
de haute et basse mer, et toute la côte jusqu’aux caps dits Râs el-Tâqâ et Râs el-
Mouça, les fontaines de Moïse, le chemin qui y conduit de Soueys, ont été
dessinés d’après les plans levés par MM. les ingénieurs des ponts et chaussées,
et communiqués par M. L e Père aîné, directeur. L e reste de la côte, soit à l’est,
soit à l’ouest, a été tracé d’après les meilleures cartes qui existoient alors.
F.lle 23.', L a c s A m e r s .
■ i J f m
L a grande route du Kaire à la Mecque, connue sous le nom de Derb el-Sol-
tâny, traverse cette feuille de l’ouest à l’est; le canal fameux qui communiquoit de
la mer Rouge à la mer Méditerranée par le Nil, prend naissance dans cette feuille
à deux kilomètres au nord de Soueys. MM. les ingénieurs des ponts et chaussées
ont reconnu et levé tout le sol où il existe des vestiges de cet ouvrage, monument
de la puissance des anciens Egyptiens. On sait qu’ils ont exécuté un nivellement
complet de Soueys au Kaire et à la Méditerranée. M. L e Père aîné a
bien voulu nous communiquer tous les travaux qui ont été exécutés sous sa direction
: on les fera connoître successivement, et l’on indiquera comment ils ont été
tracés sur la carte, ainsi que les points qui ont servi à les y rattacher.
Les environs de Soueys, le bras de mer qui s’avance dans les terres, au nord
quart nord-est de cette ville, le canal de Soueys, la route du Kaire à la Mecque
qui le traverse à ,l’extrémité de la mer Rouge, les lacs amers et la ligne depuis
Soueys jusqu’au santon d’Abou-Keycheyd, et la montagne d’Ahmed Tâcher, à
laquelle elle se rattache, ont été levés, à l’échelle d’un mètre pour 25000, par
MM. les ingénieurs des ponts et chaussées. L e point de Soueys et celui d’Abou
ei-Cheyb ou Abou el-Cheykh, déterminés parM. Nouet, ont servi à les fixer sur
la carte.
L a route qui va de Soueys à Belbeys, est due aussi à MM. les ingénieurs des
ponts et chaussées. Celle qui est connue sous le nom de Derb el-Soltâny, qui est
la route ordinaire du Kaire à Soueys et en même temps celle des pèlerins de la
Mecque, jusqu’aux puits et château d’Ageroud, et toutes les montagnes qui sont
à sa proximité, ont été levées au pas et à la boussole avec beaucoup d’exactitude
et de soin par M. Say, mort de la peste, après avoir été blessé au siège d’A cre.
Les autres routes, au midi de la précédente, ont été communiquées par M. Gra-
tien L e Père, qui en a fait la reconnoissance. Il y a une autre route qui va du
; ¡P Kaire à Soueys ; mais elle est peu fréquentée : c’est celle dont on a parlé à la
feuille 2 1 , reconnue par M. du Bois-Aymé. Les ruines qu’on croit être celles d’A r -
sinoé, à l’extrémité de la mer Rouge, ont été vues et déterminées par M. Gratien
L e Père. La continuation de la route de la Mecque, que l’on voit se diriger à
1 est de ces ruines, a été tracée d’après un itinéraire de voyageurs qui ont été
plusieurs fois à la Mecque.
Ne pouvant désigner ici la part que chacun de MM. les ingénieurs a eue
dans le nivellement et le plan de lïsthme de Soueys, on se bornera à rappeler
ici les noms de ceux qui ont coopéré à cette importante opération. C e sont
MM.
à
MM.
Le Père, ingénieur en chef, directeur ;
L e Père (Gratien), ingénieur ordinaire;
Saint-Genis, idem ;
Févre, idem ;
Chabrol, idem;
Favier, idem ;
D u Bois-Aymé, idem ;
Devilliers, idem ;
A libe rt, idem;
Duchanoy, idem;
Viard, élève ingénieur.
Voyez, pour de plus grands renseignemens, le Mémoire sur le canal des deux'
mers, E . M . tom. page 21.
F."' 24.', l e K a ir e .
C ’est dans cette feuille que finit la basse Egypte et' que la moyenne commence.
L e fleuve, après un cours de 960 kilomètres depuis l’île de Philæ jusqu’au
vieux Kaire, cesse de couler dans une vallée étroite. Le s: montagnes qui
forment son bassin changent de direction; et à 3 1 kilomètres et demi au-dessous
de cette v ille , il se divise en deux branches connues sous les noms de Rosette et
de Damiette: le développement de la première est de 229 kilomètres et demi;
Celui de la seconde est de 2 3 2 “ ',8. Ces branches, avec le littoral qui sépare
leurs embouchures dans la mer, et dont le développement est de i4<> kilomètres
et demi, composent le Delta moderne.
La chaîne Libyque, qui limite la vallée du Nil depuis l’île de Philæ jusqu’aux
pyramides, cesse de se diriger du sud au nord pour aller Vers le nord-ouest,
en diminuant de hauteur à mesure qu’elle approche de la mer; elle s’écarte peu
de la branche de Rosette et du canal de Baheyreh ou d’e l-A’sarah, qui en est
dérivé.
La chaîne orientale, connue sous le nom de A l0qat.tan ou Mont coupé ,est très-
élevée près du Kaire ; là elle cesse de se diriger du nord au sud pour aller vers
l’est, en conservant toujours sa hauteur jusqu’au Gebei el-Tâqâ, à 20 kilomètres
à l’ouest de Soueys. La mer Rouge lui sert de barrière ; car elle ne paroît pas se-
prolonger au-delà pour se lier aux montagnes de l’Arabie Pétrée, qui sont une
suite de celles de la Palestine.
Les élémens employés pour la construction de cette feuille sont considérables;
ils ne laissent, la plupart, rien a desirer pour la précision. On va les analyser successivement.
A notre arrivée au Kaire, en septembre l yyS, nous avons été chargés, pour le
service de I armee, de lever I enceinte de cette ville, de Boulâq et du vieux Kaire,
jusqu a la distance de deux kilomètres ; 1 urgence de ce travail ne permit pas d’abord
de former un canevas trigonométrique. On se borna pour le moment à choisir
dans la plaine d’Ibrâhym-bey, entre le Nil et le Kaire, un terrain uni; on y
traça une ligne parfaitement droite, qui fut mesurée exactement deux fois avec
une chaîne métrique bien étalonnée : la longueur de cette base se trouva être
de 1032”, 46.
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