
à la branche de Damiette, ligne qui est aussi aujourd’hui la séparation entre la
province de Charqyeh et celle de Mansourah, et ensuite cette branche, en remontant
jüsqu a Benhâ. La préfecture d’Atryb étoit traversée par la branche
TanitiqUé, ou la Saïtique d’Hérodote, prenant sa source dans l’Athribitique à une
demi-lieue à l’est des ruines d’Atryb. Cette branche se nomme à présent le canal
de Moueys.
Peut-être le point d’el-Tybeh n’est-il pas sans quelque rapport avec le mot de
dyb, qui signifie en arabe chien-loup (l’animal d’Égypte auquel les Grecs ont donné
le nom de A to î) , et par conséquent le siège d’une ancienne position : je me
fonde sur l’existence des ruines de Tell-Mokhdem, situées à une lieue au nord.
( Voyei §. II, Cynopolis.)
La province Athribitique renfermoit, au rapport d’Étienne de Byzance, un
lieu du nom de Psenaco, -ï-evix,«, qui a bien la physionomie d’un nom Égyptien,
comme un savant l’a remarqué ( i ). J’en ignore la position, à moins qu’on ne la
cherche dans Senaliou, reste de P-senaqou, lieu placé à égale distance de Benhâ
et de Belbeys. Le nom Qobte d’un autre lieu de la même provirice est Pa-
naho (le village du Trésor, selon le même savant) (2). Cette dernière
ville est la même que Benhâ, surnommée el-A’sel, près des ruines d’Atryb. J’y ai
vu des fragmens antiques; mais peut-être y ont-ils été transportés d’Athribis. Selon
un autre savant orientaliste, un manuscrit Qobte fait mention d’une montagne de
Panaho ; comment trouver une montagne au milieu du Delta î c’est ce qu’il est
difficile d’ expliquer. Il est plus facile d’admettre avec lui que, dès le temps de
Mahomet, ce lieu, dont le surnom signifie miel, fut célèbre pour la qualité de cette
production, et que Makaukas, gouverneur pour Héraclius, envoya au prophète
un présent de miel de Benhâ (3).
§. II-
Nome Busirites.
CY N O PO L I S , BUSI R I S , SONBÂT , ET AUTRE S L I EUX
n u NOME E T DU VOI S I NAGE .
L a recherche de l’emplacement des lieux qui font l’objet de ce paragraphe est
tellement compliquée et embarrassée de difficultés, qu’il faudrait consacrer à
chacun un article spécial. Cependant les géographes ne se sont pas arrêtés à ces
difficultés; on a fixé sans hésitation la position de Busiris à Abousyr, près de
Semennoud, et celle de Cynopolis au coeur du Delta. Il semble, ou qu’ils n’aient
pas connu la situation dès lieux modernes qu’ils leur assignoient, par rapport à des
points bien déterminés, ou bien qu’on n’ait pas pris en considération les distances
fixées par les anciens itinéraires. Ces élémens néanmoins sont les seuls certains
pour établir la correspondance des lieux anciens et actuels; et dans aucun cas il
( î) L Egypte sous les Pharaons, tom. I I , pag. 5 5* (3) Mémoires historiques et géographiques sur l ’Egypte,
(2) Ibid. tom. II, pag. 47- tom. I , pag. 107-108.
d a t h r i b i s , d e t h m u i s . C H A P . X X I I . 7
nest peimis; de les rejeter ou de les omettre sans une discussion critique. Je ne
pourrais déduire ici toutes les considérations géographiques qui m’ont porté à
adoptei une opinion nouvelle sur l’emplacement de ces deux villes: il faut donc
me borne, a en donner la substance, renvoyant les développemens aux mémoires
sur la géographie comparée.
' K S 7 L ’Itinéraire d’Antonin conduit de Péluse à Alexandrie par
Tanis, Thmuis, Cynopolis, Taua, Andro et Hermopolis. La ville de Busiris n’est
pas énuineree dans la liste des mansions; mais sa position dépend, comme on le
verra de celle de Cynopohs: or celle-ci étoit à x x v milles de Thmuis (,) On s’est
accorde a diriger cette ligne vefs l’ouest, du côté de Nemreh ; mais je n’en
vois pas le motif, si ce n est peut-être l’intention de se porter directement vers
Alexandrie. Toutefois cette raison serait de nulle valeur; car il n’en faut pas moins
revenir ensuite au sud, vers Taua et Andro, puisqu’ainsi le veut ¡’Itinéraire
Qu importe donc qu on se dirige au midi sur-le-champ en quittant Thmuis ou
bien qu on le fasse plus tard ! comment le chemin seroit-iJ raccourci par cette der-
mere condition! En second lieu, sur la ligne ainsi dirigée de Thmuis à l’ouest, il y
a une station dlsm [Isidts oppidum) à x v i milles du même lieu; cette ligne itinéraire
ferait confusion avec celle de Cynopolis, sans compter que les ruines de Nemreh,
qu on a assignées a cette dernière ville, sont en effet à plus de x x vm milles de
Thmuis (en ligne droite), au heu de x x v . Il est vrai qu’un des manuscrits de l’Itinéraire
porte le chiffre x x x de Thmuis à Cyno, mais il est le seul : et d’ailleurs
une autre raison doit, je pense, dissiper toute incertitude. En se portant au sud un
peu ouest de Tmây el-Emdyd (reste incontestable de Thmuis), le compas, ouvert
sous la mesure de x x v milles, tombe exactement sur une butte de ruines appelée
aujourd hui Tcll-Mohlidem pA s s Jff, entre Kafr Mokhdem et Kafr Abou Gâma’
On y trouve des blocs de granit épars. Ce lieu est à environ trois lieues sud-est de
Myt Qamar, et un quart de lieue à l’est de Myt el-Qorachy. (Le nom de Mokhdem
est celui d un saint renommé dans le pays, dont la fête tombe le 10 de dyl-hageh
el ont on voit encore le tombeau.) Cette colline n’est qu’à une lieue de Tybeh
dénomination qui dérive peut-être, comme je l’ai dit, du mot dyb. Or ce dernier
est le nom du loup; mais il existe un animal propre à i’Égypte, le chacal, sorte de
chien-loup, que les Grecs ont désigné tantôt pai- aJM5, loup, tantôt par yd,m , chien ■
de la AvxmcM et Que ce village succédant à Cynopolis ait reçu des
Arabes un nom analogue à celui de l’ancienne ville, il n’y a rien là que de conforme
a ce qui est arrivé dans tous les lieux de l’Égypte, où les villes détruites ont été
rebâties a quelque distance de leur emplacement. Ainsi la conformité des distances
analogie dans les noms, l’existence de ruines antiques, se réunissent en faveur dé
ma détermination; une autre raison encore vient la corroborer. De Cynopolis
I Itinéraire oblige de trouver x x x milles jusqu’à Taua, et xn milles ensuite jusqu’à
, la 7 nc!ie CanoPI(Iue ; c’est ce S P f trouve exactement sur le terrain,
7 „ hdeni a Chouny (où sont des ruines, apparemment de T au a ), et dé
la a Chabour, reste d’Andropolis. De plus, à partir de Tell-Mokhdem, pésition
(•) Aritonini Augusti Itinerar. i&c. p. i j j . ‘ •