc quelque raison de croire que
tous ces emblèmes sont relatifs a la marche et à la position respective des constellations
dans le ciel (t). Osirrs à tête depervier et à tête humaine, Horus debout,
Harpocrate accroupi ou assis sur une fleur de lotus, des personnages avec '
des masques d’ibis et de chacal, une femme à tête de lion, un cynocéphale accroupi
au milieu d’un disque, une espèce d’autel au-dessus duquel un bras est
etendu, sont les représentations emblématiques que l’on remarque plus particulièrement
dans Ces barques, et dont plusieurs sont répétées avec quelques variétés
seulement dans leurs attributs.
La troisième partie des soffites offre íes signes du zodiaque. Le lion est le pre
mier de tous dans le soffite de droite. Sa marche paroît indiquer qu’il va sortir
du temple, et il semble entraîner tous les autres personnages qui viennent à sa
suite, en s’avançant dans le même sens que lui. Une femme armée d’un fouet
saisnsa queue; elle est suivie d’une autre femme dont le plafond tout dégradé
n offre plus que la tête et les épaules, et qui paroît porter sur ses mains un enfarit.
Dans un cadre rectangulaire est enfermé un serpent dont les replis tortueuxforment
quatre anneaux. Six femmes viennent à la suite, et l’une d’elles ‘tient à la main
un epi de blé : c est la vierge céleste. Tous ces personnages ont des têtes humaines
a l exception dun seul qui a un masque de taureau et qui suit immédiatement la
vierge. La balance occupe à peu près le milieu de la longueur du soffite. Entre les
deux plateaux se trouve un disque posé sur une échancrure, et au milieu duquel
on voit Harpocrate, dieu du silence, qui semble caractériser ici l’astre de la nuit
A côté du plateau de gauche, un autre disque renferme un homme debout
ans !action de marcher; c’étoit sans doute un symbole relatif au cours du
soleil. est a croire que ce n’est pas fortuitement que se trouvent ici réunis-
ces deux emblemes du soleil et de la lune. Le scorpion est posé un peu obliquement
sur la largeur du soffite. II est précédé de deux femmes dont l’une a un
masque depervier, et d’une figure de Nephté portant dans ses mains'deux
vases temes, qui ne sont sans doute autre chose qu’un emblème du fleuve
resserre dans son lit avant l’heureuse époque de l’inondation. Derrière ce signe
sont un chacal pose sur une houe, et un épervier à tête humaine. Après le scor-'
pion, on voit deux femmes debout en avant du centaure ou sagittaire. Celui-ci
est moitié homme et moitié cheval : il a deux têtes, l’une de lion et l’autre d’homme •
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