
J l 8 D E S C R I P T I O N D E L A V I L L E D U ¿ A I R E .
étoffes en laine des Moghrebins se vendent dans le Fahâmeh et dans le quartier
des Moghrebins, dont il a déjà été parlé ; ces étoffes sont apportées par les caravanes
de Moghrebins qui passent par le Kaire pour se rendre à la Mecque. Leurs
bornons sont principalement estimés : c’est un manteau très-ample de laine blanche
et très-fine, quelquefois couvert d’un capuchon et orné de glands, de cordons
et d’agrafes ; c’est leur seul vêtement. Il y a d’autres manteaux qui sont de simples
pièces en laine dont on s’enveloppe le corps. Les bamous les plus beaux se
vendent 10 piastres. C e t habit est excellent pour traverser le désert; c’est surtout
pour l’hiver un habillement très-commode, parce qu’il enveloppe complètement,
et parce qu’il est léger, quoique très-chaud (voyez ci-après \Appendice
S. f ' r ). I I ' - _ ■
Les châles de Kachmyr remplissent un grand nombre de boutiques dans les
quartiers de Margouch, d’el-Ghoury, &c. L e prix varie depuis 20 piastres d’Espagne :
jusqu’à 100 et plus; mais il est nécessaire que l’acheteur s’assure qu’ils n’ont pas
été reteints et mis à neuf. Les étoffes en feutre varient de prix selon les usages
auxquels elles sont destinées. Les tarbouch, ou bonnets en laine, se vendent 1
dans le Margouch; les feutres blancs, dont on fait de gros bonnets, dans le I
Leboudyeh; les bornons, dans le quartier des Moghrebins, près de Touloun.
Les étoffes en soie et coton que l’on fabrique au Kaire pour mouchoirs, de I
couleurs bleue et blanche, se nomment nôl; le mouchoir revient à 90 parâts. L ’étoffe ]
de soie appelée dorâyeh, dont les fellah se font des turbans, se vend 120 parâts I
le pyk, ou le double de l’ancien prix avant l’expédition ; elle a un demi-pyk de large. I
L e koreych est une étoffe de soie plus claire. Les châles du Fayoum et autres se I
vendent principalement dans le Khân el-Khalyly, près de l’Hamzâoueh, et dans I
el-Ghoury (il en est de même des étoffes de soie, satins, taffetas), ainsi que dans I
el-Emchâtyeh.
Les cordons de soie tressés et les rubans se vendent 8 à 1 o parâts le darhem I
de la meilleure qualité, dans le marché appelé Souq e l-A ’qâdyn el-belady (1). Le I
fil d or monté sur la soie, travaillé par les Coptes, se vend 50 parâts le darhem I
et demi ou mitqâl ; le fil d’argent, 40 parâts.
Parmi les matières tinctoriales indigènes, lïndigo est le plus universellement I
employer la plus belle qualité se vend iy real belady le qantâr; l’indigo ordi- I
naire, 10. L e meilleur henneh se vend 20 parâts le roh’ , et ordinairement de 10 I
à 1 y parats; on 1 apporte du Charqyeh dans des sacs qui contiennent 14 roi’. I
C ’est dans Khân el-Henneh que se fait la vente de cette marchandise (2). Le I
safranon ou carthame, le curcuma, la noix de galle et les substances tinctoriales I
exotiques se vendent dans divers okels qu il seroit trop long de désigner. Cette I
observation s’applique à d’autres marchandises.
Les peaux de chèvre maroquinées, teintes en jaune, noir, rouge de beqqem I
(bois colorant), se vendent 4o> 60 ou 80 médins l’une ; les peaux teintes en I
rouge de d ou d [cochenille], 4 , y et 6 pataquès; les peaux de bufffe et de vache, I
300 a 380 parâts, préparées au Kaire; celles qui sont travaillées à Syout, 7 à 8 I
(1 ) Voyez planche z f , Ê. M. v o t/ (n ." 173,’ k -6 ) . (2) Ibid. (n.” 2 18 ,1 - j .)
pataquès. Les peaux de maroquin du Kaire se vendent tous les matins au marché
dit Souq el-A ’sr ; les peaux de maroquin de Barbarie coûtent 8 à ro piastres de
90 parats.
Les pots en cuir fondu[q est] qui servent à mettre l’huile, le beurre et le miel
se vendent au Monâkhlyeh ( i),.p r è s le Soukkâryeh, ainsi que les sacs en cuir;
lés autres, à Souq el-Qçrab (2), jour d e goutna'h, jusqu’à midi.
Les babouches de Constantinople, beaucoup plus estimées que celles du pays
se vendent au Khân el-Khalyly.
La quantité de peaux de boeuf et de bufffe que l’Égypte exporte, est considérable;
autrefois elle étoit de plus de soixante mille peaux, sans parler des moutons,
dont il se fait une immense consommation pendant les fêtes du Beyrâm. En énumérant
les classes qui formoient le peuple d’Egypte, Hérodote fait une classe particulière
des seuls bouviers ; c’étoit sur-tout dans la basse Egypte qu’ils faisoient
paître leurs innombrables troupeaux: aujourd’hui cette distinction n’est pas encore
tout-à-fait abolie.
L e marché des colliers et des chaînes d’argent est à S o u q el-Gouhargyeh (3).
M A R C H A N D I S E S D’ E U R O P E .
C est dans le Khân el-Khalyly et le Khân el-Hamzâoueh que se vendent les étoffes
et draps d’Europe. Ce sont principalement des draps de nos fabriques du midi
(les draps plus légers), et les saies de Venise, étoffe très-épaisse et servant pour
les pantalons des Mamlouks : l’ampleur de celles-ci et leur épaisseur amortissent le
coup des armes tranchantes; mais leur poids est tel, que le cavalier démonté a
beaucoup cfe peine à se mouvoir.
3.0 OBJETS ÉCONOMIQUES.
M A R C H A N D I S E S D IV E R S E S .
L a chaux fabriquée au Kaire se vend 3 y à 40 parâts chaque qantâr, produit,
comme on4 a dit, avec trois bottes de bouz qui se paient 10 parâts l’une. L e
prix du plâtre est plus considérable.
Le bois indigène pour la charpente et la menuiserie, non débité, se vend
iy o parats le hamleh, ou charge de chameau, pesant cent soixante rotl; ce
bois est presque toujours du nabq. L e bois débité se vend 200 à 220 parâts. On
sait que 1 Egypte est privée de bois, et qu’elle est obligée de tirer de l’étranger la
plus grande partie de ce produit. Plusieurs okels sont consacrés à la vente des
bois -de construction (4 ). Le bois à brûler v ien fd e la Syrie et de la Caramanie
en grande partie; il se vend au poids.
C ’est dans Bâb el-Cha’ryéh que se débitent les poteries et faïences communes
du pays. Les fourneaux de pipe et les produits en terre cuite, les poteries d’Europe
(1) Voyez planche z i , Ê. M. val. I ( n." zc8
M-6). - - ’
(2) Ibid. ( n.° 220, Q-13. )
E. AI. TOM E I I , 2.« partie.
( 3 ) Voyez planche 26, Ê. M. vol. I ( n.° 246, 1-6).
(4) Ibid. ( n.° 134, E - io , et les marchés, n.° jo et
n.° 228, v .e section. )
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