
entier. Le commencement de ia seconde ligne est tellement effacé, qu’il est impossible
de le lire. Dans cette même inscription, rapportée par Paul Lucas et
restituée par Bouhier, on lit, à la place des mots effacés, E T S E C E I S . Mais ce
mot ne remplit point toutes les lacunes existantes. Dans le Voyage de M. Derion
on propose , pour 1a restauration de l’inscription, les mots, ICAI <M A O r iA T O P E S
p | satisfont bien à la condition de remplir toutes les lacunes, mais qui ne nous
paroissent point s’accorder avec l’histoire, puisque le roi Ptolémée et la reine
Ciéopatre, dont les noms sont inscrits ici, ne portoient point tout-à-la-fois les
surnoms de Plùlometor et de Philopator. Cependant il faut convenir que cette
restauration est motivée, jusqua un certain point, parles dernières lettres des
mots effacés. On distingue, en effet, très-bien un P et un s ; mais la lettre qui
se tiouve entre ces deux-la, ne présente aucune forme qui puisse la faire recon-
noître. Notre collègue M. Jomard, qui a aussi copié l’inscription dont nous nous
occupons, et qui la rapporte dans son Mémoire sur les inscriptions, adopte la
restauration proposée dans l’ouvrage de M. Denon : il l’appuie sur des conjectures
qui ne nous paroissent point dénuées de fondement.
Dans le fa c simile de la planche i , A . vol. IV , ce qui existe encore des lettres
en partie effàcees, suffit pour quon puisse lire sans incertitude ICAI T A TE KN A
H A IO I 0 ECÎI. Les mots suivans sont parfaitement lisibles.
Les différences copies de 1 inscription de Qous que nous avons eues entre les
mains , nous ont donné le moyen de lever toutes les incertitudes, parce que
nous avons trouvé dans les unes des parties bien nettes et bien reconnoissables
qui nexistoient point dans les autres , et réciproquement. On sera peut-être
étonné que les copies des mêmes inscriptions qui ont été faites par divers voyageurs
, offrent ainsi des lacunes différentes. Nous ferons à ce sujet quelques réflexions
qui ne seront point déplacées ici. Les inscriptions sont toutes , en général,
gravées très-légèrement, et cela est particulièrement vrai pour l’inscription
de Qous. Les siècles écoulés depuis qu’elles ont été placées par les Grecs sur les
monumens Égyptiens, les ont plus ou moins détériorées ; et il arrive qu’on les voit
avec plus ou moins de facilite, suivant la manière dont elles sont éclairées par le
soleil. Ainsi, a des heures du jour déterminées, certaines parties de'ces inscrip
tions sont plus distinctes; ce qui fait que les voyageurs, suivant les circonstances
favorables dans lesquelles ils se sont trouvés, en ont recueilli avec netteté des
caractères qui n ont pu etre tracés par d’autres que d’une manière incertaine.
L inscription de Qous n annonce rien qui soit relatif à la construction ou à la
restauration du propylée sur lequel elle se trouve ; c’est un monument de la
piété du roi Ptolémée et de la reine Ciéopatre envers les dieux de l’Égypte : elle
constate seulement la présence de ces souverains dans les temples de l’ancienne
Apollinopolis parva. La dédicace de cette inscription au Soleil annonceroit seule
que la ville Egyptienne autrefois existante sur l’emplacement de Qous honoroit
Apollon , quand bien même on ne retrouveroit point l’indication du culte de
cette divinité dans la dénomination que les Grecs nous ont transmise.
En parcourant les décombres de Qous, nous avons trouvé un de ces monolithes
placés ordinairement dans les sanctuaires des temples, et destines a renfermer
l’animal qui, sous une forme emblématique, representoit le dieu que I on
y honoroit. Ce monolithe est en beau granit noir, tout-a-fait semblable, et pour
la matière et pour le travail, aux monumens de ce genre qui ornent le sanctuaire
du grand temple de Philoe. II est renversé près d’une citerne, et paroît avoir servi
de vase pour abreuver les animaux. Les sculptures dont il est orné, sont exécutées
avec un soin extrême; elles sont aussi parfaites que les hiéroglyphes des
obélisques et des portes en granit de Thèbes. Le plan de cette chapelle monolithe
est à peu près carré, et sa partie supérieure est terminée en pyramide qua-
drangulaire tronquée. Ce seul morceau suffiroit pour annoncer que les temples
dé‘ l’ancienne Apollinopolis parva noffroient pas un degre de perfection moindre
que les édifices qui faisoient l’ornement des autres villes de l’Égypte.
Après avoir parcouru dans tous les sens les ruines de Qous, nous en partîmes
le i i messidor pour .continuer notre route, et nous arrivâmes dans la matinée
sur l’emplacement de l’antique ville de Thèbes.