
ou plateau de la ville que nous avofis déjà aperçu plus dune fois,- et au-dessus
de la courbe suivant laquelle étoient ranges la plupart des objets qu’il récapitule
dans ce passage de sa Géographie, et dont la plupart aussi bordoient immédiate*-
ment le grand port. Ainsi le théâtre étoit sérisiblement en arrière du rivage ; et
jè n’ai voulu, en le nommant ici avec Straboti, que faire entendre, comme cet
auteur, qu’on apercevoit de l’intérieur du port une façade ou extrémité de
cet édifice. J’indiquerai donc plus tard son emplacement entier dans l ’intérieur
de la ville. On ne découvre point, en effet, de monticule remarquable de décombres
sur le bord de cette partie du cpntour du plateau supérieur, immédiatement
après le Posidium. Il y avoit là sans doute une place ou grand espace libre
qui permettent de voir, du port, au moins une face de la partie supérieure de
ce bâtiment, qui devoit être assez haut, et d’y aboutir commodément de tous
côtés par de vastes issues, toujours nécessaires dans les lieux publics. Le port creusé
ët d’autres établissemens maritimes occupaient le plan inférieur de la rive, dans
l’intervalle que nous parcourons.
P O R T C R E U S É .
On trouve, à la suite du Posidium, sur le bord dé la mer, un môle miné, fort
avancé dans l’eau. Je n’ai rien de particulier à dire sur fêtât actuel de cette
masse, qui n’est absolument tpi’une ruine assez informe. C ’est .vraisemblablement
auprès de ce môle, où le rivage se trouve bas et dépourvu de monticules ou
autres accidens de terrain, qu’étoit situé le port creusé dë main d’homme dont
parle Strabon, et qu’il cite immédiatement après le théâtre, en le plaçant au-dessous
de ce grand édifice, derrière l’île Antirrhode. Cette forme générale de là côte
èn ce point, laquelle se prêtoit facilement à dés déchiremens et dès comblemètts
qu’eïlè annonce encore delà part des vagues, convient parfaitement à Une fouille
faîte 'par ân. L e môle subsistant coüVroit sans doute une partie du côté occidental
dé ce bassin et y servoit d’embarcadère, tandis qu’un autre resté de constructions
saillantes qu’on aperçoit à deux cents mètres de là, remplîssoît le même office
sur son côté oriental.
Strabon ne donne pas de détails concernant ce port : mais, comme il èn cite
un assez grand nombre d’autres petits et d’une destination toute particulière, et
comme il dit ailleurs, en parlant en général du grand port public-, qu’il se partà-
geoit en plusieurs autres, il devient certain que celui dont il s agit ici étoit une
de ces subdivisions ; il devoit servir aux usages communs que Strabon a déjà fait
connoître, et voilà pourquoi il n:en -dit rien de particulier, -tandis qu’il spécifie
davantage la destination exclusive des autres [99]. D ’après cette remarque, le port
creusé devoit avoir une certaine étendue, et pouvoit se rapprocher beaucoup du
premier établissement par son extrémité orientale, que nous découvrirons à sa suite
sur le bord de l'eau, On observera en effet que l’espace libre que nous lui assignons,
à partir du môle ruiné, occupe de toutes parts une grande surface, et l’on verra
que les emplacemens que j’affecterai aux autres -établissemens mentionnés par les
auteurs, sont-assez distans de ce point.
I L E A N T I R R H O D E .
On n aperçoit, au premier coup-d’oeil, aucune ruine antique, ni même aucun
massif de terrain dans la mer, en avant de l’emplacement du môle ruiné et du
port creusé, quel que soit au juste ce dernier emplacement. Il seroit cependant
intéressant d’y faire des recherches soignées. En attendant, je remarquerai, dans
la position qui nous occupe, un espace dont les cotes de profondeur d’eau, six-,
sept et huit p ieds, sont les plus foibles de toute cette partie du rivage du port ( 1 ),
e t présentent un contraste frappant avec celles qui les avoisment. Elles dessinent
symétriquement les abords de droite et de gauche du port creusé, dont l’enfoncement
se trouve ainsi abrité en avant et au-dessous du niveau de l’eau par un bas-
fond dont le point culminant doit être aux environs de la cote 6. C ’est sans
doute vers ce point qu’étoit située l’île appelée Antirrhodus, que Strabon place
au-dessous des palais intérieurs (et du théâtre, dont ils étoient voisins ), et devant
le port creusé [100].
Strabon ajoute clairement qu’il y avoit dans cette île un palais et encore un
petit port particulier. Celui-ci étoit certainement formé par quelque petite anse de
1 île, ou par 1 abri seul que présentoir son rivage méridional sur le bras de mer
qui la séparoit du continent. II servoit probablement aux barques qui faisoient le
service de ce palais. Aujourdhui cet édifice et son port ont disparu; et cela n’est
pas surprenant, puisque l’île même ne se voit plus. Elle a pu être ruinée comme
le reste des constructions qui couvroient le rivage, la plaine voisine, et le promontoire
de Loclùas. Une cause de destruction de plus l’a minée : c’est la mer,
qui est devenue si terrible dans cette partie du grand port, depuis que son étroite
entrée s’est ouverte par le laps du temps ; au lieu qu’autrefois l’Acrolochias et les
digues sous-marines existant à sa suite couvroient particulièrement cette portion
du rivage; et, après la construction de YHeptastadium, les vents de nord-est, qui
presque seuls troubloient le port, alloient frapper contre cette forte digue et
revenoient déposer les détritus de la côte extérieure dans l’emplacement calme
de 1 île Antirrhode. Cette île avoit donc pu être premièrement formée par ces
remous sur le noyau que la sonde 6 nous indique; et cette hypothèse, en établissant
le défaut de dureté de ce terrain d’alluvion, concourt à expliquer la
destruction totale d’une masse qui devoit être très-considérable, tandis que nous
voyons subsister autour d’elle tant de ruines d’un médiocre volume.
Il falloit, comme on vient de le remarquer, que le port creusé, l’île Antirrhode
et son palais, son port privé et les établissemens maritimes environnans,
fussent importans, puisque Strabon dit que l’île tiroit son nom de ce qu’elle
étoit, en quelque sorte, l'émule de Rhode [101].
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P O R T C A C H É E T F E R M É . V U E D E S P A L A I S I N T É R I E U R S .
On trouve ensuite un dernier cap avancé du nord-est au sud-ouest, et couvert
de ruines (2), du genre de celles que nous avons décrites, en général, sur
(1) Voyez ces cotes, Ê, Ai, planche 84. (2) Elles sont dessinées sur la planche 84., É. A l.
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