
C ’est le père qui nomme son enfant : il réunit, à cet effet, ses amis et ses parenJ
le septième jour après la naissance; et le nom qu’il choisit est ordinairemeJ
celui de l’aïeul de l’enfant, si c’est un garçon : les filles reçoivent un nom que|]
conque, mais qui fait toujours allusion à une fleur ou à quelque objet gracieuJ
puisé dans la nature.
s. m
Circoncision.
L a circoncision est en usage parmi les musulmans; mais elle est considéré«
différemment par les sectes diverses. Les C h ife'y la regardent comme un devoil
religieux et indispensable : les sectateurs de Hanafy pensent au contraire que tel
acte n’est que méritoire ; ils avouent qu’un homme peut être bon musulina1
sans la circoncision , mais que cependant il doit s’y soumettre, s’il n’a pas d J
raisons assez puissantes pour s’y refuser.
L ’àge où cette cérémonie doit avoir lieu n’est point fixé ; il suffit que les enfin!
mâles soient circoncis avant la puberté, parce qu’alors ils doivent se livrerai!
prière , et que l’on ne peut avoir la pureté que Mahomet recommande pour cel
acte religieux, si le prépuce n’a pas été enlevé.
Lorsqu’un père veut faire circoncire son fils, il le conduit à la mosquée; l’imànA
prie pour le jeune homme, qui sort ensuite et trouve à la porte du temple uni
foule de parens et d’amis : ceux-ci le ramènent par de longs détours, au bruit da
plusieurs instrumens et avec beaucoup de pompe, jusqu’à la maison de son pèr!
Lorsque l’enfant appartient à une famille riche ou puissante, il est monté sur ml
beau cheval superbement caparaçonné. D e retour chez lui, on sert un festin,auquefl
tous les parens et amis sont conviés; à l’issue du repas, le barbier ampute le prépucH
avec un rasoir, et arrête l’hémorragie au moyen d’un astringent. Tous les convive!
s’empressent alors de faire des cadeaux au circoncis. Les femmes n’assistent pas i
cette fête; dans les dernières classes du peuple seulement, elles accompagne*
l’enfant à la mosquée et le ramènent : mais leur sexe n’est point soumis à II
même opération.
Cependant les filia l et les Arabes des campagnes coupent le clitoris aux fille!
Le s Turcs et les habitans des villes blâment cette pratique, à moins que la longueal
de l’organe ne nécessite en quelque sorte l’amputation; mais ce cas est bien rara
Les Qobtes ont aussi la circoncision, comme nous l’avons déjà dit : leurs enfanl
mâles la subissent à l’âge de huit ou neuf ans; et les filles, à peu près à la mena
époque. Nous avons fait remarquer l’antiquité de cette pratique en Egypte, e |
nous ajouterons que les Juifs, élevés parmi les Egyptiens, l’ont également apporte®
en Palestine. Ce rapprochement a quelque chose d’assez piquant, il n o u s semble!
pour mériter l’attention; nos collègues l’ont déjà fait avant nous, et n o u s ne 11
répétons ici que parce qu’il y trouve naturellement sa place.
Chez les musulmans, la circoncision est comme le premier pas dans le monde I
jusqu’alors les enfans n existent, pour ainsi dire, qu’au physique : mais après cette
époque la vie morale commence pour eux; on les initie à la prière, aux sciences
et au x arts. Ils avoient deja fréquenté les écoles, à la vérité; mais les professeurs
n’a v o ie n t rien exigé de leur jeune intelligence. La circoncision est le terme où
finit pour un Égyptien l’enfance avec ses frivolités : il naît une seconde fois, s’il
est permis de le dire ; mais il naît homme.
s. ni.
Première Education..
M a h om e t a fixé lui-même dans le Qorân, dans c e code religieux et politique
à-la-fois, l’âge que l’enfant doit avoir pour commencer son éducation morale;
«Fais-le jouer pendant sept ans, dit-il; instruis-le et corrige-le les sept autres
»années suivantes ; conduis-le sept autres années dans le monde pour qu’il en
» apprenne les usages : il est alors homme parfait. » Cependant, comme les médecins
prétendent que lés facultés de l’esprit se développent dès les quatre ou
cinq ans, le père qui a fortement à coeur l’instruction de son fils, le fait quelquefois
commencer à cet âge ; il fréquente au moins les écoles pour se familiariser
avec les caractères, et pouvoir les connoître sans e ffo r t, lorsque le
maître ou ses parens le jugent capable d’une application sérieuse. Les parens Sont
tenus de donner à leurs enfans une éducation proportionnée à leur fortune, ou
de leur faire apprendre un métier ; l’art de lire et d’écrire passe avant tout ; mais
ce talent n’est pas indispensable ni même général, puisque le plus grand nombre
¿es filia l et des hommes du peuple ne le possèdent pas. On peut tout au plus
évaluer à un tiers de la population mâle du Kaire le nombre de ceux qui savent
lire et écrire ; ùn va même jusqu’à réduire ce nombre à un quart seulement.
il est bien rare de voir un Égyptien se charger du soin d’élever son fils : les
hommes sont naturellement trop portés au repos pour entreprendre une tâche
si difficile; ils envoient leurs enfans auxi écoles, sous le prétexte qu’ils ne les corrigeraient
pas avec assez de sévérité en les instruisant eux-mêmes. Les riches y
font conduire les leurs par un domestique; les pauvres les accompagnent, ou
tien un sous-maître les rassemble et les emmène tous. On apporte le repas des
enfans de famille, et ceux-ci le partagent avec leurs camarades indigens. Cette
coutume, qui a sa source dans une philosophie véritable, est générale parmi
les musulmans ; ils apprennent de bonne heure à devenir charitables, et leurs
inclinations bienfaisantes, favorisées par les préceptes religieux, croissent avec 1 âge.
De là provient encore la parfaite égalité qui règne entre eux : ils ne connoissent
pas les distinctions attachées à la naissance, et la fortune même ne donne qu'une
distinction relative. Faut-il qu’avec des institutions si philantropiques on trouve
encore un mélange de barbarie, et pourquoi la Providence a-t-elle imposé des
tanières à la sagesse des hommes!
Les grands n’envoient pas toujours leurs fils dans les écoles publiques. L es filles
t. M. T O M E I I , partie. Ddd a