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^ k l i INDICATION DE RECHERCHES ET DE PERFECTIONNEMENTS
saisit immédiatement une position indiquée par un seul chiffre. La supériorité
dune échelle et de degrés, sur des mesures linéaires, même déduites
du sphéroïde terrestre, est évidente. Pourquoi ne pas employer
aussi des degrés d'altitude? Ils existent également dans la nature, car
toutes les inégalités de la surface du globe sont comprises entre le niveau
de la mer et le sommet de la montagne la plus élevée. Ces deux termes
natm^els sont, en ce qui concerne les hauteurs, comme l'équateur et les
pôles, pour les distances horizontales. On aurait des degrés d'altitude,
qui seraient la centième partie de l'échelle, soit de la montagne la plus
élevée.
J'ai publié cette idée en I8Z1O {Bulletin de la Société géographique
de Paris, de janvier). Si j e ne l'ai pas suivie et employée dans l'ouvrage
actuel, ce n'est pas que les objections faites par M. Costaz, dans le
même journal, m'aient convaincu; mais j e regarde la détermination des
plus hauts pics de l'Himalaya comme encore peu précise, et j'attends le
progrès de la science à cet égard. En I8/1O, on croyait le pic le plus
élevé de 25,669 pieds anglais; maintenant on sait qu'il y en a plusieurs
qui dépassent 28,000 pieds anglais {Journ. of the geog. Soc., 1851,
p. 61). Lorsque l'on connaîtra exactement la hauteur maximum de la surface
terrestre, on reviendra, j'espère, à mon indication de degrés véritables
et naturels d'altitude.
3° Aux géologues.
iwMèrcsetforèts submergées.- Il est d'un grand intérêt botanique
et géologique de constater l'âge et la composition des tourbières et
des forêts submergées, mieux qu'on ne l'a fait dans la plupart des pays.
En général, tout ce qui concerne l'époque tertiaire supérieure, appelée
maintenant quaternaire, se rattache de près à l'histoire et à la distribution
du règne végétal actuel. On a fait d'excellents travaux sur ce pointy en
Angleterre surtout; mais étendre ces recherches et déterminer botaniquement,
avec précision, les espèces superposées dans les terrains
diluviens et les tourbières, c'est ce qu'on doit désirer et demander de plus
en plus.
J'ai insisté trop souvent sur les avantages tirés en géographie botanique
des progrès de la géologie et sur les conséquences de la géographie
botanique relativement à la géologie pour traiter de nouveau ces questions.
Je renvoie aux chapitres x, xi, xv, xxvi.
Ix'' Aux botanistes physiologistes.
Vitalité des graines. —• Faire des expériences sur la vitalité des graines
PROPRES A AVANCER LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE. im
de diverses familles : dans l'eau de mer; S'' dans l'eau douce; dans
de la terre recouverte d'eau de mer ou d'eau douce.
Si j'habitais près de la mer, j'aurais essayé des expériences, en observant
les précautions que j'ai suivies dans mes recherches sur la durée des
graines conservées au sec et dans l'air (a). Pour la question des transports
par les courants et par les fleuves ; pour celle de la conservation ou destruction
des espèces à la suite de submersions plus ou moins prolongées, à
des époques anciennes, ce serait d'un grand intérêt. On aurait beaucoup
de facilités près de l'embouchure de certains fleuves et dans les salins du
midi de la France. Qu'on ne croie pas cependant ces expériences bien
faciles. Il faudrait y apporter beaucoup de soins et de jugement, car on
aurait à choisir les graines, à les compter, à les semer à l'abri des accidents,
et il faudrait varier les essais pour la durée, la profondeur, la température
et le degré de salure des eaux. J'entrevois une foule de petites difficultés à
surmonter, mais les résultats seraient utiles. L'examen des faits de géographie
botanique m'empêche de croire à la fréquence des transports et
surtout à des naturalisations habituelles par les courants ; des expériences
directes seraient plus probantes. (Voir p. 616, 698, 7/r2, etc.)
Hérédité des formes. — M. Jordau, de Lyou, vieut de soutenir que
les modifications nombreuses de nos arbres fruitiers se conservent distinctes
parles semis (h). Selon lui, ce sont des espèces; selon le langage
antérieur des naturalistes, ce seraient des races ou sous-espèces. La question
essentielle n'est pas dans les mots, elle est dans les faits. L'assertion
de M. Jordan est contraire à l'opinion d'une foule d'horticulteurs. Pour
qu'on pût l'adopter, il faudrait que les expériences eussent été faites dans
un jardin visité par des experts, d'année en année; que le public fût admis
à contrôler les experts ; que les semis, provenant de pieds soustraits
à la chance d'hybridation, fussent bien constatés ; que les fruits obtenus
fussent décrits, pesés, goûtés et imités en cire, de manière qu'on pût les
comparer de génération en génération. Il ne sulfit pas qu'une personne
instruite et de bonne foi, comme M. Jordan, affirme des résultats d'une
portée aussi considérable dans la science ; il faut l'examen et la discussion
d'hommes spéciaux, dépourvus de préjugés et contrôlés par les observations
du public sur la vue des faits. Jusque-là, nous ne pouvons
renoncer à des opinions qui reposaient sur des expériences un peu vagues,
mais fréquentes, et admises par d'excellents horticulteurs comme base
(a) Annales des sciences naturelles, sér., 1846, VI, p. 373.
(b) De Vorigine des diverses variétés ou espèces d'arbres fruitiers, broch. in-8. Paris,
1853.
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