
a une tour dont 1 érection aurait eu pour but de servir de signal aux bâtinie
qui peuvent i apercevoir dé plus de deux lieues en mer, quand les tours clev'*
de I enceinte Arabe se perdent encore à la vue dans le sol de la côte basse et onduL*
de l’Egypte.
O n voit que le fût seul de la colonne pèse un quart de plus que l’obélism
renversé dont nous avons parlé ci-dessus, et qu’il suffirait d’un bâtiment X
port , de 300 tonneaux pour en opérer le transport. Je n’en dirai pas davanta»
sur ce monument monolithe, dont on trouvera l’élévation et les détails, A. vol.]/
planche 3/j..
36- Pour suivre avec ordre les dernières recherches que nous avons à faire
nous allons, à I imitation du voyageur qui calcule sa marche pour ne pius revenir
Sur ses pas, regagner le port neuf, et parcourir de l’est à l’ouest les autres ruine
qui existent au-dehors de cette ville.
Si i on sort de 1 enceinte Arahe par la tour des Romains, qui donne sur le port
neuf, on trouve à chaque pas, en suivant la côte , des vestiges d’anciennes constructions
, telles que des bains et des arcades remarquables par les massiis de
leur maçonnerie en brique rouge et ciment, des môles en pierres énormes,de
murs de quai dépendans d un p o r t, et d’autres ruines. On peut dire que cent:
partie orientale du port neuf, aujourd’hui absolument déserte, depuis la tour dtsj
Romains'jusqu au cap du Pharillon, est hérissée des'débris d’anciennes constructions,
que la main des hommes, plus encore que les vagues de la mer qui viennent!
journellement en battre le pied, a renversées de fond en comble.
37. L e Pharillon est ce fortin dont nous avons déjà parlé, et qui, bâti suri
fextrémité de ia ligne des récifs qui ferment à l’est l’entrée du port neuf qui
défend, a pris sa dénomination de sa position en regard du fort Phare. La
digue qui conduit à ce fortin, est rasée au niveau des eaux de la mer, qui la]
recouvre dans les gros temps. L e Pharillon ne consiste aujourd’hui que dans une
tour- carrée tombant en ruine. J’y ai vu quelques grosses pièces de canon en
fer que i oxidation causée par l’humidité saiine des eaux de ia mer avoit portée
à un tel état de décomposition, que le fer en tomboit par lames et scorie
métalliques.
38. Parmi les ruines de ia côte à i’est, on ne trouve plus que celles d'une
vaste enceinte fermée par des murs de 7 à 8 mètres d’élévation; ouvertsei
quelques parties, les côtés de cette enceinte quadrangulaire, flanquée de ton,
relies, peuvent avoir 120 à 140 mètres de longueur. Les murailles de ces ruina
considérables, qu’on nomme dans le pays Qasr Kyasserah, c’est-à-dire, le cM
teau des Césars,’ sont d’une grande épaisseur; leur construction, en pierrebla
châtre d espèce calcaire, et en briques rouges de grandes dimensions, présente] 1 appareil distinct de couches horizontales et séparées, de diverses hauteurs, à II
Commission des sciences et arts en Egypte, dans les An- laquelle est une inscription dont la traduction porte«:
I " SU"e d“ Chapi,re XX VL A ¡ “'conque il appartient : elle fut érigée en l’hommé'
. "«son dit, tome II de son ouvrage, page 149, que, Septime-Sévère par les vétérans de la XI.* légion. Cfl»
parmi diverses antiquités que les Anglais trouvèrent, on table est en la possession du général Coat.
remarque une pierre en forme d’une grande table, sur
manière
maniéré des fabriques Romaines. C est sur les hauteurs qui environnent les ruines
de ce château, situé à 4350 mètres [2 2 3 1 ' y d] au nord-est de la porte de
Rosette, que se donna la bataille sanglante du 30 ventôse an 9 [ 21 mars 1801 ],
entre l’aimée Française et l'armée Anglo-Turque.
39. On ne ^ trouve plus sur la longue et étroite péninsule qui s’étend au
nord-est jusqu’à Abouqyr, que quelques citerties et quelques maisons éparses au
milieu de champs cultivés ou de bois de palmiers, que les sables du désert, les
eaux dé la mer au nord et celles du lac Madyeh au sud, resserrent de toutes
parts.
40. Abouqyr, dont le nom rappellera toujours de grands souvenirs par les
revers et les triomphes de l’armée Française en Égypte, est un cap avancé en
mer, dom la pointe est occupée par un fort. Sa distance, en ligne directe, du
fort Phare, est de 22,210 mètres [r 1,395' **]> « de 20,700 mètres [10,620“ W
nord-est, de la porte de Rosette. L e village qui existoit sous les murs de ce fort,
a été entièrement détruit à i’époque du combat d’Abouqyr et du siège de ce
même fort, du y au 15 thermidor an 7 [du 25 juillet au 2 août 1 7 9 9 ] ( ,) .
41. Avant d arriver a Abouqyr, on trouve, sur la côte et à une distance de
2500 mètres environ au sud-ouest de ce fort, des hauteurs formées de décombres
qui appartiennent au sol de 1 ancienne Canope. Parmi quelques fragmens de granit
et de marbre épars sur Je rivage, on distingue des fûts de quelques colonnes, des
chapiteaux, iine cariatide, un sphinx et d’autres statues mutilées ou brisées. En
descendant sur le rivage, on pénètre dans quelques souterrains dont le sol est
élevé de 5 a 6 mètres au-dessus du niveau des eaux de la mer. On y remarque
les restes dun bain creusé dans la roche calcaire, qui forme et borde la côte
d Alexandrie jusqu à Abouqyr, où elle cesse brusquement pour ne plus reparaître
que sur la côte de Syrie à i est. Ce bain, qui renferme diverses cellules régulièrement
disposées, se termine au nord par une grande salle semi-circulaire
dans laquelle les eaux de la mer arrivent par quatre ouvertures qui communiquent
à une. petite galerie tournante et concentrique à l’hémicycle. Cette galerie est
elle-même percée extérieurement de quatre autres ouvertures qui débouchent à
la mer, en suivant une autre direction que les quatre intérieures. Toutes les
salles de ce bain, ainsi que ces galeries tournantes, sont taillées dans la roche.
La disposition de ce plan, parfaitement entendu, tendoit, comme on peut se
imaginer, à briser et amortir ia lame de mer, pour ne laisser entrer dans l’intérieur
du bain que des eaux calmes et limpides. Je me suis baigné plusieurs fois dans
ces bams, dont les salles, au nombre de sept à huit, sont entièrement ensablées,
a l exception de la plus grande, qui conserve encore trois à quatre pieds d’eau
vers les débouchés des quatre ouvertures intérieures de la galerie tournante. Ce
ain, où Ion arrivoit par des allées et des chambres souterraines, devoit être
couvert; et ii ne peut avoir appartenu qu’à un palais ou à un établissement
^ lc ¡¡I quelque importance. On retrouve de semblables vestiges sur toute la
cote des catacombes, au sud-ouest d’Alexandrie : les- bains étoient sans doute
(0 Voir la vue de ce fort, É. M. vol. I , planche Sj.
£ d i. TOME I I , t.* partie. p p