
6 y 8 D E S C R I P T I O N D E L A V I L L E D U K A I R E .
On distingue les Juifs du Kaire en talmudistes et en karaïtes. En Ëgypte )es
Juifs sont chargés des douanes.
Enfin le quartier Franc, Hârt el-Afrang, est à l’ouest du canal, entre le pont
du Mousky et le pont el-Gedydeh. On y trouve deux églises catholiques • |’une
celle du couvent de la propagande, Deyr el-Soghayr ( i ) ; l’autre, celle -du couvent
de la Terre-sainte, Deyr el-Kebyr (2). Ce ne sont pas seulement des prêtres Euro I
péens qui les desservent, mais encore des Syriens et des Damasquins cadioliques I
Ces églises sont ornées avec simplicité ; on y voit des tableaux moins grossiers que I
ceux des églises Coptes et Grecques. Les Arméniens qui résident au Kaire, ont I
sans doute une église; mais je ne l’ai point vue. Parmi les Côptes, les Grecs e t l
les Arméniens, les uns sont schismatiques et soumis à des patriarches de leur na- I
tion; les autres sont catholiques et soumis au p a p e , excepté les Grecs seuls. Les I
Maronites sont catholiques : leur patriarche réside au mont Liban,
Les Juifs se partagent aussi en deux sectes, comme je l’ai dit; le nom de Qarrây,, I
que porte une des rues du quartier Israélite au Kaire, est peut-être celui d é la i
secte principale. On compte au Kaire environ trois mille Juifs, Nous avons vu I
plus haut que l’on comptoit environ vingt-deux mille Chrétiens, savoir : dix |
mille Coptes, cinq mille Grecs, cinq mille Syriens, et deux mille Arméniens, l l l
existe quelques rizâq ou fondations en faveur des églises et des couvens q u il
appartiennent aux Coptes, aux Grecs et aux différentes sectes chrétiennes. I
6 ." P A L A IS o u M A IS O N S D E S B E Y S , D E S K Â C H E F S
E T A U T R E S G R A N D S P E R S O N N A G E S .
Nous avons déjà dit que par le mot de palais il ne failoit pas entendre ici ces I
grandes et riches constructions qui ornent les capitales de l’Europe ; cependant I
les palais du Kaire ne sont dépourvus ni de grandeur, ni de somptuosité, n iI
dagrément. L e luxe et la recherche l’emportent même, sous quelques rapports,!
sur ce quon observe chez nous. L a richesse de l’ameublement se borne presque,!
il est vrai, aux tapis et à quelques tentures et étoffes ; celles-ci recouvrent les sofas|
ou divans, et une multitude de coussins distribués tout autour des salies;mais|
ces tapis sont très-beaux, et les étoffes brochées d’or et de soie ne manquent point!
de magnificence. D e grands vases du Japon décorent aussi l’entrée des salles: nos |
autres meubles d’Europe sont étrangers à un salon Égyptien. Venons à l’énumé-!
ration abrégée des palais du Kaire ; nous renvoyons aux planches pour donner une !
idée de leur architecture, de leur distribution, et de la manière dont ils sont ornés.!
Les principaux, abstraction faite des plus.anciens qui sont aujourd’hui ruinés,!
sont les palais suivans, que je désignerai seulement par les noms des personnages!
auxquels ils appartiennent :
jM SECTION. — Dans les environs de Birket el-Fyl. 1 ° Maisons de beys : Ibrâhym!
bey el-Oualy (maison considérable); Yousef; Mourâd (très-grande et très-belle!
maison, bâtie en 1787, par Isma’yl bey; la porte extérieure est fort riche) ( 3 ) ; !
(1) Voyt^ le plan {n.° 31 , H-9 ). (2) IbU. (n.»32, H-ç,.) (3 ) Voyez;,/. 2Î(n.° 88, Q-7). I
M O N U M E N S , P O P U L A T I O N , I N D U S T R I E , & c . 6 7 9
Ibrâhym-bey el-Kebyr; Marzouq; A ’bd el-Rahman ; Soiymân-bey el-Chaboury
Qâsim (deux maisons) ; Khalyl-bey Belefyeh. 2.« Maisons de kâchefs: Mohammed’
Rachouan; Gafar; Khalyl. 3.» A ’bd el-Rahman-aghâ; O ’smân-aghâ (grande maison)
; Mohammed-aghâ; Isma’yl-kykhyeh.
II.' sp c t io v . — Partie sud du Kaire. 1.» Maisons de beys: Moustatä; Bekyr;
Osmân-bey el-Tanbourgy; Yahyâ. 2.° Kâchefs: O ’mar; Ga’far. 3.° Moustaiâ-aghâ
ogâqiy; O smao-effendy ; Moustafâ-tchorbâgy. ? ffi BRI 7 Wmmm 1 ül é yfl i 11 seiym-bey AbOU Dyab; Osman-bey e l-T an bourgy; Sâleh'; Ayoub; Mohammed-bey el-Mab-
H H Ayoub-bey el-Soghayr (deux maisons) ; A ’bdyn (deux maisons)S Marzouq
Qasim ( cette ma,son étoit occupée par la Commission des sciences et arts d ‘Égypte) ■
Solymân; Qâsim-bey Ibrâhym; O ’smân-bey el-Achqar; Mourâd-bey el-Soghayr
I H Mohammed Farag; O ’mar; Selym; Hasan (cette maison étoit occupée par
l Instant d Egypte)-, Solyman-kâchef el-Bachaly; Ibrâhym-kykhyeh el-Sennâry; Ro-
douan-kykhyeh; Solymân-aghâ; el-Oukyl; cheykh el-Hanafy, et cheykh Solymân
el-Fayoumy (membres du grand divan) ; Moustafâ-aghâ (aghâ de la police après
louâly); cheykh Sâdât (le principal cheykh de la religion), deux maisons; Mourâd-
aghâ, Moustafâ Odabâchy.
IV; SECTiON.êj-i. ' Maisons de beys: Gheytâs, Rachouân (avec un jardin)- Moustafâ.
2 ° Kâchefs : A ’Iy-kâchef Ayoub-bey; 3.' Ahmed Tchâouych el-Magnoun;
A’Iy-aghâ eJ-Ouâly; Mohammed-aghâ el-Baroudy ; Moustafâ Tcheleby Abou-
Deffyeh; A ’iy-kykhyeh ; Abou Chaouâreb; Mohammed-aghâ ei-Khaznadâr.
v . ' s e c t i o n . — i.° Maisons de beys: Isma’yl-bey el-Soghayr; Ayoub; Ahmed-
bey el-Oualy. 2.“ Kâchefs: A ’iy -k â ch e f; Ayou b-be y ; Ibrâhym; Mohammed
3.' Cheykh el-Gouhary (membre du divan) ; Qâyd-aghâ; Qâdy el-Bohâr (Je
dief des négocians en café et épiceries); cheykh e l-C h a ’raouy (membre du
divan); O ’smân Tchâouych el-Magnoun; Isma’yI-kykhyeh; cheykh el-Hafnâouy
( membre du divan ) ; A ’iy Odabâshy ( commissaire de la v .' section ) ; Mohammed-
agha Choueykâr ; Bâch Tchâouch el-Ykhtyâr.
VI. SECTION- I ,° Maisons de beys : Mohammed-bey Elfy ; Mourâd ( deux
maisons); O ’smân-bey el-Achqar; Marzouq-bey ebn-Ibrâhym-bey; Ibrâhym A ’Iy-
bey; Selym; Ayoub-bey el-Kebyr ; Isma’yl. 2.“ Kâchefs : Yahyâ; 3.» el-Qeysariy
(très-grande maison) ; Hasan-kykhyeh el-Gharbân (fort belle et grande maison);
cheykh el-Mohdy; Maliern Girgès el-Gouhary (intendant général Gopte) ; Moham-
med-effendy; O ’smân-aghâ ei-Khaznadâr, Mohammed-aghâ, cheykh el-Bekry
(membre du divan), deux maisons ; el-Chorayby (commissaire de la v i .' section ) ;
Bichyr-aghâ; Qayd-aghâ (maison du grand divan) ; Isma’yl-aghâ el-Ouakyl.
v u . ' SECTION. — Maisons de beys, cheykhs et autres personnages: Cheykh Ibrâhym
el-Segyny, cheykh de la grande mosquée el-Azhar; el-Qâdy ou Qâdy el-EsIâm
(maison du qâdy où se rend la justice : on y juge, tous les jours de l’année les
affaires civiles et criminelles) ; petite maison du cheykh Sâdât, Moustafâel-slouy
(membre du divan) , el-Cherqâouy, idem.
0 ) Appartenant au cheykh Solymân el-Fayoumy.
E. M. TOME II, a.e partie.
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