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2 4 D E S C R I P T I O N D E S A N T I Q U I T É S
occupe l’extrémité de la bande zodiacale, qui est terminée par une femme portant
à la main un sceptre à tête de lévrier. Entre le capricorne et le sagittaire, on
voit un groupe de quatre figures, où l’on remarque un boeuf qui n’a pas de jambes
de devant, et dont les deux de derrière sont tenues enchaînées par une figure Typho-
nienne. Un personnage à tête d’épervier, placé au-devant du boeuf, est armé d’une
pique qu’il est prêt à enfoncer dans la tête de l’animal. Une femme près de laquelle
on voit un oiseau à tête de boeuf, est le quatrième personnage de cette scène remarquable.
Nous avons fait jusqu’à présent l’énumération de six des signes du zodiaque,
en commençant parle lion. Les six autres signes se trouvent sur le soffite extrême
à gauche. Comme ils doivent tous les douze faire partie de la- même scène, il
étoit naturel que ces derniers suivissent les figures du soffite extrême de droite;
et c’est ce que les sculpteurs Égyptiens ont en effet très-bien exprimé, en disposant
les personnages de manière qu’ils së dirigent vers le fond- du temple pour
marcher à la suite des figures du soffite extrême de droite, et ne faire en quelque
sorte avec elles qu’une seule et même procession. Le signe le plus près du fond
du portique est le verseau. Il est représenté, par un homme couronné de lotus,
et tenant dans ses mains des vases d’où s’échappe de l’eau figurée par des
zigzags. II est précédé de sept figures, parmi lesquelles on remarque une femme
avec une étoile au-dessus de la tête, un homme à tête de taureau, et un personnage
à tête d’épervier qui se tient debout sur un cygne. Un autre personnage, armé
d’un couteau, se disposé à faire le sacrifice d’une gazelle; et un homme décapité
qui se trouve derrière lui, s’incline et paroît tendre les bras pour recevoir
la tête de la gazelle. Deux femmes avec une étoile au-dessus de leur coiffure terminent
ce groupe. On remarque ensuite les poissons, placés de chaque côté d’un
bassin rectangulaire où l’on a figure de l’eau. Ce signe n’est séparé du verseau
que par deux figures, l’une d’homme avec un masqué d’épervier et l’autre de
femme, qui ont chacune une étoile au-dessus de la tête. Il est suivi d’un grand
disque renfermant un personnage vêtu d’une tunique courte et étroite, et tenant
dans l’une de ses mains un cochon par les deux pieds de derrière. D ’un côté de
ce disque est une femme, et de l’autre Osiris à tête d’épervier. Le troisième signe
de la bande zodiacale qui nous occupe, est le bélier dans l’action de courir et de
s’élancer. Il est, comme presque tous les autres signes, précédé de deux femmes
qui ont une étoile au-dessus de la tête. On peut se rappeler que, dans le monument
astronomique du grand temple d’Esné (1), les signes du zodiaque ne sont
pas seulement distingués par leur nature et leurs formes, mais qu’ils le sont encore
par les étoiles que l’on a rassemblées autour d’e.ux. Il paroît que, dans le zodiaque
de Tentyris, on a voulu distinguer ces mêmes signes, non plus par des groupes
d’étoiles, mais par ces femmes avec des étoiles sur la tête dont nous venons de
parler. Le belier a la tête tournée en arrière ; mais il marche dans le même sens
que les autres signes. Il est suivi d’un homme avec un masque de lion, d’une
femme portant un sceptre à tête de lévrier, d'un cynocéphale accroupi qui a
(1) Voye^la Description des monumens astronomiques, Appendice n.* I l , pag. 4.
y au-dessus
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au-dessus de sa tête un épervier mitré, et auquel est adossé un chevreau ou une
gazelle. On remarque encore un personnage à deux têtes, l’une d’épervier et
l’autre d’homme, chacune surmontée de coiffures symboliques. Deux femmes avec
des étoiles au-dessus de leur coiffure annoncent le signe qui doit suivre le belier.
C’est le taureau, animal furieux, qui court tête baissée et semblé vouloir menacer de
ses cornes. Sa queue frappe l’air, et est redressée au-dessus de sa croupe ; il a sur
le dos un gros disque bordé, à sa partie inférieure, d’une espèce de croissant. II
est suivi de deux personnages dont l’un tient un serpent, et l’autre un sceptre à
tête de lévrier. Les gémeaux sont représentés par un homme et une femme- qui
se regardent et se donnent la main : la femme a un masque de lion, et au-dessus
de sa tête un disque en avant duquel est un uboeus; l’homme est vêtu d’un
habit court et serré, et sa coiffure est surmontée d’une plume. Ce signe est précédé
de ces deux femmes ayant une étoile au-dessus de la tête, et que nous avons
déjà signalées. Viennent ensuite une femme dans la même attitude que celles-là;
un bateau où se trouve un homme debout, et regardant en arrière un épervier
perché sur une colonne en forme de tige de lotus; un second bateau où l’on voit
une génisse accroupie, avec une étoile entre les cornes ; enfin un troisième bateau
où l’on remarque deux figures dont la tête est ornée de coiffures symboliques.
L’une d’elles tient un sceptre à tige de lotus et une croix à anse; l’autre a dans
chacune de ses mains élevées en l’air des vases d’où découle de l’eau, figurée par
des zigzags : elle semble placée ici pour rappeler le phénomène de l’inondation.
Un soleil lançant des rayons sur une figure d’Isis placée au-dessus d’un temple
occupe ensuite presque toute la largeur du soffite. Les rayons sont représentés
par une suite de cônes tronqués qui s’emboîtent les uns dans les autres, et dont
les dimensions augmentent à mesure qu’ils s’éloignent davantage du centre du
disque. Derrière cet emblème qui indique un lever héliaque de Sirius ( i ) , et sur
les jambes de la grande figure dont nous avons d’abord parlé, se trouve le cancer
le dernier des douze signes du zodiaque (2).
(1) M. Fourier est le premier qui ait ainsi interprété
cet emblème Egyptien. Voye£, dans la collection des Mémoires
d’antiquités, ses Recherches sur les monumens astronomiques
des Egyptiens.
(2) La description que nous venons de donner du
zodiaque du portique de Denderah, a été faite sur les
lieux par nous, en même temps que nous mettions le
plus grand soin et l’exactitude la plus scrupuleuse à
recueillir les; dessins de ce tableau astronomique. Elle se
trouve confirmée par les observations écrites dequelques-
uns de nos collègues, et, entre autres, de M. Villoteau,
qui a bien voulu nous communiquer les extraits de son
journal. Une coïncidence parfaite existe entre tous ces
renseignemens écrits et dessinés , que nous ne nous
sommes point communiqués en Egypte, et qui n’ont
été comparés ensemble qu’à Paris , lorsque le Gouvernement
a réuni les matériaux de l’ouvrage. Tous
les documens établissent, d’une manière incontestable,
la marche et la disposition des signes du zodiaque et
des figures qui les accompagnent, telles que nous venons
de les indiquer. Cependant, si l’on consulte les dessins
A. D .
du monument astronomique du portique de Denderah,
publiés avant ceux que nous donnons aujourd’hui, on
y remarquera des différences très-essentielles sous ces rapports;
ce qui entraîneroit nécessairement dans des erreurs
considérables les personnes qui, partant de l’exactitude
de ces dessins, se livreroient à des interprétations des
monumens astronomiques fondées sur la: marche et la
disposition des’figures dont ils se composent. Nous devons
parler d’abord des gravures de M. Denon, qui ont
fait connoître pour la première fois à l’Europe savante
le zodiaque du portique de Denderah. Dans notre Description
des monumens astronomiques, Appendice n.* II.
page n , nous avons indiqué combien il étoit difficile,
en copiant ces bas-reliefs, de ne pas changer l’ordre des*
figures, et à quelles méprises presque inévitables on étoit
exposé. Nous avions en vue une transposition de figures
que nous avions remarquée depuis long-temps dans le
dessin de M. Denon. Nous n’insisterions pas aujourd’hui
sur ce que nous n’avions voulu qu’insinuer alors à cet
égard, si nous n’avions pas craint de voir l’erreur commise
par M. Denon s’accréditer par la publication de
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