
avoir ete pratiquée postérieurement à la confection de la première salle et des
sculptures qu, la décorent, car elle coupe ces sculptures/Cette porte communique
a une seconde chambre où est un puits ; et c’est, sans doute, celui où l’on
déposa les corps des personnes dont cette grotte étoit le tombeau. Ce sont elles
vraisemblablement, dont on voit la représentation dans le groupe situé au fond
de la première salle. Ces trois figures sont sculptées presque en ronde-bosse et
fort endommagées ; les têtes principalement sont mutilées. L e personnage du
milieu est un homme, et probablement le chef de la famille; la partie inférieure
de son corps est couverte d’une draperie serrée. On reconnoît par le dessin des
deux autres figures , que ce sont des femmes. Elles paroissent embrasser ou
soutenir le personnage principal; et leur attitude indique une certaine intimité
ayec g g et fait présumer que c’étoient ses femmes, ou ses filles, ou ses esclaves
Du reste, on ne voit pas d’attributs de divinités, prêtres ou rois, dans cette grotte.'
Ce caractère, joint a la petitesse et au peu d’apparence de ces catacombes; aux
scenes qui y sont représentées, porte à croire que c’étoit-là le tombeau d’un simple
particulier, peut-etre d’un agriculteur riche et puissant.
La seconde grotte, située près de celle-ci, est à-peu-près des mêmes dimensions,
mais moins belle, moins décorée; et c’est pour cette raison, ou par suite de
quelque tradition, que les habitans d’el-Kâb la nomment, suivant leurs idées
grotte du vi^ir, et I autre, grotte du sultan.
On rencontre aux environs beaucoup de restes de momies brisées ' et l’on a
trouve, parmi ces ossemens, une mâchoire de crocodile. Auprès de ces deux
grottes, du côté du grand rocher, on en trouve deux autres (i), aussi taillées
dans la montagne; mais leur entrée est, en grande partie, comblée par le sable
qui abonde en cet endroit. En suivant le pied de la chaîne Arabique, on découvre
encore beaucoup d’autres grottes (2) plus ou moins intéressantes, mais presque
toutes remplies de décombres. Elles se trouvent en plus grand nombre en face
de 1 enceinte d Elethyia.
Ce grand ensemble de ruines et de catacombes indique assez que ce quartier
de 1 Egypte etoit jadis très-peuplé, et qu 'Elethyia étoit une ville de quelque im-
portance. 1 *
(i) Voyez h , pl. 66,fig . r.
C2) Voyez I , I , I , même figure.
P a r MM. JO L L O I S e t D E V I L L I E R S ,
I n g é n i e u r s d e s P o n t s e t C h a u s s é e s .
C H A P I T R E V I I .
E s n é {i), ville principale de la province la plus méridionale de l’Égypte, est
située sur la rive gauche du Nil, entre Thèbes et la première cataracte. Suivant
les observations de M. Nouet, elle est sous le 30° 14" 4 1 " de longitude, et le
2 j° 17 ' 38" de latitude septentrionale.
A la hauteur d’Esné, la vallée du Nil a environ huit mille mètres de largeur.
Au-delà de la plaine cultivable, le terrain est sablonneux, et s’élève en pente
douce jusqu’aux montagnes calcaires, qui, de part et d’autre, bornent l’horizon.
On aperçoit, dans la chaîne Arabique, l’ouverture d’une vallée qui conduit, dit-
on , à la mer Rouge. La campagne d’Esné n’est plus arrosée par les inondations
ordinaires du Nil : son sol, trop exhaussé, reste souvent en friche. Au sud, à
quelque distance de la ville, les bords du fleuve paroissent avoir conservé moins
d’élévation, et offrent une assez belle culture. Au nord se trouvent quelques
jardins, dans lesquels, à force de bras, et par des arrosemens dispendieux, on
entretient un peu de fraîcheur. Ces témoins irrécusables de la bonté du sol, et
la campagne inculte qui les environne, présentent un contraste affligeant, et
prouvent combien il auroit été facile de conserver la fertilité à toute la province,
si un ancien canal, dont l’embouchure est à quelque distance au-dessus
de la ville, et dont on voit les traces dans la campagne, avoit été entretenu :
son rétablissement seroit encore d’un grand avantage ; mais l’indifférence des
gens du pays est extrême. Au lieu de chercher à rendre à leur province son
ancienne fertilité, ils l’abandonnent, et vont cultiver ailleurs des terres plus basses
et plus fréquemment arrosées par les inondations du fleuve. Ces émigrations
dépeuplent la contrée, et les moyens de remédier au mal diminuent à mesure que
le mal lui-même augmente ses ravages.
Au sud, l’aspect de la ville est assez pittoresque. C ’est, comme nous l’avons
dit, le côté qui reçoit le plus fréquemment les eaux de l’inondation, et où la
terre répond le mieux aux soins des cultivateurs. La végétation y est belle et
(1) L a province d’Esné est bornée à l’est et à l’ouest cataracte, et au nord Gibeleyn, où les deux montagnes
par lès deux chaînes de montagnes qui forment la se rapprochent tellement du fleuve-, que l’on ne peut pas-
vallée du Nil. Elle a pour limites naturelles, au sud la ser qu’en faisant un détour dans le désert.
A . D . ’ ^