
avec ardeur à sa construction, qui ne dura pas plus d’un a n , et il fut adie*]
l’an 9 7 de l’hégire [ 7 1 j de l’ère Chrétienne],
La colonne Nilométrique qui existe encore au centre de ce monument, estl
suivant la tradition, la même qu’Asâmah fit élever à cette époque ; et la { L j
des caractères que renferment les inscriptions Koufiques que l’on y remarque (ij
concourt à confirmer cette opinion.
L e Meqyâs fut depuis renversé et reconstruit plusieurs fois, comme noj
allons le voir dans la suite de son histoire.
§. II.
Seconde E p oqu e du M eqyâs : première Reconstruction de ce Monument mJ
le Khalyfe el-M âm oun.
L e septième khalyfe de la famille des Ahhassides, el-Mâmoun (2), second fill
du khalyfe Haroun ei-Rachyd, dont le nom est si connu parmi nous, et qui étol
contemporain de Charlemagne, succéda, l’an 198 de l’hégire [8 1 3 de l'èJ
Chrétienne], à son frère aîné le khalyfe el-Amyn. C e prince porta sur le trône de!
qualités bien différentes de celles de son hnbécille prédécesseur, et mérita, par i l
sagesse de sa conduite, d’être regardé comme un des plus grands princes J
aient régné sur les Musulmans. T ou s les étabJissemens que son père Haroun avoi|
créés^» et qui avoient langui sous le règne d’e l-Amyn, retrouvèrent dans le khal J
el-Mâmoun un protecteur zélé. L ’année même qui suivit son avènement, c’estl
(1) Voyez ci-après, pag. 167 et suiv.
(2) Ce prince célèbre, que nos historiens ont appelé
Mamon ou Almainon, et dont le nom eniier est
el-Mâmoun Abou-l-A’bbâs A ’bd-allah ben Haroun
UjJ* j j ! (j*«*Uî, fut le vingt-septième
khalyfe depuis Mahomet : il naquit l’an 170 de
l’hégire [786 de l’ère Chrétienne].
Les commencemens du règne de ce prince ne furent
pas entièrement tranquilles. Livré passionnément à l’aniour
des lettres, il s’etoit reposé d’une grande partie des soins
du gouvernement surFadl ben Sohayl, qu’il avoit créé
son vizir, et qui avoit beaucoup de mérite et une rare
connoissance des affaires. Mais le khalyfe, à qui Fadl
avoit inspire pour la mémoire d’A ’Iy le respect profond
dont il etoit pénétré lui-même, conçut la pensée de
rétablir la famille des Alides, quoique rivale delà sienne :
il esperoit faire cesser par-là le schisme que causoit dans
la religion Musulmane la division de ces deux maisons.
En conséquence, l’an 201 de fhégire[8i6 déféré Chrétienne],
au préjudice de son frère Mo’tasem, il associa à
son autorité A’Iy ben Mousâ,surnommé el-Imâm Rizza,
à qui il donna sa fille Hebybah en mariage. Cette démarche
excita un mécontentement général dans l’empire,
et sur-tout dans les provinces voisines de Baghdâd, et
dans cette ville elle-même, où les Abbassides avoient fixé
leur séjour.
Cette famille, qui, selon les auteurs Arabes, étblt alors si
considérable qu’on y comptoit trente-trois mille persornitl
fomenta un soulèvement contre el-Mâmoun, et propos!
unanimement de le déposer du khalyfat. Suivant les dis!
positions testamentaires de Haroun el-Rachyd, aprol
el-Mâmoun le trône devoit passer à son frère puin
el-Mo tasem;mais,ce prince étant encore trop jeune poil
gouverner par lui-meme, les suffrages se réunirent al
faveur d’Ibrâhym ebn Mahady,. oncle d’el-Mâmoun, cl
on le proclama solennellement khalyfe. Ces division!
malheureuses trouvèrent une fin par la mort de Rirai
et de Fadl, l’an 203 de l’hégire [818 de l’ère ChrJ
tienne]. Ces deux événemens engagèrent les méconnu!
à déposer Ibrâhym, et à reconnoître de nouveau d-l
Mâmoun pour khalyfe légitime.
El-Mâmoun passa en Egypte l’an 216 de l’hégin!
[831 de I ère Chrétienne]. Il n’y séjourna qu’environ untj
année, et retourna a Damas, d’où il partit pour attaque;]
les Grecs, qui avoient armé contre lui. Les Grecs fureal
défaits, et Je khalyfe fit ensuite passer ses troupes en!
Cilicie pour les faire rafraîchir. C ’est dans cette provinct
qu’il mourut d’une fièvre aiguë, auprès du fleuveBM
doun (¿joJoü , à l’âge de quarante-huit ans, l’an 218 dt
1 hegire [833 de l’ère Chrétienne]. Il fut inhumé
Tarse, une des principales villes de la Cilicie : il avo
régne vingt ans et huit mois, et il eut pour successeur so
frère puîné, le khalyfe el-Mo’tasem b-illah au(j
à-dire, l’an 199 de l’hégire [814 de lere Chrétienne], il donna l’ordre de reconstruire
presque en entier le Meqyâs de Roudah, à moitié ruiné par suite du peu
de soin qu’on apporta, pendant tout le règne d’e i-Amyn, à Ja conservation des
monumens. Quelques auteurs ont même cru qu’e l- Mâmoun étoit le premier
fondateur de ce Nilomètre ; et cette opinion est même répandue maintenant
en Égypte, non-seulement dans le vulgaire, mais même parmi ceux qui, quoique
appartenant à une classe plus distinguée, n’ont pas fait une étude approfondie
de l’histoire de leur pays (1).
Il paroît que l’inscription placée dans le Meqyâs au-dessus de l’entrée intérieure
de l’aqueduc (2), et les deux inscriptions qui régnent le long de la frise
autour du bassin Nilométrique, du côté oriental et du côté septentrional (3 ),
doivent être attribuées à cette époque.
L ’élégance mâle et sévère qui distingue le style de ces inscriptions, et qui,
par l’esprit même des caractères dont on s’est servi pour les tracer, se rapproche'
d’ailleurs beaucoup de celui des médailles frappées du temps de ce prince, la
netteté de leurs contours, la précision qui y est observée dans les proportions', la
pureté de leur exécution, rappellent d’une manière évidente la protection signalée
que, suivant le témoignage de l’histoire, le khalyfe el-Mâmoun accorda aux sciences
et aux arts, à qui sa mémoire sera toujours chère, et dont il favorisa les progrès
et 1 avancement par des dépenses extraordinaires et par tous les moyens que lui
fournissoit son pouvoir souverain.
En effet, ces t à lui que les Arabes durent la connoissance des meilleurs
auteurs Hébreux, Syriaques, Grecs et Latins, dont il fit traduire les écrits en
langue Arabe, et dont il répandit et encouragea la lecture et l’étude. C ’est
a lui aussi que les savans d’Europe ont dû la conservation de divers ouvrages
et fragmens décrivains anciens Grecs et Latins, qu i, n’existant plus dans
leur langue originale, se retrouvent dans les traductions Arabes qui sont parvenues
jusqu a nous. r “
Non content d’avoir fait ainsi passer dans sa langue les richesses des autres
nations, ei-Mamoun voulut aussi appeler autour de lui tous les savans qu’il put
reunir, non-seulement chez les peuples Musulmans soumis à son empire mais
encore parmi les Juifs, les Chrétiens, les Guèbres et les Indiens : quelle que
fut leur secte ou leur religion, il leur partageoit également ses faveurs et se
plaisoit a leurs discussions littéraires.
Gest-sous son règne que fleurirent, parmi les astronomes, Habech el-Me
uzy (4), auteur de trois livres de tables astronomiques (5 ); Ahmed ben A ’bd-
(1) Voyez ci-après la lettre du dyouân du Kaire, »aa. ,47l
et la note 2 } page 122,
(2) Voyez ci-après,pag. i7z .
( 3 ) Voyez ci-après, pag. t?7 et su‘lVt
(4 ) Habech el- Merouzy ^ _ ■ Cet astronome
eut le surnom d’el-Merouzy parce qu’il
" 0,t ” at'f de l’nne des quatre principales
É .M . T O M E I I , * partie.
villes de la province du Khorassân, qui a été le sitee
royal de plusieurs sultans, principalement des Selniou-
• i Ve'- f“V=mièrement iJéïfuUè par les Turkomans
après la défaite du sultan Changar jqLa.
(j) Ces tables astronomiques sont appelées par les
ArabesZ y g Ce mot, qui est d'origine Persane, et
qui est le même que lé mot Persan ÿ é - 4 I
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