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1 1 5 6 DISTRIBUTION D'UNE FAMILLE DANS SON HABITATION.
les espèces très comiiuuies. Donc la différence de fréquence des plantes
de ces deux familles est bien plus forte, dans la réalité de l'ensemble des
faits, que selon les rapports d'espèces qu'on indique ordinairement dans les
livres. Il y a sur le terrain une proportion de plantes de la famille dés Graminées,
relativement aux Légumineuses, bien plus grande en Hollande, et
une proportion de Légumineuses beaucoup plus faible.
La proportion des Labiées dans la Flore du centre de la France, est de
5 pour 100 pour les genres, et h,2 pour 100 pour les espèces. Dans là
Flore de Hollande, elle est, en admettant les mêmes genres, de 5,2 pour 100
quant aux genres, et de li,l pour 100 quant aux espèces. On pourrait
croire que dans ces deux Flores, les Labiées sont vraiment dans des proportions
semblables de h à 5 pour 100, de l'ensemble des Phanérogames;
mais en consultant les tableaux du degré de fréquence des individus, oii
voit que les Labiées comptent dans le centre de la France soit'?,à
pour 100 d'espèces parmi les plus communes, et en Hollande, soit
h, h pour 100. Donc les Labiées sont véritablement plus fréquentà'dans
le centre de la France qu'en Hollande.
L'iniluence du degré de vulgarité des espèces serait bien plus grande si
l'on comparait des pays éloignés et de climats très opposés, au lieu de
comparer deux Flores européennes. Il est probable que la fréquence des
espèces de Graminées, par exemple, est tout autre en Europe, au Cap et
aux Antilles. Ainsi, la proportion des espèces, abstraction faite de leur
fréquence, donnerait une mesure de bien peu de valeur, quant à la fréquence
réelle des familles et à l'aspect de la végétation dans ces pays.
Si l'on connaissait mieux pour chaque Flore le degré de fréquence des
individus de chaque espèce, et si l'on avait les moyens uniformes de l'exprimer
par des chiffres, il serait facile de calculer pour des surfaces
égales le degré relatif réel de fréquence des familles. Il faudrait avoir pour
les espèces de chacune, dans chaque pays, un facteur fondé sur des
observations et des calculs semblables, par lequel on multiplierait le
nombre des espèces, afin d'exprimer l'abondance réelle de toute la famille
sur le terrain. Malheureusement, la fréquence des espèces est difficile à
estimer; elle n'est pas représentée par les auteurs d'une manière uniforrne,
et surtout elle est inconnue, même approximativement, dans l'iminense
majorité des pavs.
AIRE DES FAMILLES,
1157
CHAPÍTKE XVIII.
A I R E DES FAMILLES.
§ 1. AIRE RELATIVE DE DIVERSES FAMILLES ET AIRE DE CES MÊMES FAMILLES
COMPARÉE A CELLE DES GENRES ET DES ESPÈCES.
En dressant le tableau de la répartition des espèces de quelques familles,
pour calculer l'aire moyenne des espèces, il a été facile de constater
le nombre des régions dans lesquelles chaque famille se trouvait
représentée. Ainsi les Papavéracées occupaient U des 50 subdivisions de
la surface terrestre du globe; les Crucifères, 32; les Campanulacees, 27;
les Anonacées, 19; les Myrsinéacées, 26; les Mélastomacées, 17; les
Myrtacées, 2Z,. La moyenne est de 2/i , mais il faudrait un nombre beaucoup
plus grand de familles, pour baser un chiffre certain. J'aurais fait
des recherches dans ce but, si le travail avait pu offrir une utilité proportionnée
au temps qu'il exigerait. D'ailleurs, on peut prévoir quel serait
le résultat. Les familles sont des groupes plus étendus que les genres. On
trouverait donc vraisemblablement au sujet de leur aire moyenne et relative
ce qu'on a trouvé pour les genres. On constaterait par des chiffres
deux lois dont il est difficile de douter; savoir, 1° que plus une famille est
nombreuse en espèces et en genres différents, plus en général son habitation
est vaste; 2° que parmi les familles ayant à peu près le même nombre
de genres et d'espèces, il y a des différences quant à l'aire des habitations,
dilTérences dont les causes remontent en grande partie à un ordre de
choses qui a précédé l'état actuel des climats et des continents.
Les familles énumérées ci-dessus ne sont peut-être pas propres a donner
une idée de l'aire moyenne des familles, parce qu'elles sont trop considerables.
Chacune comprend en moyenne /lO genres et Zi62 espèces, tandis
que dans l'ensemble des Phanérogames les familles ont 25 à 2 7 genres et
280 à 300 espèces (a). Si l'on excluait de la liste les Crucifères, qm ont
un nombre de genres et d'espèces fort au-dessus de la moyenne, on trouverait
que les six autres familles, ayant en moyenne 29 genres et 367 especes,
(a) Le de Endlicher, sans les suppléments, renferme fa^^^^^^pr qu'et
r o i m e s , divisées en 6,135 genres; soit 25 genres par famille. L autem a
3 f e m i l l e s t r è s naturelles en plusieurs (les Légummeuses, par exemple), mais cl un
S i M 1 aToinC s^ -^-"^éros, à quelque« familles, des groupes qui «ont reg rde
o r d i L r e m nt comme des familles. Dans les volumes U XIII du
S H a r u il y a 161 familles (en ajoutant les Léoniacées mises en note), -.,38. genres
et 47,975 cspèccs-, soit 27 genres et 298 espèces par famille.
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