
que l’auteur de la carte, à son arrivée à Paris, présenta à M. le général Andréossy
un mémoire sur les moyens à prendre pour parvenir à avoir une carte de l’Égypte.
M. le général Sanson, en prenant la direction du dépôt de la guerre, conçut
également le projet de former un atlas qui renfermeroit le plan des principales
villes d’Egypte, celui de tous les champs de bataille avec leurs relations, celui
de plusieurs monumens destinés à la défense des villes, et des forts et tours
construits pour le même objet. Ces divers plans, accompagnés d’un texte,
forment cet atlas de plus de quatre-vingts planches qui existent au dépôt de la
guerre. Ce travail est dû principalement aux soins de M. le général Sanson ;
l’auteur de la carte a seulement dirigé l’exécution des dessins, et fourni
quelques renseignemens pour le texte ; tous les dessins qui renferment des
monumens modernes ont été gravés, et font partie de la description de l’Égypte
moderne.
Depuis long-temps le premier Consul desiroit posséder la carte de l’Égypte ;
pour satisfaire à son impatience, on employa plusieurs mains, même peu exercées
au système adopté, pour écrire les feuilles, Enfin la carte fut terminée et présentée
au ministre de la guerre le i 3 octobre 1803, et au premier Consul le 16 du
même mois.
Après cette présentation prématurée, on s’occupa à corriger les noms écrits
avgc trop de précipitation, et à perfectionner le dessin de plusieurs parties de
la carte, faites trop à la hâte. On continua aussi le dessin de l’atlas.
L a commission de géographie se réunit au dépôt de la guerre le 19 novembre.
Il y fut arrêté qu’on supplieroit le premier Consul de permettre que la
carte fût gravée à la même échelle que celle à laquelle on l’avoit construite. Cette
demande fut accordée; et il fut décidé aussi, comme l’auteur de la carte l’avoit
toujours désiré, que les noms des villes, villages et objets principaux seroient gravés
en caractères Français avec les caractères Arabes à côté. .
Vers le même temps, M. Delaporte, qui avoit discuté tous les noms de la
carte, et qui les avoit transcrits en arabe sur toutes les minutes et dans les deux
systèmes, fut nommé chancelier - interprète à T rip oli de Barbarie. L ’auteur de
la carte proposa M. Raige, orientaliste, membre de la Commission d’Egypte,
pour continuer les travaux commencés par son collègue : il entra en fonctions
le 28 mars 1804.
L e premier Consul accorda les fonds nécessaires pour graver la carte. On fit de
suite toutes les dispositions pour réunir le nombre de graveurs nécessaire; e t, le
25 juin 18 c 4 , ils commencèrent la gravure de cet atlas en quarante-sept feuilles,
et celle de la réduction en trois feuilles. Tous les sujets employés n’avoient pas, à
beaucoup près, le même talent ; mais on donnoit à chacun d’eux le genre qu’il
connoissoit le mieux. M. Bartholomé, capitaine au corps royal des ingénieurs-
géographes, qui réunissoit aux connoissances de son état celle de la gravure, fut
adjoint à l’auteur de la carte pour diriger l’exécution du travail, qui demandoit
une surveillance et des soins perpétuels.
Il se présenta une difficulté qui fut heureusement vaincue; il falloit graver le
nom de chaque lieu en caractères Arabes, et aucun artiste n’étoit en état de le
faire. Pour y parvenir, il y avoit deux moyens à employer.
Dans le premier, il falloit apprendre à un graveur de lettres, non-seulement
à lire cette langue, mais encore à écrire ou plutôt à dessiner les mots pour les
tracer ensuite sur le cuivre. Dans le second moyen, il falloit qu’un graveur pût
écrire correctement chaque nom et d’une manière uniforme, en faire un calque,
le décalquer sur le cuivre à la place qu’il devoit y occuper à côté de l’objet qu’il
indiquoit, et le graver ensuite. On voit combien ce dernier moyen auroit été long
et difficile : aussi fut-il abandonné, et l’on s’en tint au premier, comme plus exact
et présentant une uniformité qu’il auroit été impossible d’obtenir du second. En
conséquence, M. Raige se chargea de former un sujet. L e graveur Miller profita
de ses leçons, et parvint promptement à lire, écrire et graver l’arabe. L a Bibliothèque
du Roi lui fournit de beaux modèles, qu’il sut parfaitement imiter
en trois mois de temps. C e ne fut qu’après que MM. de Sacy et Langlès eurent
approuvé ses essais, que, toujours dirige par M. Raige, il commença à graver les
noms Arabes sur la carte ; ce travail fut commencé le 13 novembre.
M. L e Pere aine eut besoin d une carte hydrographique de la basse Egypte,
pour y tracer les opérations du nivellement de l’isthme de Soueys; M. Gratien
L e Pere fut chargé de ce travail. Cette carte, a I échelle d’un mètre pour 4o o o o o ,
fut réduite d après la carte de 1 Egypte; on n’y plaça que ce qui pouvoir remplir
l’objet pour lequel elle étoit destinée. La gravure en fut faite dans les ateliers de la
Commission d’Egypte.
L a gravure de la carte et de la réduction se contmuoit avec zèle : on avoit pu
réunir le nombre de graveurs nécessaire pour la terminer assez promptement;
plusieurs setoient formés et perfectionnés depuis le commencement de l’ouvrage.
L auteur continuoit de ne rien négliger de tout ce qui pouvoit tendre à sa perfection;
il s’occupoit en même temps de la confection de l’atlas des villes, places,
champs de bataille, &c., et des moyens d’atteindre le but qu’il s’étoit proposé dans
son rapport fait à la commission chargée de la géographie, le 3 1 août 1803 : mais
la guerre avec 1 Autriche vint apporter des obstacles à ces travaux. L ’auteur fut
d abord désigné pour aller à l’armée ; ayant ensuite été jugé plus utile à Paris, il
fut chargé de la direction des travaux topographiques de l’intérieur du dépôt de
a guerre : il dut partager son temps, et fut souvent forcé de suspendre les travaux
rè at" s a la carte de 1 Egypte, pour se livrer en entier à ceux que lui imposoient
ses evoirs et que les circonstances impérieuses de la guerre ne permettoient pas
d ajourner. Cependant la gravure n'éprouva aucun retard, et vers la fin de 1806
elle étoit très-avancée.
A u commencement de ,8 0 7 , il fUt enfin décidé qu’elle feroit partie de la
Description de l’Egypte, et la Commission chargée de diriger l’exécution de ce
grand ouvrage fut autorisée à prendre les pians des villes et des monumens
renfermés dans l’atlas qui se faisoit au dépôt de la guerre et dont on a parlé
plus haut. On en présenta un exemplaire au ministre de l’intérieur le t septembre
1807.