
a 20 à 30 mètres cle largeur et 2 à 3 de profondeur, et il porte un très-beau
pont en briques, large de 8 mètres., qui ne paroît pas être de construction Arabe
Un grand bras s’en dérive à Koum el-Atroun et se rend à Myt-Kenân. Après
avoir suivi ses bords pendant une huitaine de lieues, il me vint à la pensée
que ce devoit être une des anciennes branches, peut-être la branche Pélusiaque
sur laquelle à cette époque on étoit encore incertain. Mais j’ai abandonné depuis
cette idée, parce que le canal de Felfel prend sa source, du moins aujourd’hui
dans la branche de Damiette à Kafr el-Syâfé, c’est-à-dire, extrêmement loin de
Beçous ou de la tête de l’ancien Delta, qui est l’origine nécessaire de la branche
Pélusiaque :Jà il a 20 mètres de large et 3 de profondeur. C’est cette remarque
même qui m’a conduit à examiner avec soin les nombreux canaux qui arrosent
cette riche province, afin de démêler entre eux ce qui appartient à chacune des
branches mentionnées par les auteurs.
Or, dans ce seul espace, couloient, en outre de ïamnis Trajanus, et selon les
divers passages d’Hérodote, de Diodore, de Strabon, de Pline, de Pomponius
Mêla, le fleuve Pélusiaque ou Bubastique, le fleuve Athrihitique, le fleuve Cano-
pique, le fleuve Sébennytique, et même une partie du Busiritique. Voici le résultat
des recherches auxquelles je me suis livré à ce sujet ( 1 ) , résultat qui est en
partie confirmé par celles de mes collègues, notamment de MM. du Bois-Aymé et
Devilliers. La branche Pélusiaque de tous les auteurs sortoit du grand fleuve près
de Beçous, comme on vient de le voir au paragraphe précédent : c’est le canal
Abou-Meneggeh.
La, branche Athrihitique sortoit, non du Nil même, mais de la branche Pélusiaque,
à une demi-lieue au sud de Qelyoub, se dirigeoit vers le nord, suivoit la
même route que le grand canal de Felfel vers Atryb, et il continuoit ensuite
en se confondant à Kafr Moueys avec la branche actuelle de Damiette, la Sébennytique
d’Hérodote.
La branche Canopique commençoit au même point que la Pélusiaque, en se
portant à l’ouest-nord-ouest ; c’est aujourd’hui le grand Nil jusqu’au Ventre de
la Vache, et ensuite la branche de Rosette.
Enfin la branche Sébennytique de Strabon, la même que la Thermutiaque de
Ptolémée, sortoit de la Canopique au même point de Batn el-Baqarah, et continuoit
par Chybyn el-Koum. Quant à la Sébennytique d’Hérodote, c’étoit la même
que l’Athribitique de Ptolémée. A la vérité, il y a dans les canaux aujourd’hui
existans et représentant, selon moi, cette dernière, une petite interruption vers
Qaranfyl (2); mais c’est probablement une partie comblée par les dépôts du Nil
et par la culture : la distribution des eaux ne permet guère, je pense, une autre
explication. La portion du canal de Felfel qui avoisine sa prise d’eau dans la
branche de Damiette à Kafr el-Syâfé, me paroît être un canal de communication
qui s’est établi par la suite des temps, et il en est peut-être de même de la
(1 ) Voyeile Mémoire sur la géographie comparée, et nication de moins d’une lieue, aujourd’hui oblitérée,
la carte ancienne et comparée de la basse Egypte. allant rejoindre, vers Qarqachandé, le petit canal qui se
(2) Du canal principal sort une dérivation à Sendyoun. jette dans le bras de Felfel à el-Ahmar.
Entre Qahâ et Qaranfyl, on suppose une autre commuportion
portion de la branche de Damiette comprise entre la tête du canal de Melyg
et celle du canal de Moueys. Cette dernière communication, ouverte par le
poids des eaux à une époque où l’encombrement de la Sébennytique de Strabon
les aura forcées de refluer vers l’est, a ainsi réuni cette branche avec la Sébennytique
d’Hérodote. Je terminerai en faisant remarquer que cette dernière correspond
non-seulement à l'Athribitique, mais encore à la Phatnique de Strabon
jusquà Jséopolis, et que son embouchure est la même que celle du canal Achtoun-
Gammaseh ou la bouche Pineptimi, l’une des deux fausses bouches du Nil, tandis
que la Sébennytique de Strabon, après avoir arrosé Onuphis, Buto, Paralus se
jetoit dans la mer au même point que la bouche actuelle du lac Bourlos ( 1 ) Enfin
une petite portion de la branche Busiritique de Ptolémée coule dans cette province
: cest le canal qui sort de l’Abou-Meneggeh ( o.u du Pélusiaque) à Chybyn
el-Qanater, se dirigeant vers le nord ; il rejoint la branche de Damiette à Mansourah.
s. V.
Resus antiques à Choubra, Qelyoub, Ram/eh, el-Choumout et Myt-Kenân.
L a position de Choubra eJ-Kheymé à l’ouest d’Héliopolis n’est pas assez éloignée
des ruines pour qu’on s’étonne d’y trouver des morceaux antiques. J y ai vu
ainsi qu a Damanhour-Choubra, des fragmens de colonnes de granit, et quelques
tronçons de colonnes disposés en meules coniques (2). Qelyoub, située à environ
deux lieues et demie des restes d’Héliopolis, renferme une grande quantité de
débris. En succédant à Héliopolis, comme je crois qu’elle l’a fait, cette bourgade
hit sans doute bâtie en grande partie avec les matériaux de la ville Égyptienne. J’y
ai vu, dans les rues, des blocs et des fragmens de colonnes en granit, et, dans la
cour d’une maison, le piédestal et partie du fût d’une colonne dont les moulures
sont parfaitement sculptées, et de l’époque Romaine (3). La porte de la maison
avoit Pour seuil une Pierre Égyptienne , ornée de figures et d’hiéroglyphes bien
conservés.
Qelyoub est une ville bâtie en pierres et en briques, de 2900 mètres [environ
1500 toises] de tour, située très-agréablement non loin de l’ancien canal Athribi-
tique; celui-ci sort de l’Abou-Meneggeh, canal encore navigable, large de 40 pieds
et profond de 4. Elle renferme cinq mosquées, dont une très-grande, une école,
une assez belle place, des fabriques, des bazars et des marchés fréquentés par une’
grande affluence de peuple : cependant elle est bien moins peuplée que son
etendue ne le comporte. Les environs de la ville sont embellis par des jardins,
quombragent des arbres magnifiques, orangers, citronniers, sycomores, et
abreuvés par des citernes bien entretenues.
Quelques restes d’antiquité existent dans l’ouest de la province : par exemple,
Qarqachandé près de Tersé, et à Komboutin, où sont de très-anciennes’
(») Voyez la carte ancienne et comparée de la basse Egypte.
(a) Voyez £. M . Arts et Métiers,pl.i, x n et x x v i .
(3) Voyez A . vol. V, pl. 27 ,fig. ij.
A. D.