
villes. Il parle plus particulièrement de ceux qui se faisoient de son temps dans la
basse Egypte, portion du pays la plus peuplée, et où se trouvoit la ville capitale
e Memphis. On peut dire des Egyptiens modernes, qu’ils ont hérité du goût de
leurs ancetres; et, a cet égard, comme à beaucoup d’autres, la constance et la perpétuité
dans les usages, inspirées par le climat, se font éminemment remarquer On
pourroit citer nombre de lieux de- pèlerinages que fréquentent aujourd'hui les
h b tans du pays, et où es lois de la décence ne sont pas mieux obsédées quel
ne 1 etoient au temps d Hérodote. queues
Les mirasses du péristyle sont encore surchargées d’une soixantaine de chétives
habitations en briques crues, qui y ont été élevées dans ces derniers temps, et qui
de là d é 'rTÊ lB É É É É É S ce vilJaSe l ü être le résultat
de dépopulation progressive de la plaine de Thèbes, et du mauvais entretien des
canaux. Les eaux du Nil n arrivent plus vers la limite du désert que dans les grandes
inondations : dans les crues ordinaires, les habitans vont ch L h e r plus près du
fleuve la jouissance de ses eaux salutaires, d’où dépend leur existenée.
orsquon sort du péristyle, en s’avançant vers le nord-ouest, on a devant soi
a P P i W Ê Ë Ê Ê remP]i de monticules de décombres, et renfermé de toutes
parts par un mur de clôture, qui se voit, au nord, dans toute son étendue. A partir
de extérieur du penstyle, onen parcourt une longueur de soixante mètres jusqu’à
ne porte de soixante-dix-sept centimètres de largeur. Au-delà, le mur se prolonge
de vingt-six métrés; il retourne ensuite à angle droit dans une longueur de vingt-
7 ? T ’ et,reprend UDe direction S i i à celle qu’il avoit d'abord • niais
ors les décombres sont tellement accumulés, qu’il en est entièrement recouvert
et quil ne se montre plus que d’espace en espace. C’est à l’angle ouest de ce mur
nceinte que noys avons trouvé des morceaux de granit noir avec des hiéro
gyphes, ce qui nous porte à croire qu’il y a eu dans cet emplacement et qu’il
existepeut-etre encore sous les décombres, des constructions en matériaux de
cette nature. Il est également hors de doute que tout cet espace a dû être rempli
de monumens, si on en juge par les enceintes de ce genre que nous Z ! s
marquées dans plusieurs endroits, et plus particulièrement à Karnak II est à
esirer que les voyageurs qui nous suivront, puissent y entreprendre des fouilles-
on peut assurer que les résultats de leurs recherches les dédommageront ample’
ment des soins qu’ils se seront donné, L’encombrement du m m d S S t
peimet pas de voirsi ses paremens intérieurs sontdécorésde figures et d’hiéroglyphes
sculptes ; mais les paremens extérieurs en sont couverts. meroglyp
A r t i c l e I I I .
■Des Sculptures extérieures du Palais.
la 3 regarde ,C SUd’ danS la partie la galerie latérale du penstyle, est couverte de sculptures qui ont ctorrariet sàp olan dgaunetrer eà
\ ,0" I » W l 4 P ® S p i ,S ,
places les uns au-dessus des autres, et composés de sept personnages, qu’à leur costume
et a leurs bonnets de plumes on reconnoît pour des Indiens. En avançant
vers le sud, on voit sur le meme mur un héros monté sur un char traîné par des
chevaux; il porte un carquois suspendu derrière le dos; il est entouré d’une foule
d esclaves : deux soldats sont placés derrière lui avec les étendards qui l’accompagnent
toujours. A la suite, s’avancent des militaires rangés sur deux de front ; ils sont armés
d’arcs et de boucliers, qu’ils tiennent élevés près de leur tête : ils sont suivis d autres
soldats rangés sur quatre de front, et de militaires plus élevés en dignité, qui portent
des enseignes en forme de tiges et de fleurs de lotus. Plus loin, est la mêlée de la
bataille. On y voit des hommes et des chevaux renversés sous les chars et foulés
aux pieds. Quelques-uns attaquent leurs adversaires; ceux-ci se couvrent de leur
bouclier, et ripostent d’un coup de lance dont ils blessent leurs ennemis. Plusieurs
guerriers décochent des traits du haut de leur char. Mais celui qui attire surtout
les regards, c est le héros principal, le même que l’on voit dans tous les combats,
et qui se fait remarquer par sa stature colossale ; il lance ses chevaux à toute
bride, et porte par-tout le carnage et la mort : son arc est tendu, et la flèche prête
à s’échapper de ses redoutables mains. Des contours sinueux et des lignes ondulées
indiquent, plus foin, la configuration d’un fleuve, que les décombres accumulés
autour du mur empêchent de voir dans toute son étendue. Au-dessus de ces différentes
scènes guerrières, sont des tableaux représentant des oflrandes aux dieux,
où l’on remarque principalement des enseignes et des châsses portées sur des
arches sacrées.
La face extérieure du mur d’enceinte, exptosée au nord, présente des sculptures
qui ne sont pas d’un moindre intérêt que celles de la face sud. A partir de
1 angle, vers le nord, on remarque des pelotons de soldats faisant partie d’une
armee qui vient de combattre les Indiens; ils conduisent des prisonniers, et
les maltraitent à coups de javelot. On en voit d’autres que l’on fait marcher sans
leur faire aucun mal, et en avant desquels sont des personnages vêtus de longs
habits. Il y a trois rangs de soldats et de prisonniers placés les uns au-dessus des
autres. Plus loin, est un héros monté suï un char ; il est précédé de ses enseignes.
Devant lui, sont des soldats qui marchent en ordre et par pelotons ; plusieurs
d’entre eux portent des drapeaux ou étendards carrés. Vient ensuite une autre
figure colossale,représentant le même héros. U est encore précédé de ses enseignes,
et monté sur un char; un carquois est suspendu derrière ses épaules : de la main
gauche il tient un arc et des flèches, et de la main droite il dirige ses coursiers. Il
est a la tete de troupes armées de piques et de boucliers, et rangées sur six colonnes.
La scène change bientôt, et l’on voit une figure colossale, représentant toujours
le meme héros, lancer ses chevaux à toute bride, et décocher des flèches sur les
Indiens. Ces derniers sont aux prises avec les Égyptiens, et forment une mêlée
nombreuse d’hommes, de chevaux, de chars, qui se précipitent les uns sur les autres;
et de morts et de mourans que l’on foule aux pieds.
Plus loin, le même héros ( i ), monté sur son char, s’est retourné pour décocher
(i) Voyez pl. i , A . vol. I I .