
voici ce qu il dit : Léontopolis, entre le canal Busiritiqiie et le Bubastique. Ainsi
Léon topolis étoit peu éloignée de la branche Busiritique. « Au-dessus des bouches
» Mendésienne et Tanitique, dit-il encore, on trouve un grand lac, les nomes
» Mendésien et Léontopolites, Aphroditopolis (i) et le nome Pharbætites (2), «
L ’inspection de la carte fait voir que ce texte est bien expliqué par la position que
¡’ai donnée à ces troisnomes: on peut ajouter que, dans lenumération du même
Strabon, on voit la ville de Léontopolis précédée de Mendès et de Diospolis, et
suivie de Busiris et Cynopolis ; ce qui suppose une position intermédiaire au
milieu de ces quatre villes. Le passage suivant de Xénophon d’Éphèse, où la ville I
de Leonto est citee, n est pas propre à donner beaucoup de lumière sur ce sujet'
AeâÔovtes p.tv Si Ta.vTA cm AeoïrS ippovrai toAiv (3) ; Henisterhuis a lu ici Toula.
( sans trop de motifs ), au lieu de tomto, : car il y a un grand intervalle et même i
deux préfectures entre Taua et Léontopolis (4). Dans cette incertitude, un renseignement
inespéré est venu • confirmer pleinement ma conjecture. L ’habile
administrateur auquel je dois la plupart des renseignemens que j’ai donnés sur les I
restes de Tmây ( 5 ) , et qui a parcouru le pays attentivement, m’a fourni aussi le
nom que porte la butte voisine d’el-Mengalah, que je regardois, par sa.seule position,
comme étant le reste de Léontopolis. M. de Chanaleilhes ajoute qu’en ce
lieu sont de très-grandes ruines. Les habitans l’appellent Tell-Tânlonl J JJ
colline de Tânboul, nom qui avoit échappé aux ingénieurs Français; de plus,
deux autres villages, appelés aussi Tânboul, existent à une lieue environ du même i
point. Il me semble difficile de ne pas reconnoftre ici le nom Grec et le nom
Latin de lancienne ville. Je regarde Tânboul fou Toubou I ■ comme la corruption
et 1 abréviation de Lcomônpolis. Les Arabes ont, comme par-tout, supprimé la
finale, et substitué le b aup ; et de plus ils ont retranché, mais d’une manière plus j
bizarre qu’ailleurs, les deux premières syllabes du mot, afin de le réduire à deux :
car cest pour eux un usage, et, pour ainsi dire, une nécessité euphonique, de
ne pas admettre des mots de plus de deux ou trois syllabes; on ne citeroit guère, j
comme exemple du contraire, qu’Eskanderyeh ou Skanderyeh [Alexandrie ]. C’est j
ainsi que de Naiicratis ils ont retranché Nau ( d’où est venu le nom actuel Krât (6)
ou Kourât) , et que de Bubastus ils ont fait Basta.li ( supposé que le nom ne soit pas
directement tire du qobte), comme de Taposiris, Bousyr et .Abou.yr, &c. Ils ont fait
aussi le contraire, en ajoutant ( non plus devant le nom Grec ou Romain, mais
devant le nom indigène) un éllf, comme syllabe euphonique, exemples : A-sna ou
E-sné, A-hnas, A-lhmym, A-chmoun, A-souân, A-styt, &c. Quant à la finale t o Î A is
ajoutée par les Grecs, tantôt les Arabes ont ôté 15, comme ici dans LeontSnpolis;
tantôt les deux syllabes oAm, comme au nom d’He/iopolis dont ils ont fait H-clioub
[ Q-elyoub ]; et le plus souvent, le mot tout entier.
La Notice d Hiéroclès place Léontopolis dans la seconde Augustamnique/EIIAP-
XIA A’TTOTSTA B’; peut-être faut-il la ranger dans la première : c’étoit le chef-lieu
(1) Cette Aphroditopolis est une quatrième ville du (3) Lib. iv , p. 51,
nom en Egypte; car il n'est pas possible de la confondre (4) Anton. Aug. Ilhmanum, p. 728.
avec celle du nome Prosopites. (5) Koyrj plus haut, p. , j, note 3.
(2) Lt . x v i l , p. 802. (6) Vovv7 les Mémoires sur la géographie comparée.
d’un évêché. Une médaille de nome porte AEONTOIIOA ( i ) , avec un lion qu’une
figure drapée tient dans sa main. Une autre, du plus petit module, présente un lion
courant, avec ces lettres AEON. Il est remarquable que cette forme Leontopol est
d accord avec le nom actuel Tânboul (ou Tm iboi] , pour la finale; le texte de
Ptolemee porte AEONTiîN : mais dans la Notice d’Hiéroclès on lit AEONTiî ; c’est
ainsi qu’on trouve dans les itinéraires ATKQ pour ATKilN, KTNQ (2), &c. Les deux
expressions sont équivalentes ; je crois qu’on peut s’en tenir à l’orthographe du
texte de Ptolémée.
En résumé, je pense que Tell-Tân bou l est l’emplacement du chef-lieu du nome
Léontopolites : cet emplacement n’avoit pas encore été assigné par les géographes
(3).
(1) Voyez p l.¡S , fig. 17, Ant. vol. V. au lieu du nom Grec; ou bien il n'a voulu parler que
(2) Quand on lit dans Eusèbe, parlant de l’usage qu’a- dès Égyptiens de son temps : mais ce nom même de
voient les Egyptiens d’imposer à leurs villes les noms des Alirra étoit bien antérieur à lui.
animaux vénérés, «WsvÎMsrac • * Au’rv».. . . (in E sol (3) Le P. Sicard avoit .indiqué Tell-Essabé; mais
C. XXX ) , d faut substituer par la pensée le nom indi- . j’ignore où est cet endroit ; si .c’est l’analogie des noms qui
gene, que le savant évêque de Césarée auroit dû citer l’afait désigner,« aurait fallu écrire celui-ci Telles-Stlâa'.