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6 7 2 D E S C R I P T I O N D E L A V I L L E D U K A I R E .
O n peut aussi consulter les planches 4 <, 4* et 43 (-É- m. voL I , ) , representan
une sorte de panorama de la place Ezbekyeh, dans lequel on voit plusieurs m0
quées. 11 sera facile de les reconnoître sur la liste, en s’aidant du plan top0gra
phique et en se plaçant au point de vue.
Toutes les autres mosquées sont désignées et leurs noms soigneusement inscrits
dans la liste qui forme le chapitre précédent; il seroit inutile de les énumérer
les plus importantes ont été distinguées plus haut dans la Description abrégée R j
il ne me reste ainsi que quelques mots à ajouter sur deux d’entre elles. La mosquée
Gâma’ Soultân el-Ghoury (2 ), dans la.rue de ce nom, est fort grande, et divisée *
en deux édifices situés sur les deux côtés de la rue ( 3 ). L a mosquée el-Hasaneyn '
est aussi grande et aussi belle ; les femmes ont le droit d’y entrer le septième jour
de la semaine, nahar el-sahbt (4).
Les mosquées d’une petite étendue, ou chapelles, sont en général désignées sous I
le nom de lâouyeli ; le nombre en est considérable, environ cent soixante. Tous!
ces édifices consacrés au culte sont fréquentés chaque jour avec assiduité et avec |
ferveur par la population du Kaire.
5 .0 h ô p i t a u x ; t e k y e h ; c o u v e n s m u s u l m a n s ; é g l i s e s , & c .
On ne peut, sous aucun rapport, comparer le Kaire aux villes de l’Europe en ce
qui regarde les fondations pieuses ou charitables; mais ce seroit aussi une erreur
de penser qu il est tout-à-fait dépourvu de ce genre d’établissemens. C e n’est pas
toujours en raison des progrès de la civilisation que les peuples sont enclins à la
compassion et portés a soulager le malheur ; seulement, il est vrai de dire que le
despotisme a laissé périr les établissemens formés pour ce but. Il a existé au Kaire,
il y a cinq à six siècles, plusieurs hôpitaux destinés à recueillir les infirmes, les
malades, les aliénés; il n’en reste plus qu’un seul, le Mouristân, où les aliénés des
deux sexes sont réunis : nous le décrirons dans un instant. Le s tekyeh sont des !
maisons où l’on reçoit quelques voyageurs pauvres, ou des personnes recommandées:
ils y trouvent 1 hospitalité gratuite; on leur donne même la nourriture,
soit aux hommes bien portans, soit aux malades. C e sont aussi des fondations
faites par les anciens sultans ou par d’autres princes. L e nom de tekyeh se
( 1 ) Voyez ci-dessus, pag. 583.
(2) Cette mosquée passe pour dater de l’année 933 de
1 hegire ; mais notre auteur Arabe ne permet guère qu’on
lui donne une date aussi récente, puisque l’histoire du
prince de ce nom nous apprend que le sultan el-Ghoury
est mort en 922, dans le combat qu’il livra au sultan
Selym.
(3) On n’en a indiqué qu’un seul sur le plan (voyez
planche 26, n.° 305, K-6).
(4 ) Ibid. (n.° 212, I-5.) Suit la liste de trente-cinq
autres grandes mosquées du Kaire qui n’ont pas été décrites
ci-dessus :
Gâma* e l - Yesbak, ornée de quarante colonnes;
el-Kykhyeh, Mesdâdeh, el-Mardâneh, el-Ghamry, el-
Cha’râouy, A ’mro.u derrière le vieux Kaire (extérieure ) ,
Sitty Zeyneb, el-GâouIy, el-Senânyeh, Iskander, el- i
Meskeh, el-Imâm ( aux tombeaux de ce nom), Mohara-
med-bey, el-Sâleh (près le Nahhâsyn devant le Mou- 1
ristân ) , Seyyd A’ouâm el-Dyn , el-Zâyed ; Cheylli
A ’ryan,ornée de sculptures; Cheykh el-Gouhâry, petite,
mais bien bâtie; Soultân-Qeysoun, el-Seyyd Omm 1
Qâsem, Imâra el-Châfe’y, el-Barâde’yek, el-Sâleh (quartier
de Bâb el-Zoueyleh ) , A’bdyn, el-Tabbakh Bâb el-
Louq, el-Roue’yy , el-Tabbakh Bâb el-Cha’ryeh, el-
Bayoumeh, el-Kourdy, el-Souto’hyeh, Bâb el-Foutouh,
el-Mahallaq, el-Dâher ( extérieure), Abou el-So’oud. On
trouvera les lieux où elles sont situées /en consultant la
liste. J’ai noté dans mon journal 360 minarets et 750 mosquées
de toute grandeur; mais ce dernier nombre est fautif
et pèche par excès.
I l
1 *f 1 II
M O N U M E N S , P O P U L A T I O N , I N D U S T R I E , & C . ^ 7 3
donne, a A lep , a des couvens ou séminaires de derviches; et ce même nom
s applique, dans le Kaire, a un hôpital de derviches, comme on le verra plus
loin ( page ■jjgjg On peut enfin regarder comme des fondations de hienfki-
sance les nombreuses fontaines et abreuvoirs publics, et les-écoles gratuites
qui les accompagnent souvent. Des sultans, des beys, des hommes riches ont
fin elever ces batimens à leurs frais, et ont légué en mourant certaines sommes
dont les intérêts servent a entretenir les édifices et à couvrir les dépenses
annuelles. Les noms de ces bienfaiteurs sont attachés à leurs ouvrages, et prononcés
par le peuple avec vénération. Il n’est pas question ici des donations ou fondations
religieuses destinées à l’entretien des mosquées ; elles sont très-nombreuses en
Egypte: on les nomme rizâq, pluriel de n zqa h; ce nom générique s’applique aux
deux especes de fondations. Celles qui ont été faites par les souverains, sont surnommées
soultâny ; les autres s’appellent spécialement ouâqf. On peut regarder les
unes comme des legs publics, et les autres comme des legs particuliers ( i ). Une partie
des ouâqf est destinée à l’entretien des mosquées, des collèges et des couvens de
derviches, aux pneres qui se font sur les tombeaux et dans les grandes fêtes, aux
dépenses qu il en coûte pour jeter sur les tombeaux des (leurs et des feuilles de
palmier à certains jours de l’année; une autre partie des ouâqf est employée en
aumônes pour les pauvres et les aveugles, et en secours donnés aux hôpitaux;
enhn un grand nombre d ouâqf est consacré à l’entretien des citernes et des écoles
publiques (2), et ce nom se donne même aux legs faits en fkveur des écoles. Enfin
on doit comprendre au nombre des établissemens de ce genre les dervicheries ou
couvens de derviches, qui ont été fondés au Kaire à différentes époques, plrce
que les voyageurs y recevoient l’hospitalité. Nous avons mentionné à l’occasion
des mosquées ceux que Saladin et d’autres princes ont fait construire.
Lauteur inédit dont nous avons souvent parlé, cite l’hôpital de Mouyed-
cheykh, eleve par le fils du sultan Barqouq sur l’emplacement du collège el-
Echrofyeh; nous ignorons ce qu’est devenu à son tour cet hôpital, et nous ne
connoissons de subsistant que le grand Mouristân (3).
Un hôpital du nom de Mouristân existoit à Damas au temps de Thévenot, dès
Iannee 831 de l’hégire [14 2 7 ]. On y prodiguoit aux malades des alhnens recherches
: ils y jouissoient des plus grandes douceurs et de toutes les commodités de
a vie. L e Mouristân du Kaire est encore plus célèbre que celui de Damas • dans 1 origine il ne servoit qu’à recevoir les aliénés. On peut voir dans les écrivains
Arabes 1 origine de cette fondation, qui remonte, selon Maqryzy, à la petite-
e de M o e z z le-dyn-allah, et selon quelques-uns, mais à tort, au fils d’Ebn-
(1) M. Silvestre de Sacy, d’après Maqryzy, appelle du
nom de ouâqf une terre léguée et affectée à des établissemens
religieux, et regarde rizqah comme signifiant
proprement pension alimentaire, ou pension en généra!,
¿après la racine ffigSfournir à quelqu'un sa subsistance.
Selon ce savant, rizqah n’est point une expression génétique
comprenant toute sorte de fondations pieuses.
(2) Plusieur# de ces riqâq ont une destination qui paraîtra
singulière; savoir : de nourrir des chiens errans
ans les rues de là ville, ou de pourvoir à la nourriture
des oiseaux, ce que l’on fait en répandant du grain Siir
les minarets, témoin celui delà mosquée de Touloun,
surmonté d’un grand vaisseau que l’on entretient plein
de grain dans tous les temps de l’année, et qui a plus
de 10 pieds de longueur: aussi l’on voit sans cesse une
multitude de tourterelles voler autour de cette haute
sommité.
(3) Cet établissement, selon M, de Sacy, doit être
désigné sous le nom de bymiristin, (Relation
d.1 A ’bd el-Latyf, pag. 89 et 44.1 ).
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