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1168 DES CARACTÈRES DE VÉGÉTATION.
Je me bornerai à comparer les Légumineuses, Composées et Graminées,
car les Cyperacées sont souvent incomplètes dans les Flores, et les autres
familles n'ont pas assez d'espèces pour que les proportions soient indépendantes
des erreurs et des circonstances de localités. Quant aux pays, je
prendrai mes exemples sur le continent et sous des latitudes moyennes.
Je comparerai d'abord le département de Maine-et-Loire, d'après la
Flore de M. Guépin (3^ édit., 18/Î5, sans le suppl. de 1850); les départements
du centre de la France, compris le précédent, d'après la Flore de
M. Boreau, et la France entière, d'après le Botanicon de M. Duby. J'ai
exclu partout les espèces cultivées (a).
MAINE-ET-LOUIE. CENTRE DE LA FRANCE. FRANCE.
FAMILLES.
(4 304 Phan.) (1530 Phan.) (3615 Phan.)
Esp. Proport. Esp. Proport. Esp. Proport.
Lég^uiiiineuses 92 0 , 0 7 0 109 0,071 325 0,089
Composées 423 0 , 0 9 4 150 0,102 478 0,132
Graminées
[
110 0 , 0 8 4 119
1
0,077
249 0,069
On voit combien il serait vicieux de comparer la proportion des familles
entre un département de la France et un pays grand comme l'Allemagne,
et plus encore avec un pays immense, comme les États-Unis ou la Nouvelle-
Hollande.
En prenant les proportions des Composées, Graminées ou Légumineuses,
à l'égard des Phanérogames, successivement dans tous les départements
de la France, et en faisant les moyennes, ces proportions ne
seraient pas celles qu'on trouve sur la Flore de toute la France, et l'erreur
serait tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, suivant l'étendue relative
des aires spécifiques des trois familles.
Yoici un autre exemple pris en Alsace et en Allemagne. Je vais comparer
: la Flore de Strasbourg, par Kirschleger (Flora, 18/i3, p. 197);
2« celle du grand-duché de Baden, de l'Alsace, de la Bavière rhénane et
de Schaflbuse, par M. Grisselich (Kleine SchrifL, I, p. 8) ; celle d'Allemagne,
avec l'istrie et la Suisse, d'après Koch {Syn., édit., p. l v i i )
en défalquant les espèces cultivées volontairement.
{b) Pour ne pas nVéloigner des usages dans une circonstance où c'était indifférent, j'ai
laissé les espèces cultivées involontairement, c'est-à-dire les mauvaises herbes des terrains
cultivés, qui ne sont pas à proprement parler des espèces spontanées et encore moins
des espèces aborigènes. (Yoy. p. 609, 642.)
NATURE DE CES CARACTÈRES CONSIDÉRÉS ISOLÉMENT. i'169
FAMILLES.
Légumineuses
Composées. .
Graminées. .
S T R A S B O U R G .
!
BADEN , ALSACE, ETC . A L L E M A G N E .
(900 Phan.) (1352 esp.) (3131 esp.)
- — ^
Esp. Proport. Esp. Proport, 1
1
l'roport.
51 0 , 0 5 3
1
70 0.052
1
212 0,007
105 0,109 154 0,114 404 0.129
80 0 , 0 8 3 . 107 0,079 215 0,069 1
Les variations sont les mêmes que dans le cas précédent, je veux dire
dans le même sens et avec une intensité qui n'en diflëre pas beaucoup.
On pourrait objecter que l'addition à l'Allemagne de pays très différents,
comme Tlstrie, jette un poids trop fort dans le chiffre des Légumineuses
et des Composées. Il y aura toujours quelque circonstance analogue en comprenant
un pays ti'ès étendu, mais les proportions suivantes montrent que
sans sortir de l'Allemagne on'trouve les mêmes faits. M. Furnrohr (N aturh.
Topogr. Regensb. Flora, p. xxxi) compare les proportions de familles
autour de la ville de Ratisbonne et dans l'Allemagne proprement dite,
c'est-à-dire la Suisse, Flstrie et la province de Prusse non comprises. En
présentant les proportions sous la forme adoptée ici, elles se trouvent :
FAMILLES.
Légumineuses.
Composées . .
Graminées. . .
R A T I S B O N N E . A L L E M A G N E .
(1063 Phan.) (2906 Phan,)
r" "
Esp. Proport. Esp. Proport.
58 0,054 177 0,061
115 0,108 352 0,121
80 0 , 0 7 5
l
205 0,070
Les auteurs mentionnent souvent les proportions de familles dans des
pays aussi vastes que l'Europe entière et même plus vastes. Si par hasard
ils comparent une de ces immenses régions avec les alentours d'une ville,
ou avec une petite île, l'erreur résultant de l'aire relative des espèces
peut s'élever à 3 ou 4 pour 100, et même plus haut, probablement, dans
des régions exceptionnelles et pour certaines familles. L'influence de cette
cause doit être grande surtout dans les pays où les espèces changent
rapidement d'un district à Vautre, par exemple au Cap, au Brésil, au
Mexique, etc. On le voit plus loin, p. 1228, 1229.
Malgré cette cause d'erreur, et celle venant du degré inégal de fréquence
des espèces, il est certain que pour des pays d'étendue à peu près semblable
et pour des familles où Faire moyenne des espèces n'est pas trop
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