
de même qu’aux pyramides de Gyzeh. Hérodote fait remarquer l’art et le soin
qu’on déployoit pour la construction de ces chaussées (i). Cà et là, on trouve
une grande quantité de blocs énormes de grès, de granit et de trapp noir,
taillés et polis, couverts de sculptures, de figures d’animaux, et de caractères
hiéroglyphiques. Il est permis de croire que plusieurs de ces pierres dures ont
servi à revêtir les pyramides, ou à embellir quelques monumens du voisinage;
peut-être aussi quelque révolution politique ou religieuse a-t-elle empêché d’employer
à leur destination la plupart de ces riches matériaux.
De ces pyramides, on se rend en trois heures aux grandes pyramides de
Gyzeh , en suivant le chemin qui longe le pied de la montagne Libyque. A
i 500 mètres sur ce chemin, on remonte une colline que l’on croit être le reste
d’une pyramide détruite, et à trois mille mètres, mais plus loin vers l’ouest du
village de Chobrâment, on aperçoit à gauche, sur la crête d’un coteau, trois
tertres de forme à peu près conique : on y trouve des traces d’anciennes constructions
qui font croire qu’il y avoit encore là jadis trois petites pyramides,
aujourd’hui entièrement ruinées. Au pied de la montagne est un santon ou
tombeau Arabe.
Non loin de là sont les vestiges d’une ancienne digue en briques cuites,
dirigée transversalement au sens de la vallée.
Tels sont tous les restes de constructions pyramidales que l’on rencontre
depuis les pyramides de Gyzeh jusqu’à Dahchour , dans une étendue d’environ
23000 mètres : elles sont au nombre de dix-neuf ; trois sont en briques ; les
autres ou le plus grand nombre sont en pierres. Il en est deux presque comparables
à la seconde pyramide de Gyzeh; mais quinze sont ruinées ou dans un état complet
de dégradation. L’énumération de ces bâtisses prouve qu’elles ne sont pas indignes
d’attention : c’est ce que prouvera encore mieux le rapprochement que je ferai
plus tard entre elles et celles de Gyzeh. L e plateau où elles sont élevées, est un
sol calcaire assez un i, par-tout recouvert de gravier ou de sables mobiles.
S. 11.
Ruines des Villes et autres Antiquités des environs.
D A H C H O U R E T S A Q Q A R A H .
D a n s le chapitre XVI des Descriptions d’antiquités, j’ai parlé des lieux anciens
situés dans le midi du nome Memphites, et sur la rive gauche; savoir, Nilopolis,
Tierâcleopolis magna, Ccene, Isiu, Peme, Acanthus, et autres endroits dont il reste
d’anciens vestiges; ce second paragraphe servira de complément à l’énumération
des antiquités de la province, autres que celles de Memphis même et des pyramides.
L ’endroit le plus méridional est Dahchour. C ’est là qu’étoit la ville d’Acanthus,
qui tiroit son nom d’un grand bois d’acanthes ou acacias épineux. Les distances
(1) Hist. Iib. p § c. 129.
par
par lesquelles 1 itinéraire conduit de Memphis à Acanthus, coïncident avec Je lieu
de Dahchour ou Ion trouve d’ailleurs des ruines et des débris d’antiquités, indé
pendamment des trois pyramides que j’ai décrites dans son -voisinage ( 1 ).
fi reste encore des vestiges des bois qui environnoient Acanthus. La position
qutls occupent me confirme dans l’opinion que j’ai émise sur l’origine de ces
bois sacrés. En effet, ils devoient protéger Memphis et la plaine contre les sables
uansportes par es vents du sud. De là, l’importance qu’on y attachoit et le soin
quon avoit de les entretenir (2).
Çe qu’on trouve d’antiquités au village de Saqqârah doit se rapporter à Memphis,
dont ce point étoit peut-être un des faubourgs. Les maisons sont remplies
de pierres chargées de sculptures et d’hiéroglyphes, en granit et en trapp ou basalte
noir. Il faut aller vers le nord-ouest et s’élever sur le plateau pour trouver la
plaine des momies, le lieu de sépulture de cette capitale. En marchant d’abord
a 1 ouest, on rencontre sur deux mamelons dont j’ai parlé, et autour des petites
pyramides, beaucoup de fragmens d’albâtre, de marbre'et de porphyre, ainsi que
des poteries, des.vases de verre, et une multitude de figurines en bois ou en
terre cuite emaillée.
La plaine sablonneuse qui s’étend au nord et à l’ouest, étoit le lieu de sépulture
des habitans de la plaine de Memphis (3). L e sol a été creusé en galeries et en
catacombes, dans lesquelles on descend aujourd’hui par des puits profonds dont
les ouvertures débouchent sur le plateau. Selon un ancien voyageur, tout le sol en
est rempli, jusqu a une distance de plusieurs milles. L ’affluence des sables a nécessairement
comblé un grand nombre de ces ouvertures; il est à présumer aussi
que jadis on les tenon habituellement fermées , et qu’on pénétroit dans les
tombeaux par des galeries horizontales, percées sur le flanc de la montagne : car
1 est de -ces puits beaucoup trop étroits pour qu’on pût y descendre les sarcophages
; et d ailleurs ils ne s'accorderaient point avec la célébration pompeuse
des funérailles, usitée chez les Egyptiens.
A trois cents mètres à l’ouest de la pyramide à six degrés, Haram el-Modarraeeli
on remarque un large, puits dont la profondeur n’est pas moindre de 15 à 16 mètres •
1 ouverture, de 7 à 8 mètres: mais généralement ils sont beaucoup moins larges -
il en est qui n ont que 4 à 5 mètres de profondeur. Comme on ne peut parcourir les’
puits des momies qu’à la lueur des flambeaux, on les visite ordinairement pendant
la nuit, et 1 on évite ainsi des courses dans les sables, plus pénibles pendant l’ardeur
ujour Mais beaucoup de voyageurs se dispensent d’une recherche fatigante, en
aisant faire des fouilles par de pauvres Arabes habitans du lieu, qui font de ce
travail une petite branche d’industrie et de commerce. A la vérité, ces hommes- se
moquent presque toujours des Européens; ils leur vendent des momies qu’ils ont
enterrees eux-mêmes à une médiocre profondeur, et leur font croire qu’ils viennent
d ouvrir de nouveaux puits. Quand on veut n’être pas trompé et qu’on peut en
1 H b t DC \ XV! v ’ S' \ V n \ n d “ ert> i l y 3 Û le s a b le ; o n y trouve
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#,v n ,,,. r . - ' , et d e G é r a n iu m , des h c o id e s,. (3) Dans 1 h iv e r, saison p e n d a n t laq u elle j’ai v isité ce des légguummmineeuusseess, «&cc.
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