
analogues à celles que nous venons de décrire, si ce n’est qu’elle présente un étagj
de plus dans une portion seulement : on peut y remarquer des petits jours asseJ
multipliés pour éclairer les pièces du rez-de-chaussée. En général, tout le rez-de I
chaussée est destiné aux écuries des chevaux et des chameaux, aux magasins dej
fourrages, à des pièces préparées pour recevoir les harnois, à la cuisine, au cellier
aux offices, aux moulins à blé. On y réserve aussi des chambres pour les gens Je
service de la maison ou autres.
On ne se feroit point une idée exacte de l’intérieur des maisons de Rosette jl
l’on se figuroit que les planchers bas sont tous à la même hauteur, et que l’onj
communique de plain pied d’une pièce à l’autre : au contraire, il faut monter
descendre quelquefois une, deux et trois marches pour passer d’un appartemeatl
dans un autre; et rien ne motive, en apparence au moins, une semblable dispo]
sition, qu’il eût été facile d’éviter, et qui ne peut trouver d’explication que dais
les usages du pays.
Les détails dans lesquels nous venons d’entrer suffisent pour donner une idée
de l’architecture des maisons des gens riches de Rosette; la vue des dessins renfermés
dans la flanche 8 2 , fig . 1 et 2 , et dans la planche 1 0 2 ,fig . 8 , p et 10, peu]
ajouter encore aux notions que nous en avons données. Les fenêtres de la maisonl
dont l’élévation est r e p r é s en té e^ . 2 , offrent cette particularité, qu’outre la
grillage qui en occupe l’ouverture, elles sont encore fermées par des voleta
Nous devons ajouter que presque toujours, dans les maisons des gens riches,les
baies de fenêtre sont fermées intérieurement par des châssis garnis de vitres; mais!
dans la plupart des autres maisons, cette fermeture n’existe point, et l’air extérienl
pénètre librement dans les appartemens.
En général, les terrasses des maisons sont inclinées et ont des gouttières poan
faciliter l’écoulement des eaux de pluie, qui, durant l’hiver, tombent quelquefois!
en assez grande abondance à Rosette.
L a décoration intérieure des maisons diffère beaucoup, selon la destination des!
pièces, la richesse et le rang des propriétaires. Les chambres sont pavées en car®
reaux de terre cuite: la première portion des grandes pièces de réception, les!
privés des maîtres et les salles de bains sont pavés en marbre.
T ou s les murs sont recouverts seulement d’un enduit très-lisse d’une blanche*
éclatante; chaque pièce est partagée dans sa hauteur en deux parties presque égale*
par une corniche en bois très-mince et très-saillante, qui en fait tout le tour : «
fond de l’appartement est rempli par de grandes armoires dont les panneaux, dil
versement travaillés, forment une sorte d’ornement. D ’autres armoires de difféfl
rentes grandeurs et beaucoup de petits enfoncemens ornés de boiseries complétai®
le système de décoration des diverses pièces. L ’ameublement consiste principale®
ment en des sofas distribués tout autour de l’appartement, où ils présentent UBI
siège bas, large et commode. Ils sont composés de matelas et de gros c o u s s in sdel
coton; lés matelas sont étendus sur de petites banquettes de quinze à dix-huil
centimètres de hauteur, construites en planches ou formées seulement d’espèces deB
cages faites avec des côtes de palmier. Des étoffes plus ou moins recherchées®
selon
selon la qualité; et l’aisance du propriétaire, couvrent les matelas et les coussins :
l e s p lu s riches étoffes sont réservées pour les sofas des balcons ou fenêtres avancées
d o n t nous avons parlé. C ’est là, en effet, que les femmes reposent le plus
s o u v e n t , et qu’elles respirent un air plus frais que dans les autres parties de leurs
appartemens.
Nulle part on ne trouve de lit pendant le jour dans les différentes pièces de l’habitation.
Les hommes et les femmes prennent leur sommeil sur le sofa, ou sur
des couches que l’on dresse au milieu de la chambre. Quelquefois les lits ne cons
istent qti’en un simple matelas recouvert d’un tapis. Une vaste moustiquière en
gaz ou en crêpe garantit des cousins et des moustiques. Pendant le jour, tout cet
attirail est renfermé dans des cabinets. Beaucoup de personnes, hommes et femmes,
se couchent sans ôter leurs vêtemens.
Les domestiques couchent tout habillés sur de simples nattes.
Nous eûmes l’occasion d’entrer dans la maison de l’un des plus riches particuliers
de Rosette, quiavoit pris la fuite à l’approche de l’armée Française. Cette
habitation est distribuée en deux appartemens principaux, celui du maître au premier,
et celui des femmes au second : dans l’appartement du maître, les fenêtres
sont fermées par des grillages en bois à larges carreaux; dans l’appartement des
femmes, les grillages sont à petits carreaux. Il n’y a de communication entre ces
appartemens que par un petit escalier, et par un tour cylindrique, qui servoit à
passer la nourriture des femmes. Dans l’un et l’autre, la pièce principale consiste
en une vaste chambre, qui est décorée d’une manière analogue à ce qui vient
d’être exposé, si ce n’est que, dans l’appartement des femmes, il existe au-dessus
des armoires une espèce de loge grillée, où il paroît que les femmes se tiennent
habituellement. Cette maison renferme des cuisines, des bains, des fours, des terrasses,
et généralement tout ce qui constitue l’habitation d’un riche particulier:
les fosses d’aisance sont recouvertes de dalles de marbre, où sont pratiquées des
ouvertures longues et étroites.
Nous avons dit que les divers étages des maisons de Rosette sont en encorbellement
ou saillie les uns sur les autres, d’où il résulte qu’à la hauteur du rez-de-chaussée
les maisons qui se font face se trouvent à une assez grande distance, et qu’à la
hauteur des terrasses elles se rapprochent bientôt de manière à n’être plus séparées
que par un petit intervalle. Cette disposition donne la facilité de couvrir entièrement
les rues destinées aux bazars ou marchés publics, de manière à les tenir
constamment abritées des rayons du soleil.
Toutes les maisons de Rosette, à l’exception de celles des gens riches, ont un
escalier extérieur, construit la plupart du temps en pierre : au lieu d’y appliquer
des garde-fous, on l’enveloppe, pour ainsi dire, dans une grande cloison destinée
a cacher la vue des femmes, quand elles sortent de la’maison, ou qu’elles y entrent.
Nous avons souvent fréquenté les bazars ou marchés publics ; nous avons toujours
été frappés du silence qui y règne, et qui forme un contraste si frappant avec
le murmure bruyant de nos marchés, Les gens du pays parlent peu, mais toujours
avec un grand ton de gravité, et leur conversation ne les empêche jamais de
£ M. T O M E I I , partie. Y y