
■voient descendre jusqu’à terre. Il croit nature] que cela fût ainsi dans la chlamyde
Macédonienne, déjà haute, et l’on voit qu’elle ne se rapprochoit pas plus du
carré parfait que les autres manteaux de ce genre : aussi Strabon ( i ) a-t-il comparé
la forme oblongue du monde connu des anciens à celle de la chlamyde Macédonienne
développée. Le rapport de 10 à 30, ou de 1 à 3 , qui se trouve entre
les deux axes du plan d’Alexandrie, est donc bien convenable. Remarquons
d’ailleurs que, suivant les expressions de Pline ( a d effigiem Macedonicoe ctlamydis,
orbe gyrato laciniosam, dextrâ loevâqnc anguloso procursu ) , ce n’est pas la chlamyde
qui avoit rigoureusement la forme qu’il décrit; mais c’est la figure de ce manteau
qui avoit reçu, dans le tracé de l’enceinte, les modifications qu’il indique. Le
nombre singulier qu’il emploie pour désigner le contour arrondi, semble bien
indiquer qu’il s’agit seulement du bas de la chlamyde, et que le côté opposé du rectangle
étoit resté droit, comme je l’ai tracé. Rien n’exige, du moins, qu’011 le suppose
pareillement arrondi ; et la courbure qui résulte ( pour la partie inférieure )
des mesures données, est si foible, que la symétrie n’en souffre point. De plus,
cette interprétation s’accorde avec ce que dit Diodore du las du manteau, que
Plutarque arrondit en un seul croissant. La dentelure des contours de l’enceinte résultait
de la distribution des tours le long des murailles. Suivant le texte précis de
Pline, la figure de la chlamyde avoit été dentelée en courbe dans le bas et dentelée
en pointe sur les côtés.
Tout cela posé, voici comment je trouve la forme que j’ai tracée sur le plan
d’Alexandrie restituée. Je suppose une pièce d’étoffe, un châle, de dix décimètres
de hauteur sur trente de longueur (2), attaché sur la poitrine d’un homme par les
points b, e, placés un peu plus près des coins a, d , que le tiers de cette longueur,
comme cela se trouve sur la plupart des figures antiques : les deux coins inférieurs
n ', d , passent sur les bras en arrondissant en plis le bas du rectangle jusque vers
les coudes f , g , et retombent sur le pied en formant les pointes n, c; f , g , correspondent
aux agrafes b , c , et à peu près à la moitié de la hauteur du corps;
g , c, e t/ , n, sont évidemment des lignes droites, comme le disent Pline, Diodore
et Plutarque ; et les deux coins a, d , viennent sé confondre en plis verticaux
sur les lignes b n t x . e c également droites.
Maintenant, enlevez cette draperie de dessus le corps-, étendez-la sur un plan,
en tirant les deux bouts c n \ droite et à gauche, effaçant par conséquent le jarret
qui existoit en f et g, sans qu’il soit nécessaire de beaucoup déployer les bases
e g et b f des deux triangles extrêmes. Laissez les quatre autres triangles des quatre
coins du parallélogramme confondus avec les lignes b n , e c , f n , g c , comme ils
l’étoient dans leur position verticale, et vous aurez la figure que je crois approcher
le plus de celle que nous connoissons à la chlamyde Macédonienne drapée
et à l’enceinte d’Alexandrie antique. Vous verrez qu’elle s’adapte bien aux pro-
(1) Geogr. Üb. x v i l . c t suivant une largeur de cinquante toises, environ le
(*) Représentant des stades. II faut seulement supposer triple de celle de la grande rue longitudinale, pour lais-
un peu plus de longueur au grand côté, pour que n et c' ser de chaque côté de cette communication un massif
viennent aboutir à n et c s u r le terrain, comme on le verra de construction propre aux fortifications des portes n
ci-dessous. J’ai encore, après cela, coupé ces pointes n, ( Nécropolique ) et c ( Canopiquc ).
portions du corps humain, aux limites des ruines principales de la ville, aux longueurs
des deux axes donnés par les auteurs, à leur intersection au centre de
figure, &c.; enfin, que les textes que j’ai recueillis s’y appliquent mot à mot (1). Il
est inutile d’analyser davantage ici ces applications littérales.
[ 1 14] H y a d’autres manières hypothétiques de restaurer les deux grandes
rues, lesquelles satisfont mieux à certaines conditions, mais en heurtent totalement
quelques autres qui sont très-essentielles : par exemple, on pourroit faire
partir la rue transversale du point V dans la direction du nord-est au sud-ouest,
en suivant un, espace toujours libre et toujours bordé à droite et à gauche par
des collines de ruines bien prononcées; elle traverseroit■ le premier pont du
grand canal, qu’on pourroit conjecturer avoir été construit par les Arabes pour
conserver cette ancienne et principale communication avec les nouveaux dehors
de.leur cité; enfin, à son extrémité occidentale V", elle déboucheroit sur la terre
ferme et dans un chemin subsistant qui peut être un .reste de son ancien prolongement
à travers la ville des Morts. Mais on voit que le premier défaut de
cette direction seroit de porter la cité antique trop au sud, et de mettre hors
de son enceinte, au nord, des points importans qu’on sait en avoir fait partie,
comme Rhacotis, le bord de la mer dans le port d’Eunoste, l’origine de KHepta-
stadium, le temple de César, &c. : son second défaut seroit de netre pas parallèle
aux grandes lignes de l’enceinte Arabe et de son intérieur, dont les directions
ont nécessairement été conservées par les Sarrasins ; condition que je crois
la plus indispensable de toutes a remplir. La rue transversale perpendiculaire à
celle-ci partiroit du môle même des ports du fleuve, traverseroit deux forts monticules
de décombres, suivant un chemin encore pratiqué aujourd'hui, rencontre-
roit à - gauche le monastère chrétien ( 2 ) qui doit avoir été bâti sur un des côtés
de cette rue, et à droite, une colline de décombres provenant des édifices
opposés a ce monastère. Elle sortiroit enfin par une porte de l’enceinte Arabe,
à travers laquelle 011 a dû conserver cette ancienne issue ; mais, outre son défaut
commun ayec la précédente ( de ne point conserver le parallélisme dont on
vient de parler ), cette rue auroit le grand inconvénient de ne pas couper la
grande communication longitudinale à peu près dans leur centre commun.
La seconde hypothèse consiste à conduire cette dernière grande rue depuis
Necropolis jusqu au - delà du cap Lochias sur le bord de la m e r , en suivant la
trace des monticules de décombres alongée de ce côté vers Nicopolis et sans
atteindre jusqu’à cette petite ville. C’est bien là la plus grande longueur bâtie de
1 ancienne Alexandrie, à une époque indéterminée et dans une certaine direction,
en y comprenant toutes les buttes de décombres; mais ce n’est pas la longueur
de son enceinte murée. Ces monticules, qui se prolongent aux extrémités
de la ligne, sont des débris de constructions extérieures ou ajoutées après coup ,
comme nous le verrons par toute la suite : de plus, cette ligne auroit le vice
(1 ) Et même en substituant, dans celui de Diodore, » aboutir de part et d’autre ( n , c ) i une rue ( la longi-
Je mot rue au mot place qu’emploie i’abbé Terrassoo, » tudinale) située dans le milieu (d e la ville). »
on voit bien comment « le bas de la chlamyde vient (2) È. M . planche 84.