
temple, où il indique un lever héliaque de Sirius (i). Il y a tout lieu de croire que
l’édifice que nous venons de décrire, étoit principalement consacré à Isis et à
Horus ; c’est au moins la conséquence que l’on peut tirer de la multiplicité des
représentations de ces divinités Égyptiennes parmi les sculptures dont les murs
sont couverts.
§. VII.
De la Porte de l ’Est.
L a porte de l’est est enveloppée dans la grande enceinte de briques qui entoure
les principaux édifices de Denderah : elle est presque entièrement enfouie sous les
décombres provenant de la destruction des maisons particulières qui, à différentes
époques, ont fait partie de la ville de Tentyris. Sa forme et ses dimensions sont
tout-à-fait semblables à celles de la porte du nord. Les sculptures 3e ces deux édifices
ont aussi la plus grande analogie. L ’enfoncement où vençit se loger la porte
en bois qui fermoit la baie, est richement décoré d’ornemens composés de croix
à anse, avec des bras armés de sceptres à tête de gazelle, de légendes hiéroglyphiques
accompagnées de serpens, et de figures accroupies, tenant dans leurs mains
élevées des bâtons à crans qui se recourbent par-dessus leur tête (2). Tous ces
ornemens sont posés sur des coupes ou vases richement décorés ; ils sont séparés
par des lignes d’étoiles et d’hiéroglyphes. .
La porte de l’est est remarquable par une inscription en beaux caractères Grecs,
répétée sur chacun des listels de la corniche. Cette inscription, dont il a été parlé
plus au long ailleurs (3), a pour objet de faire connoître que, sous l’empereur César,
dieu, fils de Jupiter libérateur, Auguste, Publius Octavius étant gouverneur, Marcus
Claudius Postumus commandant général, et Tryphori commandant particulier des
troupes, les citoyens de la métropole et de la préfecture consacrèrent le propylée
à Isis, très-grande déesse, et aux dieux honorés avec elle/en l’an x x x i de César,
au mois sacré de Thoth (4 ).
Par les divers rapprochemens que nous avons eu occasion de faire dans notre
Description générale de Thèbes, nous avons cherché à reconnoître ce que les
Romains appeloientpropylée dans les monumens Égyptiens, et nous avons vu qu’ils
nommoient ainsi,soit une simple porte, ou un simple pylône, soit l’ensemble de plusieurs
pylônes séparés par des cours. Devons-nous en conclure que le propylée dont
la consécration est constatée par l’inscription que nous venons d’indiquer, ne con-
sistoit que dans la seule porte encore existante, et contre lés flancs de laquelle le
mur d enceinte venoit s’appuyer! ou bien d’autres constructions augmentoient-elles
1 étendue et I importance de ce propyléeî-Nous n’avons pas de raison de nous en
(1) Voyez planche 20 ,pg. i , A . vol. IV . (3) Voye^ le Mémoire de M. Joniard sur les inscrip-
(2) On voit des ornemens tout-à-fait semblables, tions recueillies en Egypte.
planche 34, fig. 4 , A. vol. IV . (4) Voici le texte même de l’inscription :
tenir à la dernière hypothèse, aucun débris de grands monumens qui auroient
subsisté entre la porte de l’est et l’édifice du sud, n’ayant frappé nos regards,
lorsque nous en faisions à dessein la recherche sur les lieux mêmes.
s. VIII.
De l ’Enceinte de l ’Est.
A quatre cents mètres environ de la porte de l’est, en s’approchant de la chaîne
Libyque, on trouve une petite enceinte carrée, en briques crues, dont chacun
des côtés a cent vingt métrés de longueur. L’intérieur est rempli de monticules de
décombres, qui annoncent d’anciens étabiissemens ; et tout porte à croire qu’il
y avoit là un temple Égyptien. Il existe même encore, près de l’angle nord-ouest,
une porte en grès très-bien conservée, et semblable à celles du nord et de l’est, si
ce n est qu’elle a des dimensions moindres. Quelques arrachemens qui se voient
sur les flancs de cette porte, pourroient porter à croire qu’elle devoit former un
pylône avec d’autres constructions maintenant détruites, ou qui n’ont peut-être
jamais été achevées. Les sculptures dont elle est ornée, ont été travaillées avec le
plus grand soin. Les costumes des figures sont très-riches et très-variés; les sujets
des bas-reliefs sont des sacrifices de divers animaux à Osiris à tête d’épervier et à
Isis. Dans l’un de ces bas-reliefs (.1 ), 011 a représenté le supplice de deux hommes
barbus qu’un sîcrificateur va percer de sa lance, et qu’un lion s’apprête à dévorer.
Dans un autre (2) , un jeune crocodile est sur le point d’être immolé: un prêtre
Égyptien 1 écrase sous un de ses pieds et lui enfonce-une lance dans la bouche.
Un troisième bas - relief ( 3 ) môntre enchaîné un animal dont il est difficile de
désigner l’espèce, parce que la sculpture a été mutilée: le sacrificateur est dans
l’action de le percer d’une lance qu’il tient de la main droite ; les chaînons de la
double chaîne qui maintient l’animal, ont une forme oblongue et sont exécutés
avec la plus grande netteté. En général, toute la sculpture de la porte de l’enceinte
de lest est traitée avec la même perfection que.nous avons fait remarquer dans
le grand temple. -
Si Ion ne savoit déjà que les Tentyrites avoient horreur des crocodiles (4 j ,
on en trouveroit la preuve dans le bas-relief que nous venons de décrire, et dans
celui de la salle découverte de l’appartement du zodiaque (y), où l’on voit deux
0 ) V o y e z planche zg , f ig . 3 , A . vol. I V . Odtt ulerque locus, cùm solos credat hnbtndos
(2) V o y e z planche 2 3 , fig . 3 , A . vol. I V . ' Esse Jm .q vn lp se col:,.
(3) Voyez même plan ch e, fig. 4. f ,
(4 ) Juvénal, dans sa quinzième satire, parle de la T a “ c° m"'en” m' nt * “ satire, parle ainsi
baine qui existoit entre les habitans A'Ombos et ceux u cu e es gypttens :
de T entyris, au sujet des honneurs que chacun de ces Qnisnescit, VolusiBithymct, qualia demens
peuples rendoit aux animaux qu’ ils regardoient comme ÆgppatfpneimcoUc! CrvaJUvn adora,
sacrés. II s’en exprime ainsi • lycshac: lllopo,,,e„n,mm,ev e,,,,ï,,uV,,. ifeg.........................
Interfinitimos vêtus atque antiques simultas, IUîc caruleos, hicpiscem fluminis, il/ic
Immortelle odium, et nunquam sanatile vu ht us Oppida tota canem veneraiitur, nerno Dianam :
Ardet adhuc Omhos et Tentyra. Siimmus utrinque Porrum et cepe ntfas vio/are acfrangerc morsu.
Indefuror vu/go, quàdnumina viciiiorum (5) V o y e z planche 2.4, f i g . , , A . vol. I V .
A. D . G a