
bas-reliefs de deux mètres environ de hauteur : ils sont distribués symétriquement,
par rapport à deux lions accroupis de forme colossale , qui sont en saillie de la
moitié de leurs corps sur le nu du mur; ils sont composés de deux, trois, quatre
et cinq personnages, et ils représentent tous des offrandes à Isis, et à Osiris tantôt
à tête humaine, et tantôt à tête d’épervier. Ces offrandes consistent en amulettes
relatifs au culte d’Isis, et en vases, emblèmes de l’inondation. De petites figures
d’Horus, élevées sur des estrades formées de tiges et de fleurs de lotus, présentent
aussi des objets semblables. Dans l’un de ces bas-reliefs, le personnage à tête d’ibis,
ou Thoth, est dans l’action d’écrire ; il tient dans ses mains un stylet et un bâton à
crans surmonté d’une espèce de lanterne.
L e reste de la façade est occupé par deux grands bas-reliefs séparés par une
tête colossale d’Isis, sculptée au milieu de la muraille, et représentée avec tous les
attributs qui caractérisent cette divinité : on y fait des offrandes aux dieux de
l’Egypte. Isis ouvre et ferme la marche : elle est précédée d’Horus, qui, en étendant
le bras, présente une image delà déesse, et porte dans sa. main gauche une croix
à anse.. A u nombre de ces dieux, sont Harpocrate, ainsi qu’Osiris à tête d’épervier
et à tête humaine. Les offrandes sont faites par un héros Égyptien, un roi sans
doute : il est aisé au moins de le reconnoître à'son costume, à sa coiffure, et
sur-tout au vautour qui plane au-dessus de sa tête ; c’est ainsi que nous avons
toujours vu les rois d’Egypte figurés dans les bas-reliefs historiques qui décorent
les palais de Thèbes. Ici la richesse du costume caractérise en quelque sorte
mieux encore le personnage : en effet, le roi a un vêtement chargé de broderies ;
les plis et les reflets de l’étoffe légère et transparente qui le forme, sont bien
mieux exprimés ici que dans la plupart des bas-reliefs où se trouvent des représentations
analogues. On voit sur la robe du héros un homme armé d’une massue,
et prêt à frapper un très-grand nombre de victimes agenouillées, de captifs sans
doute, qu’il tient par les cheveux. Deux autres prisonniers, les bras liés derrière
le dos, sont réunis par des chaînes au groupe principal : il ne nous paroft pas
douteux que cet emblème ne fasse allusion au pouvoir et à la vaillance du héros.
Des éperviers exécutés en broderie sur son vêtement et sur sa coiffure sont les
signes caractéristiques de la puissance qu’il tient de la divinité elle-même : il brûle de
l’encens devant les dieux. Derrière lui sont des étendards, ainsi qu’une femme richement
habillée, qui présente d’une main une image d’Isis, et de l’autre une espèce
de vase. Parmi les offrandes qui sont placées en avant du héros, on distingue des
vases de toutes les formes, des pains,. des fleurs de lotus,. et beaucoup d’autres
objets sacrés du culte Egyptien. Les personnages de ces grands bas-reliefs ont quatre
mètres de proportion, non compris les coiffures, dont la hauteur est d’un mètre.
Le soubassement de la façade est orné d’un très-grand nombre de petites figures
debout, alternativement de femmes et d’hommes : les unes ont des têtes d’épervier,
de lion, de belier; les autres ont des masques de taureau. Elles portent toutes
des offrandes variées, qui consistent en vases, fleurs de lotus, amulettes en forme
de temples, et en victuailles; elles s’avancent pour les présenter à trois divinités,
au nombre desquelles se trouvent Osiris à tête d’épervier, et Isis.,
D E D E N D Ê R A H . CHAP. X. 4 7
Nous 11e pouvons donner de grands détails sur les bas-reliefs qui ornent les
faces latérales du temple; ils sont, pour la plupart, cachés sous les décombres; et
ceux que nous avons observés, mais que nous n avons pas eu le temps de dessiner,
ne nous ont point offert de particularités dignes de fixer 1 attention ; ce sont toujours
des offrandes présentées aux dieux de l’Egypte. On voit cependant, sur la face de
l’est, Un bas-relief (1) où quatre victimes humaines sont immolées devant Isis et
Osiris : elles sont à genoux et enchaînées. Le sacrificateur enfonce un dard dans
la tête de l’une d’elles, et paroît disposé à immoler ainsi successivement les trois
autres.
Sur la même face de l’est, on a sculpté un bas-relief (2) extrêmement curieux,
et que nous aurions pris pour la représentation d’un jeu, d une espèce de mât de
cocagne, si nous l’eussions rencontré dans les hypogées, où plus d’une fois nous
avons remarqué des scènes familières de la vie civile des Égyptiens : mais il y a tout
lieu de croire qu’il faut attacher un sens emblématique à ce bas-relief, sculpté sur
les murs d’un temple consacré à Isis, et où tout rappelle le culte grave et sérieux
que l’on rendoit à l’une des divinités les plus révérées de l’Egypte. Le dieu
adoré à Thèbes, Harpocrate, au membre viril en érection, est debout sur un socle;
il porte un fléau sur son bras élevé en l’air : à son cou est suspendu un amulette
qui représente la façade d’un temple. Derrière lui l’on aperçoit des attributs
relatifs au culte ; c’est une coiffure symbolique, d’où se dégagent une portion de
temple, une tige de lotus surmontée de cornes de génisse, et une vrille de vigne
croisée sur ces cornes. Ce dernier emblème se retrouve à Medynet-Abou, derrière
le dieu qui figure dans la marche triomphale de Sésostris (3). Ces mêmes symboles
sont posés au haut d’un mât dressé devant la divinité, et maintenu dans la position
verticale par quatre cordes tirées chacune par deux hommes qui n’ont aucune
marque distinctive : quatre autres cordes sont également attachées au mât; elles
sont fixées à terre et bien tendues ; sur chacune d’elles gravissent deux personnages
remarquables par la plume qu’ils ont au-dessus de la tête. Le but de leurs efforts
paroît être d’atteindre les divers emblèmes placés au haut du mât. Un prêtre qui
est en face de la divinité, offre, avec son bras droit étendu en avant, une sorte de
pomme de pin ; dans sa main gauche, appuyée sur un bâton, il tient un instrument
dont il est difficile de reconnoître l’usage (4 ). Auroit-on voulu représenter
ici une scène d’initiation aux mystères d’Isis, principe et source de sagesse et
de vérité, dont les emblèmes sont arborés au sommet du mât! Ces personnages
qui ont une plume sur la tête, et qui gravissent vers le haut du mât, seroient-ils
des initiés dont le degré de science seroit indiqué par la hauteur à laquelle ils
sont placés ! Ces hommes qui n’ont aucune marque distinctive, et qui paroissent
soutenir le mât, ne représenteroient-ils pas le peuple, qui se borne seulement à
maintenir l’édifice de la religion, sans avoir aucune prétention à en connoître les
mystères! M. Denon a donné une explication analogue d’un bas-relief presque
(1) Voyez planche 22, fig, n , A . vol. IV . générale de Thèbes, chap. I X , sect. I , $. v, art.
(2) Voyez planche 25, fig. ¡, A. vol. IV . pag. 4$..
(3) Voyez planche //, A. vol. I l , et la Description (4) Voyez planche 22, Jîg. n , A. vol. IV .
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