
[environ 6 pieds] de diamètre, et sur 7 centimètres [2 pouces 6 lignes] de
profondeur; il est probable que ce creux étoit destiné à l’encastrement du socle
ou piédestal qui a dû porter la figure colossale dont on a parlé plus haut.
Enfin, au centre de ce cercle, on trouva un petit pavillon en fer battu : ce
pavillon étoit renversé, et l’on y avoit gravé qu’en 1789 Fauvel, artiste Français,
avoit mesuré la hauteur totale du monument, et lui avoit trouvé 8 6 pieds 9 pouces,
dimension fort rapprochée de celle qu’ont relevée les artistes de la Commission
qui se sont livrés à ce travail.
S U R
UN GRAND MONUMENT SOUTERRAIN*
A L’OUES T D E LA VILLE D ’ALEXANDRIE;
P a r P. MARTIN,
I n g é n i e u r a u C o r p s r o y a l d e s P o n t s e t C h a u s s é e s .
I I .e S U I T E D U C H A P I T R E X X V I .
E n donnant la descriptron des monumens de l’antiquité encore existans dans
la ville d Alexandrie ou près de ses murs, presque tous les voyageurs ont parlé
de catacombes et de bains, et parmi ces derniers il en est un à qui ils ont donné
le nom de bains de Cléopatre; mais aucun n’a parlé, au moins avec exactitude
ou avec quelques détails, d’un grand monument souterrain que l’on peut attribuer
aux anciens rois d’Alexandrie.
Pococke et Norden, qui seuls paroissent en avoir connu l’existence, laissent
meme douter s ils lont vu, par le vague et l’abrégé de la description qu’ils en
donnent. Le premier, qui dépendant est un des plus estimables voyageurs s’exprime
ainsi dans son magnifique Voyage en Orient: « Les plus belles de ces cata-
» combes sont à l’extrémité de l’ancienne Necropolis : elles sont taillées dans le roc
» et plusieurs ont des niches ornées d’une espèce de piliers d’ordre Dorique. » Il y
joint une planche, mais qui n’a presque point de rapport avec la fabrique en
question. 1
L e second ne parie qu’imparfaitement de la rotonde sous le nom du Grand
Temple, qu’il présume avoir dû être le tombeau de quelque grand seigneur veut-
ctre meme, dit-iJ, d ’un roi ( i ).
Il est donc important de faire connoître ce monument précieux, le seul oui
conserve encore un ensemble de grandeur et de régularité. Son caractère d’architecture
indique évidemment qu’il appartient au premier âge de cette ville fameuse,
pendant lequel cet art florissoit en Grèce. Laissant à d’autres le soin d’établir des
conjectures sur sa véritable destination, je vais seulement détailler sa position
et son état actuel, d’après les plans et coupes que j’ai levés avec mon collègue
M. baye, en frimaire de l’an 8 [ décembre 1799].
Si l’on suit le rivage de la mer à l’ouest, après avoir passé Je port vieux
( ') Voyait en Egypte et en Nubie, tom. I . " , pag. 24.