
radical de ne.se raccorder.à aucune ruiné oii trace remarquable; de ne laisser
aucune largeur, à la chlamyde ou à toute autre forme de l’enceinte Grecque ,
au nord de la grande rue longitudinale; de faire tomber ce côté septentrional
tout entier dans la mer; ou bien, en décrivant avec l’extrémité méridionale de
cet axe un arc vers le sud , la porte de Necropalis entrerait dans le lac Mareotis,
et le grand quartier de R/iacotis, avec tous ses accessoires, serait rejeté hors des
murailles antiques. II me semble avoir trouvé toute cette longueur bâtie qu’on
cherche, suivant le grand axe de la cité murée, et cela par une méthode préférable
à celle qu’on vient de voir, et qui ne laisse aucun moyen d’ajuster une rue
perpendiculaire partant des.ports du fleuve, se coupant avec la.précédente vers
le milieu de toutes les deux, et remplissant les autres conditions de rigueur, telles
que le parallélisme, &c.,
. Il y a un troisième tracé hypothétique qui n’est qu’une modification de celui
que j’ai établi sur le plan d’Alexandrie restituée, tant pour les deux grandes rues
que pour la forme de la chlamyde, avec laquelle elles s’accordent toujours; il
ne s’agit q,ue de faire mouvoir ce cadre parallèlement aux axes, en le portant
un peu plus au sud et à l’est ; plus au sud, afin de ne pas le faire sortir des
limites des collines de décombres de la porte Canopique, dont la rue longitudinale
rencontrerait ainsi beaucoup mieux la pointe la plus avancée qui pouvoit
être le prolongement indiqué par Diodore de Sicile ; plus à l ’est, afin de ne
pas tant faire tomber dans la mer, ou sur le bord de l’eau, l’extrémité (que
j’appellerai Nécropolique ) de cette rue. La communication transversale laisserait
alors le.fort Crétin à gauche, ainsi que le Coesarium; elle se dirigerait sur la tout-
dès Romains, qui pourrait avoir été une portion des bâtimens antiques dépen-
dans de la porte de la Lune. La ligne de l’enceinte Arabe , qui part de là pour
se diriger au sud-est, et ensuite au levant, pourrait avoir été construite sur
l’emplacement devenu libre de cette rue. Le quartier des palais, de la citadelle
et du Bruchion, serait plus en dehors de la chlamyde ( t ) , et le côté nord du
parallélogramme oriental et rétréci de l’enceinte Sarrasine se prêterait encore
mieux à la conjecture, que ce côté est un reste de cette antique citadelle.
Enfin il se trouverait une butte de débris d’édifices pour l’ancienne porte du
Soleil, et le croisement des deux diamètres de l’ellipse s’opérerait à merveille, &c.
Le. port Kibôtos s’arrangerait peut-être un peu mieux dans ce tracé que dans
celui que j’ai définitivement restauré : mais Rhacotis, l’angle saillant et remarquable
de l’enceinte Sarrasine qui enveloppe ce quartier de la ville antique ,
massif qui a dû être toujours conservé, enfin plusieurs parties maritimes et
importantes de la cité, seraient rejetées en dehors de l’enceinte antique ; ou
bien, si l’on vouloit, pour les y conserver, se porter moins au sud, on sortirait
des limites des ruines hors de la porte Canopique; la grande communication
transversale tomberait sur beaucoup de massifs d’îles de maisons, au lieu de
suivre des dépressions d’anciennes rues ; et cela sur les deux planches 31 et 84
également.
(1) On verra ailleurs les raisons qui font -présumer que ces quartiers -étoient hors de la cité.
Jai donc pris un parti moyen entre toutes ces combinaisons, et je me suis
arrêté a celle qui donnoit la solution du plus grand nombre de cas,
[ 115 ] D ’après tout ce que j’ai dit sur la largeur et la circonférence d’Alexan-
drie, qui occupoit, suivant Quinte-Curce, avec quatre-vingts stadçs seulement
de circuit ou dix stades de largeur, tout l’espace qui se trouvoit entre la mer
et le la c, il est évident que ce côté Maréotique s’est élargi depuis, comme tous
les autres témoignages historiques et physiques l’annoncent, soit par des aUu-
vions, soit par la retraite des eaux du lac.
[116] Suivant Beauzée, Quinte-Curce est placé par les uns sou? Auguste ou
Tibère, par d’autres sous Vespasien, et par quelques-uns'sous Trajan. Blair le
fait vivre sous Néron, du temps de Pline le Naturaliste. Maintenant, comment
se fait-il que Pline ait donné quinze mille pas au circuit de la ville ! ce qui,
suivant les évaluations ordinaires, fait environ une moitié en sus du compte
de Quinte-Curce déduit des mesures de Strabon et de Josèphe, Ce ci peut s’expliquer
par plusieurs hypothèses fort naturelles, sans qu’il soit nécessaire d’admettre
que Quinte-Curce a vécu beaucoup plus tôt que Pline, et que l’enceinte
proprement dite avoit reçu pendant cet intervalle un accroissement d’autant
moins probable qu’Alexandrie commençoit à déchoir vers ces époques. L ’une
de ces suppositions est que le naturaliste a fait entrer dans son calcul le développement
des constructions situées en dehors des murs d’Alexandrie, bien
au-delà des sommets de l’ejlipse ; car il parle de toute la surface bâtie, tandis
que 1 historien, qui ne donne que le périmètre des murailles, et par une méthode
approximative, n’a pas tenu compte de ces constructions : la seconde
hypothèse consiste à admettre que Pline, en réduisant, suivant un usage quj lui
est familier, les mesures Grecques en mesures Romaines, à raison d’un nombre
rond de stades par mille, se sera trompé, dans l’expression de cç rapport, ou
sur la quantité de stades qui lui étoit donnée, ou même sur l’espèce de ces
dernières mesures, qui étoient si variées dans l’antiquité.
C O L O N N E D E D I O C L É T I E N .
[ 1 1 7 ] La colonne l’emporte, comme monument, même sur les obélisque»
plus grands qu’elle, parce qu’elle joint à l’énormité de sa masse, qui approche
beaucoup de la leur, la beauté des proportions, et l’excellence du goût, qui est devenu
celui de toutes les nations.
[118] Les faces des parties carrées de la colonne sont assez exactement
orientées, nord-ouest vers la mer, nord-est vers Canope, sud-est vers le lac, sud-
ouest vers Necropolis. Cette orientation sert à démêler les causes de la. dégradation
que j’ai fait remarquer.
Ce phénomène de la corrosion des pierres les plus dures est plus particulier au
climat d Alexandrie, dont j’ai fait connoître l’excessive humidité en parlant de
1 esplanade ; cependant il est commun à toute l’Ëgypte, par les causes générales
que j’ai indiquées dans le texte. Cette corrosion, ainsi que la propriété délites-
cente du climat et de lair de 1 Egypte, avoit été bien observée par les anciens,