
D E S C R I P T I O N
Il reste, aux quatre angles extérieurs de l’ouverture, des trous demi-circulaires
où étoient les gonds sur lesquels rouloit la porte de la niche : cette porte étoit
taillée en biseau, comme on le voit par la coupe (i); peut-être ce biseau étoit-il
garni d’une enveloppe de métal. A deux petites cassures près que l’on remarque
au dehors, et deux fentes à l’intérieur, ce petit monument est intact: il vaudroit
la pfeme d’être transporté en Europe ; aussi en ai-je bien reconnu la place exacte,
après avoir fait recombler la fouille (2). Le poids %st de plus de deux milliers
et demi de livres.
Si l’on suppose que ce monolithe ait servi à loger un animal sacre;' comme la
hauteur de la niche est de moins d’un mètre, on peut supposer qu’un oiseau y
étoit enfermé. La tradition n’apprend rien sur l’origine ou l’usage de cette pierre.
D ’après les discours des cheykhs et des Qobtes, elle a toujours été au même lieu.
On fait mille contes absurdes à son sujet; je n’en rapporterai qu’un seul. Un bey,
dit-on, l’avoit fait tirer du lieu où elle gisoit et transporter à une certaine distance
; aussitôt que les ouvriers l’eurent abandonnée, elle revint elle-même à sa
place primitive.
Un fellah qui se trouvoit présent à la fouille que je faisois faire de ce monolithe,
lorsqu’il l’aperçut à découvert, fit une grande exclamation de joie, et
s’écria : Ou-allah ! hod melyeh alcliân el-behâym ( 3 ) ! « Par Dieu ! voilà un abreuvoir
» délicieux pour les bestiaux ! r> Je terminerai l’article de ce monument par une
observation, c’est que plusieurs de ses- dimensions principales sont d’accord avec
les mesures Egyptiennes : la hauteur, de 1 “ ,38, est de trois coudées ; et l’ouverture
intérieure de la niche, d’une coudée, à fort peu près.
Koum el-A’yeb (4 ), ou Cheykh-A’zeb, butte de ruines sur une ancienne digue, à
quatre mille cinq cents mètres au sud de Meylâouy, où l’on trouve des restes de
maisons en briques cuites.-
Koum Manyal (y), butte semblable, située au nord de la précédente.
Nazlet Cheykh-Hosseyn (6), à quatre mille mètres au sud-sud ouest de Meylâouy.
Ce nom est récent; le lieu portoit jadis celui de Deyr. Vers le sud, j’ai trouvé plu-
. sieurs assises de pierres calcaires, d’une grande dimension (trois à quatre mètres
de long). Il paroît qu’il y a existé un temple que les habitans appellent B irli
La tradition rapporte qu’une ancienne bourgade étoit bâtie dans cet endroit.
Koum el-Aklidar (7), butte peu étendue, à l’origine de la digue de Tendeh,
où l’on trouve d’anciennes murailles, des briques et des poteries brisées.
Koum cl-A ’fryt (8), ou butte du Diable, à l’est de Tendeh; ruines de briques.
Koum el-Sâlhal(9), petite butte de ruines, comme la précédente, au sud de Tendeh.
( ') Voyez pl. 67, fg . j a 4.
(2) Il est dans la rue appelée Gharb e l-B e led , à dix
pas d’un tronc de colonne cannelée , venant d’Antinoé,
et en face de la maison de l’émyr Ayoub. J’avois chargé
Ma’llem A ’bd el-Sa’yd, Qobte qui m’accompagnoit, de
faire des démarches pour me l’envoyer au Kaire.
(3) Jfjo. «il j
M)
(5)
(6) ¿lyj
(7)
(8)
(9) Le mot est écrit dans mon journal, «d^JLaJLy
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DE L HEPTANOMI D E . CHAP. XV I . i û
Koum el-Ouestâny (1) ou du milieu, butte pareille, au sud de Tendeh.
Koum Garfch (2),. au sud et à trois mille mètres de Tendeh.
Tendeh (3). La tradition apprend que ce lieu a été très-anciennement habité. Les
Musulmans ont converti en mosquée une ancienne église que les Chrétiens appelant
Kenyset Roumâny, église Grecqüe : j’y ai vu quelques colonnes de marbre et
de granit, dont les chapiteaux sont d’un mauvais'travail ; auprès, il y a un large
puits qu’on prétend très-ancjen. 11 existoit, dit-on, un aqueduc en cet endroit.
A l’ouest, est une butte de ruines, et un étang où l’on trouve d’anciennes constructions.
On a retiré des fouilles une pierre qui est le reste d’une frise. Il y a
une portion d’enceinte en briques, ayant de petites tourelles carrées d’un mètre
et demi de côté.
Deyr el-Melek Mykliâyl, ou Deyr el-A’ych (4 ), enceinte en briques, avec trois
églises dans l’arrondissement.
Deyr Reyremoun (y) , au nord-est de Meylâouy. C ’est là que les Chrétiens des
environs se rassemblent. Une des églises est dédiée à la Vierge, el-Hadré; une
autre à S. George, Mary Girgeys: la troisième, el-Melek Mykliâyl, est la plus
ancienne ; son sol est à un étage inférieur. Trois à quatre tableaux venant de
Syrie, grossièrement faits, sont suspendus dans chacune des églises. J’ai consulté là
un prêtre octogénaire sur la formation du canal appelé el-Ghouetah 16) ou Tera’t
el-Sebakh (7) : il m’a rapporté que, cinquante du soixante ans auparavant, les bestiaux
broutoient encore dans le lieu qui.est le lit actuel du canal; qu’à cette
époque le Nil y pénétra, et que les barques y naviguoient depuis quarante ans.
Ce canal, qui est là tête des Bâthen (8), n’est donc rien moins qu’un ouvrage de
l’homme, et sur-tout qu’une ancienne dérivation du Nil, comme ont cru mal-à-
propos le P. Sicard, et, après lui, d’Anville. Je parlerai plus au long sur ce sujet
dans un mémoire sur le canal de Joseph.
Deyr el-Nasarah (9), enceinte sur la rive gauche et près de l’embouchure du
Tera’t el-Sebakh; je n’y ai vu qu’un seul religieux avec sa famille. C ’est là qu’on
passe un canal a gu e , quand on se rend aux ruines d Hermopolis, en venant
d’el-Bayâdyeh. .
§. V I I I .
E stabl A ’ntar, Deyr Anbâ-Bychây et Environs.
A Cheykh-Sayd (10), santon placé sur un pic élevé (1 1) de la montagne
Arabique baigné par le N il, et à quatre mille trois cents mètres au nord des ruines
del-Tell, on trouve des carrières et des grottes fort étendues sur la pente du
(0 c J L - j I l p A a (7) fcBjj-
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(3) e s s . (9)
(4) — J j L :- uLUIj j j (ro) j-u c
(5) ü y jà jj? .* (1 0 Cette cime se voit de.cinq ou six lieues au nord.
(6) <d» *j| ^e Prem*er quart supérieur est à pic, le reste est incliné
à quarante-cinq degrés.
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