
annonce un chacal, soit la forme des oreilles, soit celle du corps ; ajoutons la
couleur elle-même, car le noir paroît consacré à cet animal. Quand on voit
dans les peintures un prêtre avec une tête de chacal, cette tête est ordinairement
noire (i). Observons, en outre, que les embaumeurs sont distingués par un
masque noir, en 'forme de tête de chacal. Cette circonstance et d’autres encore
font voir que le chacal jouoit un grand rôle, comme symbole, dans les cérémonies
funéraires, et il n’est pas surprenant que 1 image elie-meme de 1 animal
entier se trouve dans les tombeaux.
Les Égyptiens ont aussi sculpté en bois de petits coffrets, renfermant dans
l’intérieur quelques antiques en faïence, en bronze, et meme en cire, et ressemblant
assez à ces tombeaux Grecs et Romains qui ont des mascarons aux
quatre angles (2). Ces coffres s’ouvroient en dessous par une planche qui se tiroit
à coulisse.
Parmi les fragmens qu’on trouve sur le sol des hypogées, il y a de petites
figures très-délicatement sculptées en pâte ou en terre cuite, à tête de belier,
d’ibis et de chacal ; des images de divers animaux entiers , tels que des lions,
des vautours, des éperviers, des ibis, des grenouilles, des singes, des chats, des
crocodiles ; des bustes ou des figures entières, parmi lesquelles on doit distinguer
l’homme à tête de chacal, assis et tenant un arc et une flèche; des gioupes
de deux à trois figures en bronze, en basalte ou autres pierres; des images de
Typhon et de Nephthys, avec de longues mamelles, ayant un ventre de pourceau
, des griffes de lion , une tête d hippopotame et des bras humains, des
hommes couchés et appuyés sur d’énormes phallus, un , entre autres, pinçant
d’une harpe qui est posée sur son phallus; une scène a deux personnages, où
la vérité est aussi outragée que la pudeur; d autres objets, tels que des lampes,
des vases, des grains, des tubes et des boules percees, des imitations de chapiteaux,
d’autels votifs, de bras et de mains fermées. On trouve encore, mais
plus rarement, des gemmes taillées en forme d hiéroglyphes simples. J ai rapporté
une émeraude qui représente exactement une croix hiéroglyphique. Il seroit
trop long de passer en revue toutes les petites statues en pierre des hypogées
: on en a gravé simplement quelques-unes pour servir d exemple. Ces statues
sont, les unes en pierre tendre (3), et les autres en pierre dure, cest-a-dire, en
granit rose ou noir, en albâtre, en basalte, en serpentin (4) » &c. Parmi ces
dernières, on en voit de sculptées en grès rouge comme le grès du colosse
de Memnon, matière fréquemment employée par les Égyptiens. M. Coutelle a
rapporté un fragment de cette espèce, qui est remarquable par le travail ; c’est
un pied d’enfant, où toutes les parties essentielles sont bien indiquées, non pas
avec de la recherche dans les détails, mais avec un vrai sentiment des formes :
(1) Voyez les planches off, y p ; et les papyrus,/»1. 7 2 , A . vol. I I . Cette dernière figure tenant deux rocs de
__ a 1 1 charrue , paroît être une figure 7? , 7æf 77, x i■ VOL' Mit * d Isis ; .e ller •e CsCt remaar-
(a) Voyez la planche ¡6 , Jlg. .3 , r ;, A . vol. I I . Ici les quable par sa chevelure en tresse, sorte de coiffure qu on
angles ne sont pas ornés, comme dans les tombeaux Grecs, ne voit pas sur ces petites statues. Nous avons décrit plus
(3) Voyez la planche 45 , fig. 6, A . vol. I I . haut, parmi les peintures des hypogees, une coiffure pa-
(4) Voyez la planche 4 3 , f g . y ; la planche 3 3 , fig. 6, J , reiile à celle-là.
la sculpture de ronde-bosse, comme on la déjà observé, étoit infiniment plus
avancée en Égypte que le bas-relief
De toutes les antiques, celles qui sont le plus multipliées dans les catacombes, ce
sont les images de scarabées en pierre ou en pâte cuite. On les trouve quelquefois
enfilées par douzaine comme des grains de chapelet,.alternant avec une multitude
d animaux, d objets figurés en oeil, et de/petits amulettes en émail ou en
faïence blanche. Ces scarabées sont de toute grandeur, depuis un centimètre
jusqua tiente. M. Villoteau en a rapporté un en granit qui est colossal. On en a
reuni un grand nombre a la fin des planches & Antiquités, et le lecteur pourra y
recourir pour étudier les inscriptions en hiéroglyphes dont le dessous est orné (1).
Us sont communément de forme ovale ; mais 011 en voit aussi de carrés, avec
1 image de trois a quatre et quelquefois jusqu’à douze petits scarabées ; d’autres
fois il y a deux scarabées accoles. L insecte n’est pas toujours figuré en - dessus,
mais il est remplacé par un autre animal ou par un objet différent. Enfin ce
nest pas toujours la même espèce de scarabée : tantôt le dos est strié, tantôt il
est lisse. Les variétés qui s y remarquent, fourniront aux naturalistes un sujet de
recherches intéressantes.
§. IX .
Manuscrits sur Papyrus.
P a r m i les découvertes littéraires les plus importantes dont on soit redevable
à l’expédition Française en Égypte, on doit distinguer celle des manuscrits sur
papyrus que l’on a trouvés intacts dans les momies de Thèbes. Quel manuscrit
existant dans nos bibliothèques peut leur être comparé pour l’ancienneté ( 2) ! La
première pensée qui nous est venue en apercevant ces volumes écrits en langue alphabétique
(car volume est ici le mot propre), n’est-ce pas l’espérance de lever enfin
le voile épais que la barbarie des Perses, l’insouciance ou la vanité des Grecs,
le zele aveugle des premiers Chrétiens et le fanatisme des Musulmans ont jeté
sur 1 antiquité! A 1 aspect de ces fragiles et précieux monumens, que, par une
expression hardie et ingénieuse, un voyageur a surnommés les frêles rivaux des
pytamides (3), nous avons cru voir se dévoiler à nos yeux (chacun suivant ses
études favorites), 1 un, les fastes et les lois du pays; l’autre, les registres astronomiques
; celui-ci, le tableau des connoissances naturelles cultivées par les Égyptiens,
et celui-la, les procédés de leurs arts ou le secret de leurs étonnantes
machines (4). Si rien ne justifie encore ces premières conjectures, que l’on convienne
du moins qu elles étoient inspirées naturellement par une aussi singulière
(1) Voyez la planche $6, fig, 6, y , A . vol. I I , et le moins; au quatrième siècle de J . C. Depuis ce savant, on
vol. V des planches d Antiquités. a découvert à Herculanum une quantité de manuscrits
(2) Un manuscrit des Epîtres de S. Augustin, autre- qui datent dé plus loin. Voyez page j6 z .
fois à la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, passe . (3) Voyage dans la haute et Ia°basse Égypte, par
pour avoir onze siècles; il est écrit sur papyrus d’Égypte. M.Denon.
Scion Montfaucon, le plus ancien de tous les manuscrits (4) II est difficile d’expliquer, sans le secours de la
connus est l’Evangile de S . Marc, qu'on gavdoit à Venise, mécanique, l’èrection des obélisques, et, ce qui est peut-
qui est également écrit sur papyrus, et qui remonte au être encore plus surprenant, la pose si parfaite des énormes