
D E S C R IP T IO N
!a ineme manière à Hermopolis ! Mais je dois ajouter un autre argument tiré du
nom lui-même de cette ville ; Came est un mot Grec qui signifie la nouvelle. H|
y avoit donc une autre ville , une ville ancienne, dans les environs; or c’est évidemment
la grande ville d’Hercule.
^ Jai trouvé dans Beny-Soueyf des colonnes de granit et beaucoup'de* fragment
d antiquités, annonçant qu’il a existé jadis dans ce même lieu quelque ville Égyptienne
ou Grecque. Mais la nombreuse population qui l’habite, ne permet pas de
voir à découvert les vestiges de ¡’antiquité : les mosquées et les maisons sont élevées
sur les débris, ou avec les matériaux eux-mêmes. Je n’entrerai dans aucun détail
sur l’état actuel de Beny-Soueyf, quoique j’y aie long-temps résidé : cette description
n’auroit aucun rapport avec l'état ancien de la contrée. Il m’a suffi de montrer
que cette ville est sans nul doute la meme que Coe'ne de l’Itinéraire.
I s tu (aujourd’hui Zâouy); B u s ir /s , Abousyr, iZc.
C o m m e nous l’apprenons de Strabon et de Pt|>Iémée, l’île Héracléotique étoit
fermée au nord par un canal., Nous avons reconnu ce canal dans celui qui sort du
Nil, un peu au-dessus de Zâouy, à vingt-huit mille mètres au nord de Beny-Soueyf,
et qui se jette dans le canal occidental, prolongement du Bahr-Yousef C’est à ce
village de Zâouy quon doit placer Isiu, qui, selon l’Itinéraire, étoit à vingt milles
R om a in s -*# *» *, et à quarante milles de Memphis, en passant par Pane : cet
emplacement est le meure que celui qui a déjà été donné par d’Anviile. Nous
venons de voir que Zâouy est à vingt milles Romains de Beny-Soueyf; or on
trouve aussi, en passant par un lieu du nom de Metânych, quarante milles de
Zâouy à l'emplacement actuel de Memphis. J’ai observé à Zâouy quelques vestiges
d’antiquité Égyptienne ; aujourd’hui ce n’est plus qu’un petit port sur le Nil.
II y a une sorte de conformité entre l’ancien et le nouveau nom ; peut-être
le mot Zâouy n est-il autre chose qu’/srô ou Isiou altéré. Dans la Notice de l’Empire,
on trouve Lut, dont Zâouy se rapproche encore davantage, sur-tout en
prononçant Isoui. On me permettra à ce sujet une conjecture. Les Musulmans
donnent le nom de Zâouyeli à tous les oratoires ou petites mosquées ; c’est aux
grandes qu est réservé le nom de gâma’. Il y avoit certainement jadis une foule
de ces chapelles dédiées à Isis, et du nom d’Isiu ou Isiou; les Arabes, lors de
la conquête, nen auroient-ils pas emprunté le nom pour leurs oratoires!
On pourroit hésiter à assurer que la ville d’Isiu faisoit partie du nome Héracléotique
: en effet, Zâouy est un peu au nord du canal transversal. Mais la grande
digue de ce village, étant destinée à retenir les eaux du même canal, annonce une
continuité de territoire soumis à la même juridiction. En outre, il s’en faut que
la province de Gyzeh, qui a succédé au nome Memphitique, s’avance au sud jusqu’à
Zâouy: la limite méridionale est au village de Reqqah.
Entre Zâouy et cl-Lâhoun , il y a un village du nom d'Abousyr el-Maieq, où
l’on croit qu’if a existé une ancienne ville. Le nom d'Abousyr est commun à plusieurs
endroits de l’Egypte, notamment à l’ancienne Taposiris, près Alexandrie.
Ce dernier nom signifie le tombeau TOsiris; et l’on sait que beaucoup de villes se
disputoiqpt ^honneur de le posséder, non-seulement Philoe, Abydus et d’autres du
premier ordre, mais des villes secondaires: J’ai essayé ailleurs d’interpréter cette
diversité de traditions ( i ) ; je me bornerai à dire ici qu'elle explique très-bien
.elle-même la multiplicité des lieux qui, dans l’Égypte moderne, portent le nom
dAbousyr. L exemple de Taposiris magna, à l’ouest d’Alexandrie, remplacée aujourd’hui
par Abousyr, fait voir que les Arabes ont retranché barbarement le T initial;
le jugeant insignifiant, et préférant dè commencer.ee nom par Abou, qui signifie
père; et qui est chez eux un mot si commun à la tête des noms d’hommes et de
lieux.
Je vais plus.loin, et je rangerai dans la même catégorie les villages nommés
aujourd’hui Bousyr. Comme souvent les Arabes ont ajouté par euphonie l'élif
initial devant les.noms.anciens, ainsi que le prouvent Asouân (2), Esné, Akhmym
et dautres encore, ils. ont. aussi pu faire l’inverse, c’est-à-dire, ôter cexd lifïk où
ils 1 ont cru ajouté par les Grecs ; ils font fait aussi pour abréger les noms trop
longs. Nous avons eu de fréquentes occasions, pendant l’expédition d’Égypte,
dé‘ reçonnoître 1 habitude quoiit les Égyptiens modernes de tronquer les noms
propres étrangers, pour les rapprocher des dénominations qui leur sont familières.
Je conclus qu Abousyr el - Maleq a succédé à quelque position surnommée
Taposiris par les Grecs , peut-être T&fioxcsps chez les anciens Égyptiens. Ce
village est auprès d’un mamelon détaché de la chaîne Libyque, dans lequel on a
creusé des catacombes ; il y a donc eu dans cet endroit une ancienne position.
Je ne parlerai pas de plusieurs villages des environs, tels que Bouch, Zeytoun,
Keman el Arous, &c. dont jai fixe la position sur les cartes nouvelles, bien
que leurs noms présentent quelques rapprochemens à faire avec l’état ancien du
pays : ces détails appartiennent davantage à la géographie proprement dite.
SECTION V.
N O M U S C R O C O D I L O P O L I T E S ou A R S I N O Ï T E S .
J e ne fais ici mention du nome Arsinoïte que pour compléter la nomenclature
des sept préfectures de l’Heptanomide. Ayant traité séparément des antiquités
de ce nome, je renverrai simplement au chapitre des descriptions qui vient
iminédiatemènt après celui-ci (3).
(0 Description d’Abydus, A . D. chap. X I , et ailleurs.
(2) J'VfÇ la Description de Syène ou Asouân, A . D . chap. I l , pag.