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1 1 7 2 DES CA1UCTÈUES DE VÉGÉTATION.
on devine que, suivant la grandeur du pays les chiffres changent, et changent
daik des proportions différentes, puisque les espèces, les genres et
les familles occupent des surfaces moyennes de grandeur très diverse. La
théorie et l'observation s'accordent pour montrer qu'en effet il serait
inexact de comparer des proportions numériques basées sur des régions
trop inégales entre elles (a).
Si autour d'une ville, dans une surface de 100 lieues carrées, je suppose,
on trouve 1,000 espèces de Phanérogames appartenant à IxOO genres
et à 100 familles naturelles, ce qui fait 10 espèces, à genres et une
famille par lieue carrée, ou 2 espèces 1/2 par genre et 10 par famille,
les proportions seront tout autres en étendant le cercle, même en admettant
que la végétation ne change pas de caractère. On arrivera bien plus
vite à la limite de quelques espèces qu'à celle des genres et surtout à celle
des familles. En d'autres termes, les espèces qui auront cessé de se montrer
seront remplacées par d'autres, plus vite que l'on ne verra des genres
nouveaux, ou des familles nouvelles, à cause de l'aire relative de ces
groupes. Ainsi, en prenant une grande province dans laquelle se trouve la
ville supposée, par exemple une étendue de 1,000 lieues carrées, on
devra peut-être ajouter à la Flore 200 espèces, 2 ou 3 genres seulement
et à peine une famille, ce qui donnerait par lieue carrée, pour la province
1,2 espèce, 0,/i genre et 0,1 famille, ou 2,9 espèces par genre et 11,8
par famille. Étendons encore la surface; supposons, par exemple, un vaste
pays comprenant cette province et plusieurs autres, en tout 20,000 lieues
carrées, on aura dans la Flore environ 2,000 espèces, 500 genres et 103
ou lOZi familles. Les rapports seront 0,1 espèce, 0,02 genre, 0,005 famille
par lieue carrée, ou à espèces par genre, 19 par famille. Ainsi plus
on suppose la surface de pays étendue, plus (la végétation restant d'ailleurs
homogène) le nombre des espèces, genres et familles par lieue carrée
diminue, et cela dans une proportion d'autant plus rapide qu'il s'agit d'un
groupe d'ordre plus élevé, plus aussi le nombre des espèces par genre et
par famille augmente.
On pourrait donner à ces relations arithmétiques la forme de lois générales
plus précises en employant les valeurs moyennes de Faire des espèces,
des genres et des familles (p. 1161), telles que l'observalion les a
données, mais ce serait peu utile, parce que les différents pays et les différents
groupes de Phanérogames s'éloignent toujours plus ou moins des
valeurs moyennes fondées sur l'ensemble. Un calculateur y verrait avec
(a) Un grand nombre de botanistes, peu habitués aux méthodes numériques, sont
tombés dans cette erreur.
NATURE DE CES CARACTÈRES CONSIDÉRÉS ISOLÉMENT. 11 / 3
plaisir, peut-être, la démonstration des changements que les aires combinées
avec les surfaces introduisent dans les rapports; un naturaliste
aimera mieux une démonstration fondée sur des cas particuliers.
Dans ce but, je vais comparer les trois Flores, comprises les unes dans
les autres, dont je me suis servi tout à l'heure : celle du département de
Maine-et-Loire (ancien Anjou), par M. Guépin (3« édit., 18/i5), celle du
centre de la France où se trouve ce département ainsi que plusieurs autres,
par M. Boreau, et celle de toute la France, d'après le Botanicon gallicum
de M. Duby.
Après avoir retranché dans chaque ouvrage les espèces volontairement
cultivées et avoir réduit les familles uniformément à celles du Botanicon,
je trouve les chiffres qui Suivent:
PAYS. SURFACES (a). ESPÈCES. GENRES KAMILLES.
liOUPS.
365
2600
27000
1304
1530
3615
473
535
739
88
90
403
On voit que si l'on prend pour unités les chiffres de la Flore de Maineet
Loire, les accroissements sont :
Pour les surfaces
Pour les espèces
Pour les genres
Pour les familles ».
Maine- Centre France.
et-Loire. de la France.
— 1 : 7 , 1 2 : 7 3 , 4 2
— i : 1 , 1 7 : 2 , 7 7
— 1 : 1 , 1 3 : 1 , 5 6
— 1 : 1 , 0 2 : 1 , 1 7
Calculant ensuite par lieue carrée, on trouve pour une lieue :
PAYS. ESPÈCES. GENRES. FAMILLES.
-
3,6
0,58
0,43
4,3
0,2
0,03
0 , 2 4
0,03
0,004
(a) Les surfaces de Maine-et-Loire et des départements compris dans la Flore de
M. Boreau, sont données parles auteurs eux-mêmes. La surface de la France, en lieues,
est tirée du Nouveau dictionnaire géographique de Lang'lois.