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1 3 2 6 VEGETAUX DE DIVERS PAYS AU POINT DE VUE DES ORIGINES.
signifier, ou que ces espèces sont vérilablement plus nombreuses dans la
seconde ilore, ou que d'autres espèces y sont plus rares. Les cliiiTres
absolus ont plus de signification dans ce cas, et encore des extinctions
récentes d'espèces ont pu dénaturer les faits et leur donner une apparence
trompeuse.
S'' Ne pas conclure toujours d'une grande extension d'une espèce à son
ancienneté, ou d'une habitation restreinte à une existence récente. Sir
Charles Lyell a fait remarquer depuis longtemps que les espèces très
répandues sont probablement les plus anciennes, de môme qu'elles sont
de nature à résister le mieux aux événements qui peuvent survenir, mais
il peut y avoir des espèces qui prennent tout à coup une grande extension,
par des causes nouvelles, ou qui, dès leur début, se répandent extrêmement
sans être d'ancienne date. L'homme en est un exemple. Inversement,
des espèces anciennes, tendant à disparaître, peuvent avoir une aire
limitée. Dans l'un et l'autre cas, l'étendue de l'habitation indique seulement
une probabilité quanta la date d'existence, probabilité plus ou moins
grande selon les pays et les espèces.
Considérer séparément les espèces et les genres ou familles; par
exemple, les identités d'espèces entre deux régions, qui indiquent peutêtre
des communications de l'une à l'autre, et les identités de genres ou
de familles, qui montrent une certaine analogie, par des causes probablement
très ditîérentes. Il peut y avoir entre ces phénomènes une certaine
connexion ; mais elle est encore bien obscure, et le mélange des faits concernant
les espèces, les genres et les familles, introduit dans les idées une
véritable confusion.
Ne pas oublier que la distribution primitive de chaque espèce, genre
ou famille a exercé une influence. Il y a des pays où l'on peut négliger
ce point de départ et admettre uniquement des faits de translation, d'extension
et de réduction des habitations antérieures. Ce sont les pays, comme
les îles Britanniques, les îles Féroé, Shetland, l'Islande, etc., sur lesquels
on ne trouve aucune espèce propre. On peut faire abstraction des espèces
locales qui auraient disparu, car elles ne pouvaient pas être nombreuses,
et même des espèces locales qui seraient sorties de ces îles pour se répandre
dans les contrées voisines. L'erreur ne saurait avoir une grande importance.
Il n'en est pas de même pour la plupart des autres pays. Les espèces
locales y sont quelquefois nombreuses, et souvent on peut croire qu'elles
l'emportent sur les espèces d'origine étrangère, je veux dire sur les espèces
introduites avant l'action des hommes, car nous laissons ici de côté les
naturalisations de l'époque historique.
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Evidemment, il faut distinguer deux catégories dans les ei^èces que
ORIGINES PROBABLES OU POSSIBLES DES ESPÈCES ACTUELLES. 1327
j'appelais ci-dessus (p. 6/i3) aborigènes ou natives, par opposition aux
espèces naturalisées, adventives ou cultivées, qui existent maintenant dans
la plupart des pays. Il y a des espèces natives communiquées par des
terres qui étaient autrefois, avant notre époque, en relation avec le pays
dont on s'occupe, et des espèces autochtones, qui ont toujours vécu dans
ce pays, depuis le moment de leur création. Ce sont les véritables aborigènes,
au point de vue géologique. On peut établir les mêmes distinctions
pour les genres, et pour les familles qui ne sont pas répandues dans le
monde entier.
Après ces réflexions, et comme suite à l'étude des origines de notre
végétation européenne, je donnerai un aperçu des théories que l'on peut
émettre sur les ilores des autres parties du monde. Ici les hypothèses
dominent, puisque l'état des connaissances est à peine arrivé à ce que j'ai
appelé le second degré dans ce genre d'investigations (p. 132Zi).
ARTICLE IV.
ORIGINES PROBABLES OtJ POSSIBLES DES ESPÈCES ACTUELLES
DE DIVERS PAYS AUTRES QUE L'EUROPE.
Le nord de la Sibérie était submergé pendant une partie de la période
quaternaire, selon les observations des géologues modernes (a). Il n'est
pas surprenant que sa végétation soit pauvre et empruntée surtout aux
pays voisins. Les causes antérieures et les conditions physiques actuelles
ont dû se combiner pour produii^e ce résultat.
Les régions basses qui s'étendent à l'ouest et au nord-ouest de la mer
Caspienne ont aussi l'apparence d'avoir été submergées à une époque récente.
Leur végétation semble composée entièrement d'espèces des terrains
salés et d'espèces à aire plus ou moins vaste, venues des pays voisins,
à mesure que la mer-se retirait et que le sel diminuait dans les endroits
émergés. Le plateau de la Perse n'a qu'une végétation pauvre, qui semble
avoir été entravée par la sécheresse actuelle et même par des causes antérieures.
La plaine de l'Inde, dont le climat est favorable aux végétaux, ne
présente pas des espèces locales, nombreuses, comme on en voit sous des
climats analogues en Amérique. J'y vois le signe d'une élévation récente audessus
de la mer, condition présumée par les géologues (¿), et d'une végétation
reçue des pays voisins, plutôt que développée sur place pendant une
longue série de siècles.
(a) Ânsted, The ancient world, 1848, p. 315.
{h) Opinions de MM, Murchison et de Yerneuil, exposées dans le discours d'ouverture
du président de la Société géologique de Londres, 1852, p. xxxiv.
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