
des deux pyramides de Metânyeh, précisément à vingt milles Romains de Zàouv
et à vingt milles des ruines de Myt-Rahyneh, aujourd’hui Memphis (■ i ). Mais'
outre Ja proximité des pyramides, on trouve dans les environs et au sud de ce
point les villages de Beinbé et ' dé Gezyret-Bembé, dont le nom a du rapport
avec Peme : une distance de quatre mille mètres entre l’un et l’autre ne seroit pas
un obstacle pour empêcher de les considérer comme une seule et même position.
Cette position se trouve a 1 écart du Nil, sur le bord du canal occidental. La
route, partant de Memphis pour tendre directement à Iseum, devoit, en effet
quitter le fleuve, qui, dans cet endroit, fait un grand coude à l’est. Ici, je ferai
remarquer encore une fois 1 exactitude de 1 Itinéraire, et même la précision des
mesures. On fera sur-tout attention que ces ‘mesures sont exactes, étant prises sur
la carte en ligne droite, et non sur les contours des chemins : cette dernière
méthode étoit trop vague, .et peut-être les chemins trop variablesVpour quelle fût
bien utile ; tandis que les distances directes , connues de tout temps d’une
manière certaine par le moyen de l’antique topographie du pays, ne pouvoient
donner lieu à aucune incertitude. Toutes mes recherches V o n t conduit a ce
meme résultat, savoir, que les distances marquées sur les anciens itinéraires sont
prises, la plupart du temps, d un lieu à l’autre, à vol d’oiseau, et quéy'si elles'n’o.nt
pas été déterminées par la trigonométrie et le calcul, elles ont été mesurées au
compas sur une carte topographiqué.très-bien faite (2).
Au nord-ouest de Bembé, on voit deux pyramides qui portent le nom d’<■/-
Metânyeh, quoique ce village soit assez loin vers le nord - ouest : ces pyramides
sont .celles qu’on laisse à sa gauche, quand on va du Fayoum au Kaire par le
désert; de loin elles ressemblent à des collines de sable (3 L ’une d’elles est bâtie
aous deux inclinaisons , la première presque double de la seconde (4). Cette singularité
pourroit s’expliquer d’une manière assez plausible, en admettant que, 1 angle
sous lequel on avoir commencé la construction, ayant paru dans la suite trop
ouvert pour la continuer, on jugea qu’elle exigeroit -trop de dépense, et qu’on
imagina de 1 acheyer sous une moindre inclinaison pour arriver plus vite au
sommet. .La seconde de ces deux pyramides est beaucoup moins conservée; les
angles jsont effacés,' et le monument en a pris une figure presque"conique.
Pour se'rendre au Fayoum en traversant le désert, on quitte à Bahbeyt la
route qui suit le bord du Nil, et l’on se dirige sur Atâmneh, où l’on passe sur
un pont le canal occidental ; de là l’on s’enfonce dansles sablés, en laissant à sa
gauche les pyramides del-Metânyeh, qui seroient mieux nommées de Bembé.
(1) On trou v e un peu moins d e tren te m ille m è tre s , e t anciens É g y p tien !, chap. n e t X I I , Antiauités-Mémoirts,
v in g t milles R om a in s fo n t v in g t -n e u f m ille c in q c en t c in - tom. / , pag. 907 et 699.
q u an te -s ix mètres. n (3) V o y e z chap. X V l l ysect. i f J. /.
(2) V o y e z mon M ém o ir e sur le système métrique des (4) V o y e z p l . 792.. fig. 4.,
§. I’V.
A cANTHUS (aujourd’hui Dahchour), et P y r a m id e s de Minyet-Dahchour.
a D i o d o r e d e S i c i l e , Strabon et Ptolémée font mention S Acanthus comme
d’une ville touchant à la Libye, et située au sud de Memphis, à cent cinquante (i)
stades de cette capitale. Avec ces données, rien n’est plus facile que de déterminer
sa position. Si l’on prend une ouverture de compas d’un peu moins de quinze
mille mètres, représentant cent vingt stades de l’espèce de ceux dont Diodore et
Hérodote ont fait l’usage le plus fréquent, on tombe,un peu au nord du village
de Dahchour, sur Ja rive gauche du canal occidental, qui aujourd’hui est ensablé
en paitie. Cette distance est moindre d’un dixième que les dix minutes de différence
en latitude assignées par Ptolémée entre Acanthus et Mcmpliis ; mais on
pensera qu il est préférable de s’en tenir à l’indication plus précise de Diodore
de Sicile. D Anville âvoit déjà piacé cette ville à Dahchour, et deviné, en quelque
sorte, une conformité de position qu’il ne pouvoit bien connoître.
Strabon nous apprend qu il y avoit à Acantlms un temple d’Osiris. Les sables
ont sans doute fait disparoître ce momimèht, dont je n’ai pu découvrir les vës-
t|es. Les Arabes rapportent des ruines de cet endroit différentes antiques pour
les vendre aux voyageurs. J’ignore où étoit placé de bois sacré qui, selon Strabon,
etoit auprès de cette ville : ce bois étoit composé d’acanthes ou d’épines, c’est-à-
dire, d’acacias épineux, de l’espèce appelée én arabe sount. C’est un arbre propre à
1 Egypte, ainsi que le dit Théophraste. De là le nom donné à la villè'aüx environs
de laquelle ce bois étoit planté. J’ai déjà parlé plusieurs fois de l’usage qu’en
faisoient les anciens Égyptiens selon ma conjecture (2). Je n’entrerai point ici dans
de nouveaux développemens ; mais je ferai remarquer que trois choses confirment
mon sentiment: lune, que Strabon donne ici aux bois d’acanthe le nom de forêt
sacrée; 1 autre, que le nom de ces arbrisseaux’à été imposé à une ville, ce qui en
fait voir assez Ihnportance; la troisième, que cette ville est au bord du désert,
comme 1 etoit Abydus. Les bois d’acacias étoient appelés sacrés, selon moi, parce*
qu’il étoit défendu d’y toucher; leur destination étant d’arrêter les!sables du
désert, et de protéger la tepe d’Osiris, on comprend avec quel soin religieux
ils devoient être conservés.
La plus-grande pyramide qui se trouve au sud de Saqqârah, est celle des environs
de Minyet-Dahchour, village à neuf mille mètres du précédent, vers le nord
et a la hauteur de Cheykh-O tmân (3) : elle présente de l’analogie avec celle de
Meydoun, et avec la plus grande d’el-Metânyeh. En effet, ainsi que cette dernière,
elle est Bâtie sous deux inclinaisons ; et sa partie inférieure est construite sous un
angle fort ouvert, ainsi qu’on le voit dans celle.de Meydoun. Les dimensions de
(0 La version ordinaire pone cent vingt stades; mais (a) Voyez chap. X I , pag. * , t7 , et ailleurs,
celle qui est en marge de l’édition de Rhodoman ( Diod. (3) Voyez pl. 7 2 , f i g. 6.
c* " v* ï > P* 87), ¿wrèr ko} mïvÎKona, est la meilleure.
a . d . p