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662 CHANGEMENTS DANS L HABITATION DES ESPÈCES. NATURALISATION A PETITE DISTANCE. 663
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Cotoncasler vìiìgaris^ L. Cet arbuste de Sibérie, de la péninsule scandinave, des
montagnes du centre de l'Allemagne, des Alpes et des Pyrénées, se trouve sur un
rocher escarpé, au bord de la mer, dans le comté de Caernarvon, pays de Galles
(Wats., Cyb., 1; Bab., Man.). Il manque à l'Écosse, et, en général, aux; autres localités
monlueuses des îles Britanniques. Il manque aussi aux Açores (Wats, dans
Hook., Land. Jouru.^ Ill et VI). L'isolement de la localité du pays de Galles, la
nature des fruits qui doivent tenter les oiseaux et la possibilité que les noyaux
soient transportés dans leur estomac, font penser naturellement à une introduction
par ce moyen. Dun autre côté, les oiseaux qui émigrent à l'époque de la
maturité des fruits seraient partis de Norwége, et alors ils seraient venus en
Écosse ou dans le nord de l'Angleterre plutôt que sur la côte occidentale du pays
de Galles. L'introduction est donc très douteuse.
"^«Enotheru hiennîs, ïi. Originaire d'Amérique. Voyez plus loin, article 5. Il
n'est pas encore arrivéen Irlande (Mackay, FL ; Power, Guide Cork).
* C l a y t o n m perfol iata, DOM. — @ — D'après M. Newman(P/iyioi. , 1 8 5 3 ,
p. 982), cette plante de l'Amérique septentrionale se répand activement autour
de Londres. M. Corder l'avait signalée, en 4 852 (P/iiyioL, p. 485), à Ampthill,
dans un endroit éloigné de tout jardin. L'année suivante, on l'a trouvée à Weybridge
et à Clapham common {Phyiol^ ] 853, p. 982). Elle est probablement sortie
des jardins, car on la cultive parfois comme légume. Ses graines sont petites et
nombreuses.
S e m p e r T î v i im tectorum, L. — ^ — MM. Babington, Watson et Bromfield,
le regardent comme d'origine étrangère, à cause de sa station constante sur
les toits, les vieux murs, en général sur des constructions dues à l'homme. Ray
{Syn., p. 269) doutait déjà de l'origine anglaise de cette plante. Ses habitations
naturelles les plus rapprochées sont peut-être les rochers de Divatte dans la
Loire-Inférieure (Lloyd, Fl.) et ceux de Saurnur (Lorey et Durey, FL Côled'Or,
I, p. 364), car, en Normandie et à Paris, les localités sont artificielles.
Son introduction, en Angleterre, doit remonter à une époque très ancienne,
puisque les Gallois de l'île d'Anglesea lui donnent quatre noms (Davies, Welsh
Botan.^ p. 47) d'apparence celtique, du moins très différents des noms saxons et
latins, et auxquelsje ne trouve d'analogie éloignée que dans les langues slaves,
par exemple, Dislog (gallois), et Tschesuok dikoy (russe, d'après Gorter, Fl.
Ingr., p. 77). Dans cette dernière langue, dikoy sìgniiìe sauvage; mais le mot
Tschesuok est un nom propre, appliqué probablement à une autre plante. La
localité indiquée par Gorter, près de la Luga, semble tout à fait naturelle.
i ^ c d um das^pfii^llum, T .— ^ — D'après ce que disent M. Watson {Cyb.^
I, p. 398) et Bromfield (P/iyi., 1848, p. 371), il est bien douteux que cette
espèce croisse, en Angleterre, ailleurs que sur des murs et même près des jardins.
Dillenius l'a énumérée le premier parmi les plantes spontanées anglaises, dans le
Synopsis de Ray, édition de 172i , p. 271. Elle a des stations naturelles (rochers,
coteaux) dans le départementdu Calvados (Hard. Ben. Led. , Cat. Calv.^-p. 137).
Elle manque à la Hollande, excepté à Maestricht {Prodr. Fl. Bai.)^ et aux îles de
la Manche (Bab., Prim. ; Piquet, Phyt,^ 1853); en Irlande elle est rare sur les
murs et rocs calcaires des environs de Cork (Mackay, FL ; Power , Guide),
S e d u m a lbum, L. Exactement dans les mêmes conditions que le précédent
(Voy. Wats., Cyb., ih,, etili, p. 434).
La synonymie des Sedtm sexangulare^ L. et Sedimi reflexim, L.. est trop douteuse,
de môme que leurs stations en Angleterre, pour émettre une opinion sur
1 orio-ine dans le pays. MM. Watson et Bromfield la soupçonnent étrangère.
Le Saxífraga Geim, L., espèce de l'Irlande occidentale et des Pyrénées, a été
naturalisé près d'Édimbourg (Bab., EngL BoL, t. 2093 ; Man., 2^ édit., p. 127)
et dans le Yorkshire (Wats., Cyb., p. 405). On dit qu'il a été trouvé sauvage
dans le Cumberland [EngL Bol., ib.). M. Watson en doute ( cependant,
je n ose affirmer qu'il manquât primitivement à la Grande-Bretagne.
Jcreû-arde, avec Bromfield [Phytol,, 1848, p. 377), le Ribes Grossularia al les
auU^es Ribes comme indigènes. J en parlerai ailleurs (voy. la table alphab. des
espèces à la fin du volume).
* P c t r o s c l î n um sat ivum, Iloffm. — ® — Il s'êchappe souvent des jardins
dans les décombres, les rocailles. Il s'est bien naturalisé sur quelques
f a l a i s e s d u borddelamer(Wats.,Cî/ô.,I, p. 430). En France, on le dit subsponlané,
par suite de sa culture très générale (Coss. et Germ.,i^Î. Par.; Gren. et
Godi\, FL Fr.). En Irlande, il s'est établi sur les rocailles et les falaises (Power,
Guide Cork, p. 27). Il est originaire delà région méditerranéenne. Ray et Dillenius
ne l'indiquaient pas parmi les plantes spontanées en Angleterre; mais en
1763, on le signalait déjà sur les collines près de Cambridge (/i/igL Bot.^i. 2793).
Le Choerophyllum aurevm, L., a été trouvé en Écosse, entre Arbroath et Monrose,
et prèsd'Édimbourg, en 1809, ou un peu avant [EngL Bot., t. 2103). Sir
W. Hooker (F/.. Scoi.), en 1 821, l'indiquait « dans les champs, rare. » En 1824,
Greville(F/. Edin., p. 68) n'avait pas pu le trouver dans la localité près d'Edimbourg,
indiquée précédemment. MM, Babington (Man., 2^ édit., p. 147) et Wat -
son {Cyb,, I, p. 463) doutent que la plante existe dans l'île de la Grande-Bretagne
et la regardent assurément comme étrangère si on l'y retrouve. Elle n'est
pas en Irlande, ni dans le nord-ouest de la France, ni dans la péninsule scandinave
Sa patrie est la région montueuse du centre de l'Europe, jusque vers le
midi de la Belgique (Lestib., Bot., II, p. 273). Si elle existe en Écosse, il est
probable qu'elle s'est échappée de quelque jardin, ou qu'elle a été semée avec
des graines venant de l'étranger.
Le Choerophyllum aromaticum, L., a été trouvé, vers 1831, entre Arbroath et
Forfar en Écosse, par le jardinier, G. Don., qui a découvert le précédent
lEngl.^Bot., t. 2636). M. Watson {Cyb., I, p. 463) l'appelle étranger. M. Babington
(Mcm., 2'^édit., p. 1 47) lui donne le signe de plante probablement naturaîisée
C'est'une espèce du sud-est et des montagnes centrales de l'Europe. Elle
avance à l'ouest jusqu'en Livonie (Fleischer, FL, p. 113); mais elle manque à
l'Allemagne occidentale, la Belgique et la France occidentale. Si elle persiste en
Écosse, on devra probablement lattribuer à une naturalisation par smte des jardins
ou des achats de graines faits sur le continent.
Le Carum Carvi, L. est soupçonné d'origine étrangère par MM. Babington et
Watson. Cependant, M. Watson [Cyb., I, p. 434) cite un auteur de la fin du
siècle dernier, Teesdale, diaprés lequel le Carvi était si commun près de Hull que
les pauvres gens en ramassaient les graines pour les vendre aux droguistes. Ray
(Sy/i., 2«^ édit., p. 214) l'indiquait déjà comme spontané dans les environs de
Hull, et ailleurs. Actuellement, il a été trouvé dans presque toutes les parties de
la Grande-Bretagne. Il existe aussi en Irlande (Mackay, FL, p. 122).
A l'appui de l'origine étrangère, on pourrait remarquer l'absence dans l'ouest
de la France (Hard. Ren. Led., Caí. CaZt;. ; Pauquy, F/. Somm, ; Coss. et Germ.,
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