
chacune de i m,J i et hautes de ¡" ,y o , qui entourent sans aucune interruption
ia c o u p o l e n étant séparées l’une de l’autre que par de simples montans.
L e haut de cette coupole est enrichi de fleurs peintes et d’autres ornemens arabesques
, parmi lesquels sont placées quelques petites inscriptions en caractères
modernes.
§. II.
Description de la M osquée du M eqyâs.
E n sortant du Meqyâs et de sa cour particulière, on repasse à gauche dans
la grande cour, et l’on rencontre, à l’occident de cet édifice, une mosquée qui
occupe tout l’angle de l’île qui est opposé à Gyzeh : cette mosquée a été construite,
sous les ordres du khalyfe el-Mostanser b-illah, par A b ou-Negm Bedr
el-Gemâly (i), son principal ministre.
L en tree de cette mosquée, qui dépend du Meqyâs et qui en porte vulgairement
le nom, se trouve à 1 extrémité méridionale de la grande cour commune à
ce monument et aux autres édifices qui l’entourent; elle en occupe toute la face
méridionale, et 1 on y arrive, du côté du midi, par un perron de quinze marches,
larges chacune d environ o"’,2 j et longues de 2 mètres, qui conduisent à la porte
principale.
C ’est au-dessus de cette porte que se trouve une dalle de pierre large de
o '.ô y et haute de o ”,9 0 , sur laquelle est gravée une seconde inscription Karma-
tique, dont je donnerai ci-après la transcription et la traduction (2).
En entrant dans la mosquée ( 3 ) ,on se trouve dans une galerie quadrangulaire
soutenue par des colonnes, et qui entoure la mosquée des quatre côtés; cette
galerie intérieure est simple du côté du nord et du midi, double du côté de l’occident,
et triple du côté de l’orient.
Les colonnes ou piliers qui soutiennent le plafond de cette mosquée, sont au
nombre de trente-huit, dont quatre angulaires.
Des pilastres sont aussi figurés sur les murs et correspondent aux piliers. Ils
sont au nombre de trente-deux. Les piliers ont om,8 d’épaisseur ; les demi-
piliers, o ” ,4 de saillie sur le nu du mur.
Les entre-colonnemens ainsi que la largeur de la galerie du nord sont de
2”,30. Des galeries du côté occidental, celle qui est le long du mur a 2m,6 o ; les
galeries intérieures du même côté, ainsi que' les galeries du côté de l’o rient, ont
3 mètres ; la galerie du midi n’a que 2”,4° . L e mur oriental de la mosquée est
mitoyen et commun entre ce monument et le Meqyâs.
L e mur septentrional borde la grande cour commune au Meqyâs et aux autres
édifices qui en dépendent. L e mur méridional et une partie du mur occidental
sont sur le fleuve, et les eaux baignent le talus de la muraille de revêtement sur
laquelle sont assis leurs fondemens.
(1) Abou-Negm Bedr el-Gemaly jU f l j o j -A (3) Voye^ le plan, planche 23 déjà citée.
(2) Page j 94.
C ’est du côté du midi qu’est la niche appelée Qiblah (i), qui indique le côté
de la Mekke, et vers laquelle se tournent les Musulmans quand ils font les prières
prescrites par leur culte.
Cette niche est placée dans un grand enfoncement, qui est aussi destiné à recevoir
la chaire ou estrade appelée manbar (2), où se fait le khotbah (3) • à droite
de cette niche sont, sur la même face, quatre autres enfoncemens moins grands
dont trois sont à la gauche et un seulement à la droite.
Du côté de cette même niche, sept fenêtres éclairent la mosquée; deux sont
placées à droite, et cinq à gauche : ces fenêtres ont jour sur le fleuve Six autres
fenêtres sont percées .dans le mur occidental, et sont éclairées, partie sur le fleuve
partie sur de petits bâtimens adjacens.
Cest sur la paroi extérieure de ce mur, en face de Gyzeh, qu’est placée une
troisième inscription Karmatique, que j’ai également recueillie, et dont je donnerai
ci-après la transcription et 1a traduction. Elle est gravée sur une table de
marbre blanc qui a o‘”,7 o4 de hauteur sur 07569 de longueur.
Pour parvenir a recueillir, par les procédés typographiques, cette inscription
placée sur un mur qui n a nul accès praticable, et dont le bas est battu par les
eaux du fleuve, ,e pris le parti, au risque d’être taxé d’imprudence, de me faire
suspendre sur une petite échelle avec des cordes attachées au haut de la terrasse
de la mosquée; et c es t sur ce frêle appui que j’ai été obligé d’opérer, au-dessus
des eaux profondes, dans lesquelles la plus légère inattention ou le moindre faux
mouvement pouvoit me précipiter.
La mosquée a environ 6 mètres d élévation jusqu’à la terrasse qui lui sert de
couverture.
Elle .est accompagnée, du côté du midi, d’un minaret construit avec assez
d élégance et haut d environ z/^. mètres.
La portion de terrain triangulaire qui se trouve entre une partie du mur occidental
de la mosquée et le fleuve, est occupée par diverses constructions servant
a 1 usage des desservans de cette mosquée.
L! Pr“ ,a ,paI de C6S petits bâtimens a 6 mètres de largeur, io m,4o de longueur
et 3 ,5 o d élévation. ’
(l) Qiblah aLs : ce mot signifie proprement et en général
l’endroit vers lequel on se tourne, l’endroit que l’on
a ou que l’on doit avoir devant-sot. Dans une signification
plus particulière, les Musulmans donnent ce nom
a la partie du monde où le temple de la Mette est situé,
et vers laquelle leur religion leur impose l’obligation de se
tourner en faisant leur prière. Cet endroit est toujours
in ique dans les mosquées d’une manière remarquable.
Persans donnent à Mahomet I’épithète de Pâd-
MUNim,oul iV< [ ie roi du Midi], indiquant
par cette dénomination, qu’ ils attribuent aussi
ta? °dquement au soleil, que le Prophète a établi le
O t t l! Î * Iekke> î ui «* situé au midi, pour être la
Qiblah des Musulmans.
sur IV V ° 'Ci CC qu'oI-Makyn raconte
1 cstrade que Mahomet se fit faire :
“ L’an 7 de sa mission, le Prophète, sur lequel soient la
» bénédiction de Dieu et le salut, résolut de se faire faire
” une astrade; et l’on rapporte que l’une de ses femmes
» lui dit : J ai un serviteur ouvrier en bois : lui comman-
” derai-je de te faire une estrade ! Le Prophète y consen-
” t't, c t j ’ouvrier lui fit une estrade de tetfd 'el-ghâbet
ȈfUII t iji [tamarisc sauvage], ou, suivant quelques-
»uns, de atlJS I f tamarisc bleu]: elle étoit composée
» de deux degrés et d’un siège. Avant que le Prophète
” eût fait faire cette chaire, il s’appuyoit sur un tronc de
» palmier, dans la mosquée , pendant qu’il y faisoit. le
” discours sacré. Cette estrade dura jusqu’au règne de
” Mo’âouyah ben Àby-Sofyàn, qui y ajouta six degrés,
” « eIIe ne r'Ç“ t plus d’autres changemens : le premier’
» qui la couvrit de draperies, fut O'tmân ben A’ffàn. »
(3) Voyez ci-dessus la note 8,page /jj.