
leur etoient nécessaires. Ainsi les Persans ont posé trois points sous les lettres h,
*-> [ b ] et Gym [g ] des Arabes pour en former leurs lettres P e
Tcfym £ [ t c h ] : ils se sont servis de trois points placés au-dessus des lettres
Arabes Z e J [ z ] et K ie f3 [icjp ou r en faire leurs lettres Je J [ j ] et G u ie f^
[ g u i ] que cette première langue n’avoit pas (i).
L a langue Hindostane a aussi adopté les modifications que les Persans om
données a quelques caractères Arabes (2).
Les Turks ont de même introduit dans'l’alphabet Arabe, dont ils se servent
es lettres P c w [ P] | Tcfym £ g j É | a ^ fom)ées par ^ J
1 auxquelles, pour cette raison, ils ont donné Jepithète deA'gcmy [ ¿ tran.
geres, Persanes]; mais, à l’égard du G u ief ^ [ g u i ] ; en lui donnant le même
surnom qu aux trois lettres précédentes, et lui attribuant la même prononciation
que les Persans ils se sont le plus souvent contentés de le conformer comme le
simple K] des Arabes, sans y joindre de points, réservant cette distinction
pour former une nouvelle lettre, le Ssâghyr N om (3) 3 [g n ] , qui devenoit nécessaire
pour exprimer un son particulier à leur id iom e , et qu’ils ne trouvoiem ni
clans 1 alphabet des Arabes, ni dans celui des Persans (4).
Les Malais ont aussi eu besoin d’ajouter de nouveaux signes à l’alphabet Arabe
qu ils ont adopté : ils ont d’abord emprunté des Persans leur lettre Z [ t c h ] qu’ils
appellent Tchâ L. ; puis, en mettant trois points, soit au- dessus, soit au-dessous des
caractères Arabes A y n ^ [ A ’ ] , Fé ± [ f ] , I ( c f3 [k ] et Y e ^ [ y ] , ils en ont I
formé leurs quatrè lettres Ngâ k [ n g ] , P â 3 [ p ] , G â ^ [ g ] et N jâ ^ [ n i ] ,
pour exprimer des sons qui leur sont particuliers (^). v
nensis custode. Vindobonæ, ex typographeo Orientali
Schilgiano, 1756.
(4) ^r°yeZ) psg* 8 et 9, Rudimento grammatices lingue
Turcicx, quibus cjus proecipute difficultates ita atplanaim,
ut fatile passini à quolibet superati, viam moustrantt Andrei
du Ry e r , Marciniacensi, pro Christianissm
Rrge et e/us nationibus in Ægypto cxconsiile. Paridi;,
ex typographie Antonii Vitray, in Collegio Longobnr-
dorum, 1630.
Grammaire Turque, ou Méthode courte et facile pmi
apprendre la langue Turque. Constantinople, «730.
Élément de la langue Turque, ou Tables analytique
de la langue Tarque usuelle, mec leur développement ;pct
M. Viguier, préfet apostolique des établissement Je h
congrégation de la mission dans le Levant, Constantinople,
de l’imprimerie du palais de France, 1790.
Primi Principi dalla Grammatica Turba, ad uso dà
missionari apostolici di Costantinopoli, compostidaCosim
Comidas de Carbognano, Costantinopolitano, cavallai
aurato della i l Sede, ed interprete del regio ministero Si
S. M. Cattolica in Costantinopoli. In Roma, 1794, nelb
stamperia delia sacr. Congr. di propag. fide.
(5) Voyei J lk lti^ c fepraÓFFuiUt uit De eige êifjriVf
(1) Voyez l'excellent ouvrage intitulé :
eJ*A—i o L j j tij— ¿ jb 0 I— r— ,jSCs
Ô ,SrL) »— » é = j l L)»— ¡3— J ____ t - y
Grammaire Persane, traduite de l'anglais de M. Jones,
associé du collège nommé de l’Université à Oxford,
membre des Sociétés royales de Londres et de Copenhague.
• Londres, 1772.
(2) Voyc^, pag. 1 et 5 , Viri plur. reverendi Benjamin
Schnizii, missionariï Evangelici, Grammatica Hindos-
tanica, colltctis in diuturna inter Hindostanos commora-
tionc in justum ordincm redactis, ac largi exe,„plorimi
luceperfusis regulis constant, et missionariomm usui consacrata.
Edidit, a de suscipienda barbararum Unguarum
culturaprafatus est D. Jo. Henr. Callenberg, theol. et
philos, prof, public, ord. Halæ Saxonnm, in typographie
Institut! Judaïci, 17^5.
(3) Ssaghyr JVoun jacL». Voyez , pages 2 et 4,
Francisci à Mesgnien Meninski Institutioncs lingua: Tur-
cicoe, cum mdimentis parallclis Unguarum Arabica: et
Persica: : editio altera, Methodo linguam Turcicam sua
marte discendi aucta, curarne Adamo Francisco Rollar,
Hungaro JVeosoliensi, Augusta: bibliothecx Vindobo-
Les Javanais se servent aussi.de l’alphabet Arabe avec les mêmes modifications
qui y ont:été introduites par les Malais ( i;V
Un manuscrit assez curieux de ia langue des Madécasses (z), dont j’ai fait
l’acquisition (3), prouve que ces peuples ont suivi ia même marche en adoptant
1 alphabet Arabe pour ecnre leur idiome. Quelques autres langues de l’Inde dont'
je possédé ega ement des manuscrits, ajoutent même jusques à quatre points aux
lettres de i alphabet Arabe qu elles emploient.
Ces exemples suffiront pour faire sentir combien ie système de l’écriture Arabe
se pretoit facilement a l introduction des nouvelles lettres qui, comme je J’ai dit
ci-dessus, avoient été inventées par les grammairiens Arabes ; et ajoutées à l’alphabet
ancien, dont les caractères n’excédoient pas originairement le nombre que
nous présente 1 alphabet Koufique.
Mais ce nes t pas même aussitôt après leur invention que ces lettres furent
intercalées aux places qu’elles occupent maintenant dans i’alphabet moderne :
elles furent d abord, comme additions supplémentaires, placées simplement
après toutes les autres, a la fin de l’alphabet ancien et naturel, dont elles n’inter-
verussoient point l’o rdre; et l’on peut en regarder comme une preuve les mots
factices par lesquels les grammairiens Arabes apprennent, même à présent
encore, la lecture de I alphabet à leurs écoliers, et qui renferment précisément cet
arrangement intermédiaire entre l’ordre ancien et l’ordre nouveau.
Afin qu’on puisse mieux se convaincre de ce que je viens d’exposer, je donnerai
ic i ces mots techniques, qui servent, pour ainsi dire, de mémoire artificielle
aux maîtres et aux élèves, en y ajoutant l’ordre et la valeur alphabétique des
lettres dont iis sont composés :
. ♦♦ ♦%
T .C h .R . Q. Ss. F. A ’. S. N .M . L .K . Y .T t .H h . Z .W .H . D .G B A
*8. 17. 16. 1 q. .4. I j . t î . , , . .0. j>. 8. 7 6. 5. 4. 3 / 2 .
Ces mots comprennent en effet seulement les vingt-deux lettres qui renferment
alphabet ancien, et qui sont en même nombre que les éiémens.de l’aiphabet
P WnooFt,met cent .'Doorrtitn BejjtljcnSc
«« Minting tot tit rocrt, ioor ©corgt fitnrii DDcrntin.
Qc umsteri>am, 1736.
The Malays have not any proper national character,
except that which has been introduced by the Moham-
nu an priests, who have from time to time settled on
I e peninsula of Malacca and the adjacent islands : the-
,eJor‘ '! resembles the Arabic Ncshki alphabet, excepting
some slight alteration to express a sound which the Arabians
sad no character to delineate.........
oyez, pag. 5, a Dictionary of the Malay tongue, as
‘token m the peninsula of Malacca, the islands of Su-
H Borneo, Pah-Piuang, ifc. to which is
prefixed a Grammar of that language : by John Howison,
£■ M. T O M E I I , " pa„ ic.
M. D. London, ,printed at. the Arabie and Persian
press, 1801.
( 1) V o y e z , pag. 92 et suiv., Hadriani R ela n d i Disserta-
tionummiscellanearum pars tertia et ultima. Trajecii ad
Rhenum, 1708.
(-) ^ es peuples, qu’on a nommés aussi Madégasses et
Malgaches, sont les habitans de la grande île de Madagascar;
on a imprimé à l’Ile de France un vocabulaire
abrégé de leur langue.
(3) Ce manuscrit, de format in-4..0, écrit sur des
portions de liber, ou écorce intérieure d’arbre, renferme
des fragmens du Qorân avec quelques autres prières Maho-
métanes, et des figures magiques à l’usage des prêtres de
Madagascar^. ^