
de la conservation, et que deux sur-tout soient grandement altérées, cependant les
trois mots qui composent l’inscription qui s’y trouve répétée, sont encore très-faciles
à reconnoître sur les,quatre faces, même sur celles où ils sont le plus oblitéré
L e côté le mieux conservé est celui de l’occident; le plus altéré est celui de
l’orient : les faces du nord et du midi sont, à très-peu de chose près, aussi bien
conservées l’une que l’autre.
O n vient de voir que j’ai transcrit ces trois mots en caractères modernes
[se b a ’ a’cherat d erâ tin ] ; ce qui nous donne la traduction,
d ix - s e p tiÈm è c o u d é e .
Je vais maintenant rendre compte des motifs qui m’ont porté à adopter li
transcription et conséquemment la traduction que je viens de donner; et j’entrerai,
a ce sujet, dans des explications assez longues, que je ne répéterai point pour
les autres inscriptions : mais je crois Ces détails préliminaires d’autant plus nécessaires
ic i, qu’ils feront connoître en même temps les difficultés que peuvent présenter
la transcription et la traduction des mots écrits en caractères Koufiques
ou Karmatiques, ainsi que les moyens par lesquels on peut parvenir à en saisir
la lecture et le sens, et arriver enfin jusqu’à une certitude, si on peut le dire, matérielle,
à travers un très-grand nombre de combinaisons souvent bizarres et
susceptibles d’acceptions bien différentes. D ’ailleurs cette explication m’a semblé
indispensable ici pour assurer le fait d’une numération dans les coudées de la
colonne Nilométrique, différente de celle qu’ont donnée presque tous les écrivains
qui en ont parlé.
L e troisième mot (c.Lj2=j a trois caractères, [ a ], j [ j ] , m [ t. ], susceptibles
d être lus dans l’alphabet moderne avec ou sans des points diacritiques;
cas qui se rencontrent dans la majeure partie des lettres dont sont formés les
mots des inscriptions Koufiques ou Karmatiques. D ’après cette donnée, ces trois
caractères pourroient exprimer, le premier, les lettres i D a l et D za l; le second,
les lettres j Ra et J Z a ; et le troisième, les lettres A ’yn et £ Ghayn.
C e mot présenteroit ainsi, il est vrai, les huit combinaisons suivantes :
4 )5 D-R-A-A’-A, D -Z -A -A ’-A, D z -R -A -A ’-A , D z -Z -A -A ’-A,
D-R-A-Gh-A, D-Z-A-Gh-A , l¿]>á D z -R-A-Gh-A , D z -Z -A -G h-A.
Mais, la cinquième seule de ces combinaisons formant un sens, il ne peut y
avoir lieu à aucun doute, et ce mot ne peut se lire que c’est-à-dire, D^erâa’n,
ou plutôt Derâa’n , suivant la prononciation vulgairement suivie en Ëgypte : il
d o it , par conséquent, signifier c o u d é e .
L e second mot a de même les trois caractères n [ t ] , ut [•“ ], [,)], I
susceptibles d’admettre ou de rejeter, dans leur lecture en caractères modernes,
les points diacritiques, et de représenter, le premier, les lettres £ A ’yn et £
Ghayn ; le se con d, les lettres ». Syn et ¡jy Chyn; et le dernier, les lettres J R‘
et j Z a .
Il
Il sensuivroit donc aussi les huit combinaisons suivantes :
^ A ’-S-R-H, A '-C h -R -H , Gh-S-R-H, '¿ m Gh-Ch-R-H,
A ’-S-Z-H, A ’-C h-Z -H , G h-S-Z-H, G h-C h-Z-H.
Mais la troisième^ combinaison donne seule un mot qui forme un sens. Ainsi ce
mot ne peut de meme etre lu que d’une seule manière, . acherah, et ne
peut signifier que d ix . “
Mais le premier mot de 1 inscription, gwi [ ], composé de trois lettres susceptibles
de recevoir ou de rejeter des points diacritiques dans l’alphabet moderne
présente en outre une difficulté plus grande.
D’abord, si on le suppose composé, ainsi qu’il l’est réellement, des trois caractères*
1 [ a ] , £ [ ^ ] , qui peuvent exprimer, le premier, les lettres -, Syn
et J . Chyn; le second, les lettres <_> B e , C , T e , ¿ T h e, 0 Noun et ( J ? Y e ;
et le troisième, les lettres £ Ayn e t Ghayn; il offrirait, dans sa transcription
en caractères modernes et dans sa lecture, les vingt combinaisons suivantes :
S-B-A’ ,
S-B-Gh ,
S-T-A’ ,
S-T-Gh ,
S-Th-A’ ,
S-Th-G h ,
| É É S-N-A’ ,
S-N-G h ,
S-Y-A’ ,
S -Y -G h ,
C h-T h-Gh ,
C h-N-A’ ,
C h-N-Gh ,
C h-Y-A’ ,
C h-Y -G h.
C h-B-A’ ,
C h-B-Gh ,
C h-T -A ’ , '
C h-T -G h ,
C h-T h-A’ ,
En rejetant de ces combinaisons celles qui n'offrent aucun sens relatif à l'inscription,
on trouveroit bien que la première seule, Seba , donnant un nom
de nombre nécessaire ici pour le sens, devroit être adoptée ; mais une seconde
difficulté, non moindre que la première, vient encore nous arrêter.
En effet, les quatre traits perpendiculaires qui composent les deux premiers
caractères de ce mot étant figurés dans l’inscription sans aucune autre différence
que leur dégradation successive vers le caractère suivant, rien n’indique si ces
deux caractères sont composés des formes ai [ _ ] et 1 [ a ] , en prenant pour une
seule lettre les trois premiers traits, comme nous l’avons d’abord supposé dans les
combinaisons précédentes, ou si, au contraire, les deux lettres qu’ils forment
sont 1 [J ] et ai [ — ], en isolant d’abord le premier trait, et prenant ensuite pour
une seule lettre les trois traits suivans ¡ seconde hypothèse qui nous fourniroit
alors les vingt nouvelles combinaisons suivantes :
A-o B-S-A’ ,
B-S-Gh ,
£ H B -G h-A’ ,
£ ^ .B -C h-G h ,
1 9 T-S-A’ ,
^ *0 T -S -G h ,
•É. M. TOME II
T -C h-A’ ,
T - C h-G h ,
T h-S-A’ ,
T htS -G h ,
T h-C h-A ’ ,
T h-Ch-Gh,
N-S-A’ ,
N-S-Gh ,
N-Ch-A’ ,
N-Ch-Gh,
£ * 0 Y-S-A’ ,
^ * 0 Y-S-Gh ,
Y -C h-A’ ,
Y -C h-Gh.
*.c partie.