
N O M U S H E R A C L E O T E S .
L e nome Héracléotique est un de ceux dont la circonscription est le mieux
tracée par les auteurs. Deux géographes ont pris la peine de décrire sa forme
et ses limites. Ptolémée s explique ainsi, après avoir nommé Memphis et Acan-
t/ius : « Auprès de 1 endroit où le fleuve se divise pour former une île qui eons-
» titue Je nome Héracléotique, et dans l’île même, est la ville de Ni/opo/is, qui
» est méditerranée; Heracleopolis magna, la métropole, est à l’occident du fleuve;
» le nome Arsinoïte est au couchant de l’île (i). »
Voici les passages de Strahon : « Après- le nome d'Apliroditopolis, vient la pré-
» fecture Héracléotique, dans une grande île, le long de*laquelle se trouve, sut
» la droite, vers la préfecture Libyque ou Arsinoïte, un canal qui a deux bouches;
» pe qui interrompt dans une certaine partie la continuité de l’île. » Précédemment
il avoit dit : » Le Nil s’écoule, pendant l’espace de quatre mille stades, dans
» une meme direction et dans un lit unique, si ce n’est qu’il est entrecoupé de
» temps en temps par des îles, dont la principale est celle qui renferme la pré-
» fecture Héracléotique", &c. (A »
Si 1 on ne connoissoit pas bien le pays, il seroit malaisé de concilier et même
de comprendre ces deux passages ; mais pour celui qui a étudié le terrain, il n’y
a pas la moindre diflïculté. L ’île ( et par conséquent le nome H crachotes) est
fermée dans sa longueur par le Nil et parle canal de Joseph, qui, après el-Lâhoun,
continue encore de baigner Je pied de la chaîne Libyque. Transversalement, cette
île est fermée au sud par le canal qui va d’Harabchent au canal de Joseph ; et au
nord, par celui qui part de Zâouy (3). Le canal qui borde l’île sur la d ro ite^ ,a,
selon Strabon, deux embouchures, et par conséquent deux branches. On recon-
noit la le Bahr Yousef, qui, arrivé à el-Lâhoun, comme je viens de le dire, se
divise en deux bras, dont 1 un entre dans le Fayoum, et l’autre court le long de
la montagne de Libye, vers Memphis. L ’île Héracléotique est, en quelque sorte,
interrompue par cette bifurcation, comme le dit le géographe. Ainsi la description
du nome Heracleotes ne laisse aucune incertitude, ni pour sa position géographique,
ni pour sa configuration : il en est de même de son étendue, au moins
vers le nord. Peut-être du côté du midi étoit-il terminé par quelque canal autre
que celui d’Harabchent et situé dans le voisinage, tel que celui de Menqatyn, ou
que celui qui est au sud de Bebâh et qui s’appuie sur la digue de Saft-Rachyn;
mais il n’en peut résulter une différence notable de position. Ces canaux médiocres
se sont oblitérés par le laps des siècles, et l’on a de la peine à les discerner les
(O P jo L C ^ . 'om . I . l ib . lv .p a g . 120 Voy.pag.suiv. (3) Voyei ci-dessous, scct. VI, S. 2.
(2) Strab.GH.gr. lib. x v i l , pttg.jjô. J’ai déjà ci lé ces (4) C ’est-à-dire, à l'ouest ¡c ’étoit la droitede Strabon,
morceaux et Je texte a l’appui, dans mon Mémoire sur le qui montoit dans la Thébaïde.
Jac de Mceris, si, tom. I pu g. tôt et m .
uns des autres. L emplacement de celui d’Harabchent, qui passe entre Chenreh
appartenant au nome A'Oxyrhynchus, et Nilopolis dépendant du nome Héracléotique,
peut être pris avec vraisemblance pour la limite méridionale; mais on peut
s’arrêter également au canal de Bebâh.
La préfecture qui nous occupe, possédoit cinq villes principales, Nilopolis,
Heracleopolis magna, le chef-lieu, Came, Busiris et Iseum.
§. 1 ."
N i l o p o l i s , auprès de Tarchoub.
S e l o n Ptolémée , la ville de Nilopolis étoit située à to' au sud S Heracleopolis
magna, et placée dans l’intérieur des terres (i). Comme c’est la seule distance
géographique dont on puisse faire usage pour fixer la place de Nilopolis je chercherai
cette dernière Nulle à un sixième de degré [environ dix-huit mille cinq
cents mètres] au midi d Ahnâs. Cette mesure tombe entre les deux villages d’Abou-
Chorban et de Tarchoub, au milieu de l’espace arrosé par le Nil et par le canal
de Joseph, au nord-ouest du gros village de Bebâh. Or le nom de Tarchoub a une
physionomie Egyptienne; on peut citer dans la basse Égypte le nom de Tarchebi
bourg dépendant de Butos (2). D ’Anville a placé arbitrairement cette ville dé
Nilopolis'a Meydoun, bien loin au nord, et même au-delà des limites du nome,
c’est-à-dire, à plus de soixante-cinq mille mètres. Ptolémée étant le seul auteué
qui en fasse mention, il n’y avoit aucun motif de s’en écarter. Cet auteur ajoute
que Nilopolis étoit située près du point où le Nil se divise pour former l’île
Héracléotique. Adoptant pour cette ville la position voisine de Tarchoub, on
sarrêteroit de préférence au canal qui est au midi de Bebâh, pour la limite méridionale
de l’île et du nome d’Heracleopolis.
Vainement chercheroit-on dans le nom tout Grec de Nilopolis quelque lumière
sur le culte de cette ancienne ville, ou sur son emplacement. D ’un autre côté
toutes les villes d’Egypte rendoient hommage au Nil, et Ptolémée dit positivement
que celle-ci étoit écartée du fleuve (3).
On trouve dans la Notice d’Hiéroclès une ville de Nicopolis, parmi celles de
1 Arcadie ; je ne balance pas à corriger ce nom en Nilopolis.
§- II.
H e r a c l e o p o l i s M a g n a (au jo u rd ’hui A hn â s).
D e u x villes ont porté en Égypte le nom S Heracleopolis. Le nom d’Heracleo-
bque ou d Herculéen a été donné lui-même à des canaux et à une embouchure du
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U) Vovez t / 01 ' "0m qul vient emblème du Nil:
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