
Européens qui les ont visités. Il est certain que les dogmes de ces peuples ainj
que les traditions qu’ils conservent sur leur origine et leurs annales, mérite!
roient l’attention particulière des voyageurs, et pourraient peut-être contribue!
à l’intelligence de plusieurs points obscurs de l’histoire moderne. En général 0
a trop négligé cette étude intéressante. Les Arabes pasteurs se sont transmis dei
génération en génération une multitude de faits historiques inconnus : il senJ
facile de les dégager du voile fabuleux dont leur superstition les enveloppe eJ
un mo t, nous le répétons, l’archéologue et l’historien ne pourraient que gagnerj
à la connoissance approfondie des moeurs et des traditions Arabes.
V o ic i le nom des tribus qui se partagent les vastes déserts de l’Égypte, ainsi!
que les provinces sur les limites desquelles ces tribus se fixent de préférence jijl
P R O V I N C E D E MA N S O U R A H .
i .* Dente, tribu puissante et nombreuse, mais qui se trouve bien affoibiie par la dernière guerreqml
lui fit le commandant de la province : elle est momentanément dispersée.
2.0 Tribu de Baouarcheh, qui habite des vHlages et se livre il l'agriculture.
3.0 Tribu de Hàçan-Toubar : elle occupe plusieurs villages du canton de Menzaleh.
P R O V I N C E DE B AHY R EH.
Première Classe : Namiâdy. Seconde Classe: Aoulâd A’Iy.
Ces deux tribus habitent sous des tentes : elles sont les plus redoutables et les!
plus puissantes de l’Egypte. Quoique naturellement ennemies et séparées par de!
haines de religion, elles se partagent la domination de la province. L ’une délies!
suit les opinions d’un cheykh nommé Sa a d , l’autre croit à l’infaillibilité de son
antagoniste Haram ; et de là naît une sorte d’antipathie qui dure depuis del
temps fort anciens, puisqu’on ne peut retrouver ni l’origine de ces sectes nicelll
de leurs fondateurs. L ’Égypte tout entière a été divisée par le même schismel
et les partisans de S a 'a d et de Haram mettoient à leurs opinions un acharne!
ment tel, qu’ils se condamnoient réciproquement aux peines éternelles. Legoul
vernement du célèbre A ’iy-bey mit un terme à ces fureurs fanatiques. La sagesse*
et la fermeté de cet homme extraordinaire, auquel il ne,manqua qu’une autre!
éducation et un plus grand théâtre pour étonner le m o n d e , rappelèrent le!
Egyptiens aux sentimens de modération et de tolérance dont ils s'étoient si viol
lemment écartés. Dès-lors on oublia presque Sa 'a d et Haram; mais les homsdel
ces deux chefs de sectes continuèrent à entretenir la discorde parmi les peuple!
libres du désert.
L a Syrie n’est pas exempte de cet esprit fanatique ; on y retrouve les même*
sectes sous les noms différons de Kaiss et de Ycmeny. C ’est ainsi que dans toutes*
ces contrées il se trouve des partis aveuglés par les raisonnemens captieux <ls|
quelques imposteurs. Leur fausse religion, qu’ils méconnoissent eux-mêmes!
devient alors comme l’instrument des haines et des passions ; et des peuples entiers!
se livrent aux excès les plus révoltans au nom d’un culte qu’ils profanent.
(1) Cette nomenclature se rapporte à l’époque qui a précédé l’expédition. Voyez le Mémoire de M. Jauberi. 1
LeJ
Les deux tribus dont nous venons de parler prélèvent sur les habitans de leur
province des contributions égales à celles qu’exigent les autorités constituées; une
tyrannie aussi odieuse est toleree, faute de moyens répressifs.
P R O V I N C E D E C H A R Q Y E H .
T R IB U S N OM AD E S.
Premiere Classe.
Bily .
Re fa’â t.
Sanidâny.
A o u lâ d -A ’iy .
Hyouân.
Seconde Classe.
G om a y leh .
B en y -A y o u b .
D jom ey lâh .
Tous ces Arabes sont errans : ils ne connoissent ni fagriculture ni le commerce
\ brigands par goût, iis deviennent assassins par cupidité. L e gouvernement
ne prélève sur eux ni impositions ni tributs : seulement, ils envoient chaque
annee au chef du Kairc un present consistant en chevaux et en chameaux ; c’est
pour obtenir en quelque sorte la protection de cet officier, et l’autorisation tacite
de se livrer sans contrainte à leurs criminelles habitudes.
T R IB U S S E D E N T A IR E S .
Première Classe.
Qassâssyn.
Sainâkyn.
Souâlhyeh.
Ayd.
Zomly.
Aoulâd-Mouçà.
Lakkâm.
à Sâlehyeh.
Seconde Classe
A o u lâ d -Z eh e ra .
M o to u â fly .
Baouarcheh.
Ou arâourâ.
Ceux-ci habitent des hameaux, et cultivent les terres ; cependant ils on t, comme
les premiers, un penchant irresistible qui les porte au brigandage ; ils quittent
souvent la charrue pour prendre le mousquet et dévaliser les voyageurs.
P R O V I N C E D E Q E L Y O U B .
Première Classe.
Souâlheh e t G eh e y n y .
Houyatah.
Seconde Classe.
A ’yâdyeh.
T e r râ b yn .
Ces Arabes habitent sous des tentes, et désolent les environs du Kaire par
leurs rapines. Us s’associent aux paysans pour la culture des terres, mais toujours
su détriment de ces derniers ( i ).
Ici A A !renvoyons, pour de plus amples détails sur Jauberr. Dans le chapitre I I I , nous reviendrons nous-
Jom ri CS’ ^®mo*res MM. du Bois-Aymé et même sur cette matière.
ar * et à la nomenclature donnée par M. Amédée
É M. T O M E I I , a.* partie. Bfcb