
transmis par les anciens, présente des doutes, les ruines des temples, des palais,
les obélisques, les tombeaux qui existent encore, et beaucoup d’autres vestiges
répandus sur les deux rives du fleuve, et épars sur une étendue de plus de
quatre lieues, sont des témoins irrécusables de la grandeur et de la magnificence de
cette ville, dont les débris font encore l’admiration des voyageurs.
L e plan qui en a été levé, à l’échelle d’un mètre pour 2000 mètres, par
MM. Jollois et Devilliers, est appuyé sur une trigonométrie faite par M. Nouet,
secondé de M. Coraboeuf.
Ils mesurèrent une base de 423m,a dans la plaine de Thèbes, dont l’extrémité
nord-ouest sappuyoit sur le Memnonium, ou palais de Memnon; l’angle de
direction a été trouvé de 39° 30’ nord-ouest : avec cette base on a formé
trois triangles, l’un à Medynet- A bou; le second, avec le colosse de Memnon;
et le troisième, avec Qournah. La distance de Qournah au signal sud-est de
la base a donné deux autres triangles : l’un avec Louqsor, et l’autre avec Karnak.
On a ensuite réduit les positions de ces lieux en distances à la méridienne et
à la perpendiculaire du palais de Memnon.
L e tableau suivant donne la valeur des angles, celle des côtés des triangles,
et les distances de leurs sommets a la méridienne et à la perpendiculaire ■
N.**
des
triangles.
SOMMETS DES ANGLES.
V A L SURS
des côtés.
D IS T A N C E S
de chaque triangle
ANGLES
QUE FORMENT LES SOMMETS
de chaque triangle
avec la méridienne et les objets
suivans.
CÔTÉS.
des angles. à la méridienne. à la perpendiculaire.
Medynet-Abou................. 19« 01' Ja" 4a3m»1* «93m»3* O. 890™,5. S. Palais de Memnon 4.50 07' 08" N.e.
Signal nord-ouest, ou palais
de Memnon................. 84. 37. 08. 1292, 3. 0, 0. O, O. 00. 00.00. | «
Signal sud-est................... 7d. ai. 00. ladi, 3. 269, 4- L. 3ad, 4. S. Palais de Memnon 39. 30.00. N.O.
Colosse de Memnon........... 37. 30. 03. 423, a. 70, 0. O. ' d8d, 2. S- Palais de Memnon 5 . jo. 18. N.E.
a. Signal nord-ouest de la base. 4;. ai. 18. 494» 6-
Signal sud-est de la base.... 97. 08. 39. 689, 8.-
Qournah.................. 13. 19. 19. 4zy, a. 1714, 1. £ . d3i, 0. N. Palais de Memnon 69.49. 3 5. S.O.
n Signai nord-ouest.’. .......... 70. 40. a * . , «733» a -
Signal sud-est................... 9d. 00. id. 1826, d.
Louqsor...................... ad. 44. .a. *733» 2- 2650, 4. E. 2728, 0. S. Signai sud-est.... 44. 33.11. N.O.
4- Qournah.................... 74. 19. 15. 33«1» 7-
Signal sud-est................... 78. 56. 33., 37«'» °-
Karnak-....... .................... 20. a4. 4a. >733» *■ 459<5, 8. E. 893, 1. S. Signal sud-est.... 9d. 58. 52. N.O.
1 Qournah.......... 118. 3d. 42. 43*4» a.
Signal sud-est................... 40. 38. 3<S. 3ado, 2.
Ces positions ont servi de bases au plan que l’on a réduit sur la. carte avec
beaucoup d’exactitude, en conservant tous les détails que l’échelle a pu comporter.
M. Simonel, en levant à l’échelle d’un pour 4o o o o le cours de la vàllée
depuis Esné jusqu’au-delà de Thèbes, a aussi donné ce plan, auquel, malgré son
exactitude, on a dû préférer celui de MM. Jollois et Devilliers, levé à une
échelle vingt fois plus grande.
L a partie de la carte qui représente la vallée du Nil, dans le sud de Thèbes,
est fort exacte. L e plan SHermontlùs et des environs a été réduit d’après celui
qui a été levé par M. Jomard.
C ’est dans cette feuille que l’on a commencé à faire usage des reconnois-
sances : on s’occupoit avec zèle de les remplacer par des levés géométriques,
lorsque les événemens militaires forcèrent d’abandonner cette marche.
L a reconnoissance qu’on a été contraint d’employer ici a été faite au pas et
à la boussole, et construite à l’échelle d’une ligne pour 100 toises, par M.Schouani,
dont l’expérience et l’habitude de lever à vue et d’apprécier les distances doivent
donner de la confiance dans ses travaux. Il a reconnu de cette manière toute
la haute et la moyenne Egypte, depuis le Kaire jusqu’aux cataractes.
L a reconnoissance dont il s’agit ici est appuyée sur les points de Qené et
Louqsor, déterminés par des observations astronomiques : elle comprend l’ancienne
Coptos, e t, sur la route de Qoceyr, les puits de la Gytah, qui paroissent
être la première station de la route établie entre Coptos et Bérénice par Ptolémée
Philadelphe.
L a vallée ( c’est-à-dire, le terrain susceptible d’être arrosé par les débordemens
du Nil) s’élargit sur la rive gauche; mais, près des ruines de Qe ry , elle devient
très-étroite : elle s’élargit ensuite insensiblement, et, au coude que forme le fleuve
près de Rezgat, elle a 2 kilomètres ; de ce village aux ruines de Thèbes, sa
largeur excède 7 kilomètres.
Sur la rive opposée, en face des ruines de Qe ry , la plaine n’a qu’un kilomètre
de largeur ; mais, en face de Rezgât, elle en a jusqu’à 4- D e là elle se
rétrécit progressivement, et le désert vient enfin border le fleuve pendant un
espace de y kilométrés ; il s en écarte ensuite, et la plaine acquiert une largeur
de 6 kilométrés, quelle conserve jusqu’à Thèbes. Au-dessous des ruines de cette
ville jusqua Q en e, la largeur de la plaine varie de 3 à 7 kilomètres; et, sur la
rive gauche, la largeur moyenne est de trois environ : elle est réduite à un kilomètre
et demi en face de Qené.
F.llc 6.', V a l l é e d e Q o c e y r .
D ans la feuille precedente, on a vu, au-delà du puits de la Gytah, la route
qui conduit a Qoceyr; nous allons indiquer comment cette route a été levée,
et pour quels motifs nous nous sommes déterminés à la tracer sur la carte.
L e port de Qoceyr, situe sur la rive orientale de la mer Rouge, sert d’entrepôt
au commerce de la haute Égypte et de l’Yémen. Le 9 prairial an 7 [ 28 mai
' 799]> les généraux Belliard et Donzelot prirent cette ville, distante de Qené de
132 kilomètres en ligne droite, et de 202 kilomètres par la route ordinaire.