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1 3 1 6 VÉGÉTAUX DE DIVERS PAYS AU DOINT DE VUE DES ORIGINES.
mat tempéré, ont pu rester sur les côtes en Ecosse, en Angleterre, en
Scandinavie, dans l'Amérique arctique et les îles intermédiaires, et en
môme temps se répandre sur le nord de l'Allemagne et la Russie, à mesure
que la terre ferme augmentait d'étendue. Une grande quantité de Renonculacécs,
Crucifères, Caryophyllées, Scrophulariacées, Graminées, etc.,
non alpines, semblent donc être le résultat de l'époque glaciaire, aussi
bien que les espèces des montagnes. Forbes insiste (p. 9), au contraire,
sur ce que la grande masse des espèces de la Grande-Bretagne serait
venue d'Allenjagne.
Il croit devoir distinguer, en outre, certaines régions spéciales, pour
quelques plantes bornées aujourd'hui au sud-est ou au sud-ouest de l'Angleterre,
qui existent sur la côte française opposée ou dans les îles de la
Manche. Il considère, géologiquement, la séparation de la Grande-Bretagne
comme ayant commencé par la Manche, avant le Pas-de-Calais. Je
ne sais jusqu'à quel degré les géologues s'accordent sur ce point. Si l'opinion
se confirme, les espèces de Normandie et de Bretagne, qui n'existent
pas au delà vers le nord, n'auraient pu effectivement parvenir en Angleterre
qu'à une époque antérieure aux espèces venues de Hollande ou de
Picardie. Quoi qu'il en soit, elles seraient toujours venues du continent, et
le climat moderne de l'Angleterre, très humide dans l'ouest, un peu trop
froid dans le centre et l'est, les aurait arrêtées dans leur expansion et les
aurait cantonnées les unes dans le sud-est, les autres dans le sud-ouest.
Tous ces faits, toutes ces hypothèses concordent admirablement avec un
autre fait qui m'avait frappé en étudiant la limite des espèces (p. 2Zi6) et
la distribution de plusieurs d'entre elles d'un côté et de l'autre de la
Manche (p. 6/i5), savoir que les limites sont établies sur les conditions
actuelles du climat, non sur la présence de la mer, laquelle cependant est
un obstacle sérieux à l'extension vers l'ouest. Il m'a été plus facile de
trouver des espèces limitées à 15 ou 20 lieues en deçà de la Manche, dans
l'intérieur de la France, ou à quelque distance du littoral dans l'intérieur
de l'Angleterre, que des espèces limitées par la mer elle-même (Voy. les
cartes 1 et 2). Dans les idées anciennes, c'était fort singulier. J'ai été conduit
à me dire : Ou les graines franchissent la mer sans aucune difficulté, ou les
espèces se sont établies lorsque la Grande-Bretagne était contigue au continent;
or, la première supposition est complètement fausse pour les
plantes phanérogames, même pour les Composées munies d'aigrettes
(p. 702, 535); donc les espèces du midi de l'Angleterre sont antérieures à
la séparation de la Grande-Bretagne.
Les relations entre l'Irlande et la Grande-Bretagne présentent des faits
analogues. Les espèces phanérogames sont, en général, semblables dans les
OniGINES PROBABLES DES ESPÈCES EUROPÉENNES ACTUELLES. 1317
deux îles ; quelques-unes sont limitées en deçà ou au delà du canal de Saint-
George, évidemment à cause de l'humidité qui augmente de l'est à l'ouest,
mais j'aurais de la peine à en citer qui fussent limitées exactement par
la mer, comme cela devrait être si les espèces actuelles étaient plus récentes
que la séparation des deux îles. On connaît pourtant des espèces d'Angleterre
qui manquent à l'Irlande; les plus signihcatives sont les plantes
propres au sud-ouest de l'Angleterre, qui semblent faites pour le climat égal
et humide de l'Irlande méridionale. Dans le règne animal, on remarque
l'absence, en Irlande, de plusieurs reptiles existants en Angleterre et sur
le continent. Forbes présunie que l'Irlande a été séparée de la Grande-
Bretagne avant que celle-ci le fût du continent. Malheureusement, les
géologues ne paraissent pas avoir établi d'une manière positive l'époque
de séparation de l'Irlande. Jusque-là des hypothèses sur les êtres organisés
seront de pures hypothèses.
Une dernière catégorie de plantes des îles Britanniques a fait naître
dans l'esprit de Forbes une opinion curieuse, qui se rattache à beaucoup
de faits botaniques et géologiques du midi de l'Europe. Il existe dans les
districts montueux du sud-ouest et de l'ouest de l'Irlande une douzaine
d'espèces remarquables, qui se retrouvent dans le sud-ouest de la France,
en Espagne, en Portugal, à Madère ou aux Açores, quelquefois dans plusieurs
de ces localités. (Voy. le Daboecia^ carte 1, iig. 1 2 et p. 150,170).
Dans le nombre assez limité de ces espèces, il y a six Saxifraga(umbrosay
eleganSy Geum^ hirsula^ liirla^ afftnis)^ deux Erica (Mackaiana et
mediterranea)^ le Dahoecia^ VArbutiis Unedo^ c'est-à-dire une proportion
énorme de Saxifragées, Éricacées et Vacciniées. Les courants actuels
n'auraient point porté ces espèces sur les montagnes d'Irlande, et d'ailleurs,
les petites graines de Saxifrages et d'Éricas ne sont nullement favorables
à l'idée d'un transport par la mer. D'un autre côté, à la fm de
l'époque miocène, c'est-à-dire vers le milieu de l'époque tertiaire, la
région de la mer Méditerranée a subi de grands changements, que
Forbes a contribué lui-même à constater dans ses recherches sur les
fossiles de la côte de Lycie. Le fond d'une mer qui s'étendait auparavant
de la Grèce aux Açores, s'était élevé graduellement, et il est très
possible que l'Irlande fût alors contigue aux Asturies et aux Açores. Les
archipels des Canaries, Madère et Açores ont été probablement contigus
de la même manière.^ Dans cette hypothèse, il ne serait pas surprenant
que l'Irlande eût conservé quelques espèces de cet ancien continent, comme
les îles indiquées auraient conservé des espèces communes tantôt avec
l'Irlande, plus souvent entre elles ou avec l'Espagne, la Sicile, la Syrie, etc.
Assurément, si E. Forbes, qu'une mort prématurée vient d'enlever à la