
» répandre de ce côté-là dans les terres, Memphis risqueroit d'être entièreme
» submergée. Menés, leur premier roi, fit bâtir, au rapport des mêmes prêtres |
» ville qu on appelle aujourd’hui Memphis, dans l’endroit même d’où il 'aVÿ
» détourné le fleuve et qu’il avoit converti en terre ferme ( i ) , &c. »
Hérodote ne précise pas la distance de la grande pyramide au Nil, ni à la vil
de Babylone, dont il ne fait pas mention. Diodore fixe à quarante-cinq staj
la distance du Nil a la pyramide de Chemmis (2). Si, dans cette indication l'oj
adopte, non le petit stade Égyptien de y 1 toises [99’",40], qui seroit évidemm J
beaucoup trop petit, mais le stade Grec de 95 toises [ 18 5 ” 1 6 ] , qu’il paroittJ
que Diodore a employé dans son H is to ir e on trouve que cette distance est dJ 4*75 toises ou de 8332” ,13.
C e tte indication coïncide avec celles qui sont données par la nouvelle carj
du grand atlas ; mais elle est plus forte de 1200 mètres que celle déduite d J
calculs astronomiques dans l’évaluation de la distance directe de la tour d j
Janissaires à l’axe de la grande pyramide de Gyzeh. Cette distance peut avol
été déduite dune marche itinéraire, qui seroit, dans ce cas, d’un septième J
sus de la marche en ligne directe.
Je ne parlerai pas des autres indications de ces mêmes distances données J
Strabon et Pline, parce que toutes deux sont inexactes, et, sans doute, approj
matives. J en ai parlé dans mon Mémoire sur les pyramides, que j’ai communi J
a MM. de Chabrol et Jomard, spécialement chargés de ce travail.
” On sait par les historiens Arabes que le bras de ce fleuve qui longe à l’o r iJ
l’île de Roudah, fut un canal creusé par la main des hommes. Je ne doute pas J |
ne soit celui qui fut recreuse par les ordres d’Adrien, et qui, baignant les mui>|l
de Babylone, passoit à cette époque dans la direction des vestiges encore appil
rens d’un canal qui longe le côté occidental de la ville du Kaire.
Je conclurai de ces diverses citations que le Nil, depuis l’an 245 de l’hé«¡tel
[ 861 de notre ère ], époque de la construction du Meqyâs de Roudah, subsiiiui
au Niiometre des Qobtes ou Chrétiens sous les empereurs Romains, n’a pas seiii-l
blement varié l’emplacement de son lit, depuis la domination Romaine jusqu'à » i l
jo u r s , ni même, comme nous l’avons dit plus haut, depuis Ménès, c’est-àdire*
depuis 4760 ans environ que ce Pharaon régnoit à Memphis, alors capitale d «
la basse Égypte.
4- G e s t principalement aux deux lignes horizontales, indiquant les ordonnes;!
des basses et hautes eaux du fleuve de la crue extraordinaire de 1800, que lo i !
doit reporter son attention dans la comparaison des divers points de la vallée di I
N i l, entre la ville du Kaire et les pyramides; ces deux ordonnées étant cotées, !
par rapport au plan général de nivellement de l’isthme, savoir :
L ign& des eaux du Nil en , 800. j * tiage’ ,e 4 ••
( Crue ( Maximum de la ) .. le 4 octobre ( 3 )
Crue extraordinaire et effective èn 1800.....................................
3 ' i o '
10. 3.
53" 311'
4; , 44s-
■ 4- 17- 7, 884.
(1) Herod. Iiv. i l , S- 99. Voyez la iraduct. Franç. de (2) Diodore, Bibl. hist. Iiv. I I , chap. 11.
Larcher, I ans, an 11 [ 1802], tome I I , pag. 76. (3) Nous avons rectifié l’ordonnée de la crue de iM
On voit par la ligne supérieure marquant l’inondation de 1800, que toute
la plaine de la vallée, d’une montagne à J’autre {g ebda l» g eb el, comme disent
les Arabes], a généralement été recouverte par les eaux de la crue extraordinaire
de cette année.
Ç Nous terminerons ces observations par celles que suggère le travail fait de la
main des hommes dans les deux montagnes qui bordent la vallée du Nil : j’entends
parler du puits de Joseph, creusé dans la citadelle du Kaire, à l’orient, et de celui
qui a ete également creuse ou du moins ébauché sur la montagne occidentale
dans l’intérieur de la grande pyramide. Ces puits rappellent le besoin si vivement
senti dans tous les temps en Égypte, de la présence des eaux du fleuve dans les
Jieux adjacens a sa vallée et que la nature en a privés.
I . ° P U J T S D E JO S E P H .
6.° J’ai dit dans mon Mémoire sur la province de Gyzeh, en parlant de la ville
du Kaire, que le fond du puits de Joseph, taillé dans la roche calcaire de la
citadelle, attenante au pied du Moqattam, et dont la profondeur de ses deux
parties distinctes est de 90” ,60 [ 27 8J 10° n 1] jusqu’à sa ligne d’eau, avoit
dû incontestablement être creusé jusqu’au-dessous des basses eaux du N il; je
dis incontestablement, parce qu’il est généralement reconnu que le sol ’ de
IÉgypte, naturellement sec et aride, et privé deau de source comme il est
privé des eaux de pluie, n’a et ne conserve que l’eau douce qu’il reçoit par
infiltration du fleuve, et sur-tout dans le temps de ses débordemens annuels.
Ce nest donc pas seulement ici d’après une hypothèse vraisemblable, que j’ai
porté pour hauteur de la montagne où est creusé le puits de Joseph, dans la citadelle
du Kaire, la profondeur même de ce puits, quand j’en ai reporté le fond à
la ligne des basses eaux du Nil. La hauteur du profil en ce point, quoique ne
résultant pas d’une opération de nivellement, est donc admissible et physiquement
démontrée, à un ou deux mètres d’approximation. Si l’on observe que la
profondeur de ce puits n’est portée par M. Jomard que jusqu’à la ligne d’eau (i),
on admettra facilement qu’elle a dû être primitivement de deux ou trois mètres
plus bas, et qu’on peut porter sa margelle, et conséquemment la hauteur de la
montagne, à 93 mètres environ au-dessus de la ligne des basses eaux du Nil,
2 . ” P U IT S D E L A G R A N D E P Y R AM ID E .
• 7'° ^,Uant au Puits de ,a grande pyramide assise sur la montagne occidentale,
située à l’opposite de celle du Kaire, on ne peut pas douter, d’après ce qu’en dit
Herodote, qu’il n’ait été creusé après l’érection de cette pyramide, pour servir
a porter des eaux du Nil dans son intérieur. Comment supposer, en effet, un autre
but d’utilité à ce puits! car, si ce n’eût été que pour procurer seulement une
communication souterraine et mystérieuse avec l’intérieur de la pyramide, on
feTO Bfe ' “ r 6' < r ’î *8’ d° ” î “ ' sont inscritK a" Profil pour portée a 45 ,445, être ici: de quelque a raison de 14e i7d de crue importance.
dnx M l Ü Î r ” ’54°' W varfames de ' (') M M la coupe du. puits de Joseph donnée par
cotes rectifie« différent trop peu de celles M, Jomard, E . M . vol. /.", planche 7 3 .