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13/i0 CONCLUSIONS GENERALES.
gions delà terrene changeaient pas ou éprouvaient d'autres modifications.
Ces principes de géologie et de paléontologie réduits, comme on voit, à des
termes très généraux et bien peu contestables, suffisent pour expliquer les
faits de géographie botanique, ou du moins pour donner la nature de l'explication,
que les progrès de plusieurs sciences devront ensuite compléter.
Les phénomènes les plus nombreux, les plus inqiortants, et quelquefois
les plus bizarres de la distribution actuelle des végétaux s'expliquent par
ces causes antérieures ou par une combinaison de ces causes antérieures
et de causes plus anciennes, quelquefois primitives. Les causes physiques
et géographiques de notre époque ne jouent qu'un rôle très secondaire. J'ai
montré qu'en partant du fait originel, impossible à comprendre, ou plutôt à
expliquer, de la création de chaque forme dans un certain pays, à une certaine
époque, on peut ou l'on doit expliquer principalement par des causes
subséquentes, antérieures à notre époque : l'aire (ou surface d'habitation)
fort inégale des familles, genres et espèces (chap, vu, p. li^li) ; 2« la
disjonction d'habitation de quelques espèces (chap, x, p. 993) ; la distribution
actuelle des espèces d'un même genre et d'une même famille dans
l'habitation du genre et de la famille ; les dissemblances de végétation
entre des pays maintenant analogues de climat ou rapprochés sans être
contigus, et les ressemblances entre des localités ou des pays fort éloignés
(chap. XXVI, p. 1310), sans communications possibles aujourd'hui.
Les seuls phénomènes qui s'expliquent au moyen des circonstances
actuelles, sont : l*" la délimitation des espèces, et, par conséquent, des
genres et des familles, sur chaque surface terrestre où elles existent; la
distribution des individus d'une espèce dans le pays qu'elle occupe;
3"" Torigine-géographique et l'extension des espèces cultivées ; h'' les naturalisations
d'espèces et le phénomène inverse d'une rareté croissante;
5" les disparitions d'espèces contemporaines de l'homme.
On le voit, les causes primitives et antérieures à nous sont encore prépondérantes;
mais l'activité croissante de l'homme les efface tous les
jours, et ce n'est pas un des moindres mérites de notre civilisation
moderne de constater une multitude de faits, dont nos arrière-neveux
n'auront plus de preuve matérielle visible.
Je me borne, en terminant, à ces conclusions très abrégées. Entrer
dans plus de détails serait me répéter, car, à la fm de chaque chapitre et
de plusieurs articles, j'ai donné un résumé, exprimant ce qui découle de
la réunion des faits, de leur discussion et de leur comparaison. Je renvoie
le lecteur à ces résumés partiels, qui s'enchaînent les uns aux autres,
comme il est aisé de s'en assurer.
APPENDICE.
INDICATION DE nECHERCHES Eï DE PERFECTIONNEMENTS PROPRES
A AVANCER LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE.
La diversité des sciences auxquelles on doit recourir en géographie
botanique, m'engagea m'adresser séparément aux personnes qui s'occupent
de branches variées des connaissances, afin de leur demander certains travaux
ou certaines améliorations qui m'ont paru désirables.
1° Demandes adressées aux physiciens et météorologistes.
«fours de pluie. ~ — Le nombre des jours de pluie m'a semblé être ce qui
exprime le mieux les conditions d'humidité ou de sécheresse d'un pays, relativement
aux végétaux. Je préfère ce chiffre à celui de la quantité de
pluie, et comme il est plus aisé à obtenir^ je ne saurais trop le recommander
aux Sociétés de météorologie et aux amateurs des sciences, dispersés
dans tous pays. Rien n'est plus facile que de marquer sur un almanach
chaque jour de vingt-quatre heures dans lequel il est tombé de la pluie ou
de la neige. Après dix ou quinze ans, on peut en tirer des données extrêmement
avantageuses, savoir le nombre moyen des arrosements naturels par
mois, ou mieux encore, par décades, la durée moyenne et extrême des sécheresses,
la continuité moyenne et extrême des pluies dans certaines saisons.
Une faut pour cela aucun instrument; de la bonne volonté et de l'exactitude
suffisent. Je voudrais qu'il y eût un almanach annoté à ce point de
vue chez beaucoup de consuls, de négociants et d'agriculteurs instruits, qui
résident hors d'Europe et même dans plusieurs points de l'Europe. —• Voir
dans l'ouvrage de M. de Gasparhi {Cours d'agriculture^ v. li), les villes
où l'on a fait déjà des observations de ce genre.
Sommes de température. — Pour l'intelligence des faits d'agriculture,
de physiologie et de géogi'aphie botanique, il est indispensable de connaître
lés sommes de température utile, c'est-à-dire les sommes au-dessus de
degrés tels que + 2, + 3, + /i, -f- 5, etc., dans chaque localité; certains
degrés étant utiles à une espèce et inutiles à d'autres. Si les physir
II;
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