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échappé aux anciens herboristes. Leur silence n'a pas toujours h même valeur.
Dans le cas actuel, combiné avec une culture ancienne de l'espèce ; avec l'habitation
dans le sud-est du continent et l'absence dans l'ouest; enfin, avec une apparition
dans des parcs éloignés les uns des autres, il en résulte ce que j'appelle
une certitude, non mathématique, mais morale, d'origine étrangère.
Anemone ranunculoides. Je ne vois pas de motifs suffisants pour la croire naturalisée
en Angleterre, comme le dit M. Watson {Cub., I, 75 ; III, p. 373), et
comme l'admet (avec doute) M. Babinglon. Elle se trouve dans la péninsule scandinave,
en Danemarck, en Hollande (Prodr. Fl. Bat., p. 4), en Belgique (Lestib..
Soi.), et ça et là dans le nord de la France, par exemple, autour de Paris et
dans le département de la Somme (Pauquy, FL), et de l'Eure (Breb., FL Norm.,
p. 3) ; pourquoi ne serait-elle pas aussi native d'Angleterre? Hudson, en 1778',
est, il est vrai, le premier qui en ait parlé comme d'une plante spontanée; mais
cela provient peut-être simplement de la rareté de l'espèce dans ce pays. Il se
pourrait que la culture l'eût propagée dans l'ouest de la France et en Angleterre
depuis deux ou trois siècles ; mais c'est une hypothèse fondée seulement sur quelques
indices. Elle manque au département du Calvados (Hard., Ren., Led. , Calvad.,
1849), aux îles de la Manche (Bab., Pnm. : Piquet, P%i . , 'I 8 5 3 , p. I 093)
et à l 'Irlande (Mackay, F/.).
^ L'EranUiis hyemalis a une disposition à se naturaliser ; mais il n'est pas encore
bien spontané, d'après les informations de M. Watson I n 1 93 • III
p. 37G). ^ ' ' ' '
* P » c o n i a coraiiSnn, Reta:. — If —Dans une petite île escarpée de la
Severn, appelée Sieep Holmes, où l'espèce a été trouvée en -1803 {EngL Bot ,
t. 1513), et dans une localité près de Bath (Wats., Cyb.,p. 99). M. Babington
la regarde comme naturalisée certainement, et M. Watson en parlait d'abord
comme probablement d'origine étrangère; ensuite {Cyb., III, p. 378J, il s'est
décidé pour l'affirmative. Ray et Dillenius ne comptent pas cette espèce dans le
Synopsis de 172.Î. Elle existe sur les bords de la Loire, en Bourgogne et dans le
midi de la France (Gren. et Godr., FL Fr., I, p. 52). Elle manque ¡ u nord-ouest
de ce pays et à l'Irlande. Comme elle est cultivée depuis longtemps pour la
beauté de ses fleurs, il est très probable qu'elle a étéjadis plantée ou qu'elle s'était
naturalisée en s'échappant des jardins dans les localités anglaises sus-mentionnées.
Sans cela, il faudrait qu'elle existât primitivement en Angleterre etqu'elle y
fût devenue rare, attendu que la grosseur des graines exclut la supposition d'un
transport par le vent, leur mollesse excluant en même temps celle d'un transport
par les oiseaux ou les courants. D'ailleurs, l'île de Holmes présente d'autres
espèces (voy. p. 693) qui indiquent d'anciennes cultures. Cependant, les botanistes
du temps de Ray visitaient cette localité et auraient cité le Paeonia, s'ils
l'avaient vu alors ou si, l'ayant vu, ils l'avaient cru sauvage. On peut croire', par
ce motif, à une introduction moins ancienne,
L'Adonis aulumnalis, L., est une de ces espèces difficiles à classer, que
M. Watson appelle colonist. Elle est spontanée, sslon toute probabilité d'origine
étrangère, mais spontanée seulement dans les champs de blé. D'après ma manière
de voir, ce n'est pas une vraie spontanéité; la plante est plutôt cultivée
contre la volonté de l'homme. Depuis le temps de Gerarde, en 1 5 9 7 , elle offre
les mêmes stations en Angleterre. On ne la trouve jamais hors des cultures. .le
la laisse, par ce motif, dans la catégorie des plantes qui ne se maintiennent (lue
par des procédés artificiels. Elle disparaîtrait si l'An-leterre revenait à l'état
inculte, ou si une fois, par une hypothèse moins improbable, on tirait tout le blé
de l'étranger; donc elle n'est pas naturalisée, c'est-à-dire acquise définitivement
pour le pays. L'Adonis autumnalis croît àZante dans les prés (Reul. et Margot,
FL Zante, p. 1) ; il a des noms grecs, anciens et modernes (Sibth. ; Fraas, Syn.
FL class.d'après cela, il est peut-être originaire de Grèce.
Ranunculus arvensis, L. Exactement dans les mêmes circonstances que l'Adonis
autumnalis. Comme cette espèce est plus tranchée, on peut étudier beaucoup
mieux son habitation et son origine. Elle est indiquée dans les champs et les
jachères en Italie, môme en Sicile (Guss.) et en Sardaigne (Moris), comme en
Espagne (Boiss.), en France, en Angleterre, Allemagne, Russie, Crimée (Bieb.),
au sud-est du Caucase (C.-A. Mey., Fer:;., p. 202), et en Grèce (Sibth. et Sm.).
D'où vient-elle donc, puisque dans tous ces pays, elle se trouve dans des locahtés
artificielles? Je ne connais que l'Algérie où, d'après un auteur, elle serait
spontanée hors des cultures. M. Munby [Fl. Alg., p. 57) dit : « Dans les champs
et prairies, » et il ajoute : « dans un pré argileux près de Bab-el-Oued. » Serait-ce
une plante d'Afrique, introduite en Europe par les Sarrasins, ou plutôt par les
Romains, qui tiraient beaucoup de blé d'Afrique? On ne connaît aucun synonyme
des anciens Grecs ou Latins; l'espèce n'a pas de nom vulgaire grec (Sibth.), et
plusieurs botanistes modernes ne l'ont pas même trouvée en Grèce (Reut. et
mvg.,Fl. Zante; Fraas, Syn. FL class. ; Griseb. , Spicil.], ce qui indique peu
d'ancienneté dans le monde gréco-romain.
Helleborus viridis, L. Gerarde (//erta/, p. 825) ne le connaissait pas spontané
en Angleterre. Ray (édit. 1724, p. 271 ) citait des localités, mais doutait de la
spontanéité. Smith [EngL Fi., I l l , p. 58) affirme cette qualité et indique plusieurs
comtés. M. Babington n'émet aucun doute sur l'espèce; mais le docteui
Bromfield (P%f. , 1848, p. 206 et M. Watson [Cyb., I, p. 29 ; III, p. 296)
doutent tantôl de la qualité spontanée, tantôt de l'indigénat. Comme l'espèce
existe en Hollande(Prodr. FL Bat., p. I2)eten Normandie (Hard., Ren., Led.,
Cat. Calv., p. 75), qu'elle a même une localité dans le midi de l'Irlande, où elle
paraît bien spontanée (Power, Bot. guide Cork, p. 5), je ne vois pas pourquoi elle
ne serait pas tout simplement rare, mais indigène, en Angleterre. 11 y a plus de
probabilité dans ce sens que dans l'autre,
Helleborus foetidus, L. Gerarde {Herb., p. 286) le disait spontané de son temps.
Ray (édit. 1724, p. 272) avait des doutes sur une localité, maispas sur d'autres;
Smith n'en a pas. Bromfield [Pliyt., 1848, p. 206) affirme que l'espèce est aussi
spontanée dans le comté de Hampshire que près des Alpes. M. Watson [Cyb., I,
p. 95; m , p. 376), adoptant l'opinion de MM. Hooker et Babington, conserve
des doutes sur l'indigénat, plutôt que sur la spontanéité. La distribution
sur le continent (voy. ci-dessus, p. 120) me fait croire à l'indigénat en Angleterre,
quoique sans doute l'espèce se soit peut-être répandue au delà de ses andennes
Hmites dans ce pays, par l'effet des cultures, des transports de terres et de
graines, etc.
Delphinium Consolida, L. D'après ce que dit M. Watson [Cyb., Ill, p. 377)
delà localité de Swansea, il est fort douteux que, depuis Ray jusqu' à nos jours,
cette espèce soit sortie des champs, où die est même assez rare en Angleterre.
Je ne l'appellerai donc pas spontanée (voy. d-dessus, p. 646, 642), encore
moins indigène Son origine ne m'est pas connue. Je vois que fespèce manque à la
: -r-H'