
les distances du lieu où étoit assis le camp de l’armée Française aux principaj
lieux de la ville, notamment au grand minaret; ensuite, de déterminer J’encei®]
du côté de la terre; enfin, d’en lever exactement les environs, à l’échelle d’J
pour y o o o , dans un rayon de 2 kilomètres. O n mesura ensuite dans la plaJ
une hase qui se lioit à ce premier travail, et, des extrémités de cette hase,01*
dirigea des rayons visuels sur tous les objets visibles, quel que fût leur éloigne
ment. Ces nouvelles opérations donnèrent exactement, entre autres position^
celle d’un sommet assez dominant, occupé par notre cavalerie, éloigné d’Aq
de 6 kilomètres, et nommé par l’armée redoute Detroye, du nom d’un colon!
du génie qui trouva sous les murs d’A c re une mort glorieuse. D e ce poinl
on détermina la position du couvent du C a rm e l, celle de plusieurs somm]
de cette montagne et de divers objets déjà observés des extrémités de la bd
Nous nous transportâmes au couvent du mont Carmel, e t , de ce point, iJ
objets qui avoient été observes le furent de nouveau, ainsi que tous ceux d
se trouvoient autour de nous. Cette opération, faite à la boussole, donnai]
position du mont KafrMendah, du mont Qabr Simâny, du minaret d’Acrt]
du château de Geddyn,&c. ; c’est sur ces points que l’on s’est appuyé pour letj
tous les détails: on peut donner comme exacts, à yo mètres près, la distant
du mont Carmel à A c re , tout le littoral qui sépare ces deux endroits, aiq
que le pays qui les environne.
L a partie de cette feuille comprise entre la mer, la chaîne de montagnes
en est à 20 kilomètres vers l ’est, le mont Saron au nord, qui se trouves]
la feuille suivante, et la rivière d’A cre au sud, a été levée à la boussole et vJ
dans tous ses détails.
Nous avons également levé à la boussole la route qui conduit d’Acre à Ja|
et suit les bords de la mer jusqu’au-delà du Carmel, en nous appuyant, comn|
ci-dessus, sur les points que nous avions déterminés. On est parti des mênl
bases pour lever le cours du Keysoum, ses environs depuis son embouchure ja
qu’au pied du château d’el-Qyreh, à l’entrée de la plaine d’Esdrelon à l’ouest, ab|
que la route qui conduit de ce château ruiné à A c re , et les objets qui l’avoisinell
Les routes d’Acre à Chafâ-A’m r , à O'bellyn, à Bedâouy, Safoureh, Nazaretii
Cana, et au bazâr, au nord-est du mont Tabor, ont été levées par les mênl
procédés.
On avoit parcouru les environs d’A c re à 1 y kilomètres de distance, et fri
attendoit une occasion favorable pour rejoindre la division Kleber, campéet!
pied du mont Tabor, près des rives du Jourdain ; elle se présenta : le généns
en che f nous envoya à cette division pour lever les champs de bataille de Nazi
reth, de Cana et du mont Tabor, « où une poignée d’hommes bien disciplinl
» avoit triomphé d’ennemis aussi nombreux que les étoiles du ciel (1). » N01I
avions de plus à reconnoître le fleuve du Jourdain.
(1) Paroles du grand-vizir Yousefà son armée, en Les Français étoient au nombre de quatre millfj
passant sur le champ de bataille du mont Tabor, après leurs ennemis, de trente-cinq mille hommes,
la bataille d’Héliopolis. •( Courrier de VÊgypte, n.° 89. )
Le général Kleber nous accorda toute la protection et les secours qui dépen-
doient de lui pour faciliter notre mission ; mais malheureusement, peu de jouis
après notre arrivée, il partit avec sa division pour se rendre devant Acre.
Voici le détail des opérations que l’on a pu faire dans ce court espace de
temps.
Nous avons pris plusieurs angles à la boussole, à divers points de la chaîne de
montagnes située entre Cana et Nazareth, et qui se dirige du sud au nord; on
avoit pour bases le mont Carmel, le mont Kafr Mendah, et quelques positions
intermédiaires. De ces diverses stations, on a tiré des rayons visuels sur plusieurs
objets au sud et à l’çst, particulièrement du mont Qabr.Simâny, où le général
Kleber avoit fait construire une redoute ; de ce point culminant, on découvre
toute la vaste plaine d’Esdrelon et le mont Hermon, qui la limite vers l’e st
Les points qui ont été déterminés sur la chaîne dont on vient de parler,
ont servi pour lever toute la partie sud de cette chaîne et le bassin où se trouve
Nazareth, lieu si souvent cité parmi les Chrétiens, et qui n’est aujourd’hui qu’un
petit bourg, remarquable seulement par son couvent et son église.
Ces mêmes points ont servi pour fixer la position du mont Tabor. D u
sommet de cette montagne entièrement détachée de la chaîne, on a une vue
magnifique : à l’ouest, on voit à ses pieds la belle plaine d’Esdrelon ; à l’est, on
découvre le lac de Tabaryeh, plus loin la ville de Safed, e t, au-delà, les monts
de Kana’ân ; dans le lointain, vers l’est, on aperçoit les montagnes du Hauran,
et, au sud, le mont Hermon.
Nous avons remarqué, de ce lieu jadis célèbre et aujourd’hui couvert de
ruines, que la chaîne qui traverse la Syrie est interrompue au pied du Tabor,
entre cette montagne et le mont Hermon, de sorte qu’il est difficile de préciser
le point de partage des eaux qui se rendent, partie au Jourdain, et partie
dans la Méditerranée. A u nord , cette grande chaîne ne s’aperçoit que par
quelques sommets isolés, et ce n’est qu’au-delà de Ramah qu’elle commence
à se distinguer facilement et à s’élever progressivement jusqu’aux montagnes du
Cheykh, Gebâl el-Cheykh, à l’ouest de Damas. D e cette montagne, on a tiré des
rayons visuels sur une multitude de points, et l’on a eu occasion de les recouper
par d autres rayons, pour en fixer la position.
Ces lieux étant déterminés ont donné des points sur lesquels on s’est appuyé
pour lever une partie du cours du Jourdain. On a d’abord suivi la route qui
conduit du bazâr au pont de Magma’ , en faisant diverses stations pour la déterminer,
ainsi que les ravins qui la traversent et qui forment par leur réunion
le ruisseau qui se jette dans le Jourdain, à environ trois kilomètres au-dessous du
pont de Magma’.
De ce pont, on a remonté le fleuve, par la rive droite, jusqu’à sa sortie du
lac de Tabaryeh, et par diverses stations on est parvenu à lever toutes ses sinuosités
et 1 embouchure de la petite rivière d’Yârmouk; on a également pu tirer des
rayons visuels sur les coudes principaux de cette rivière, dans une étendue de
plus de dix kilomètres, et par conséquent fixer leurs positions.