
que les memes personnages, les mêmes objets, fussent toujours représentés sous
les memes traits ; et 1 on peut ajouter que la distribution régulière des bas-reliefs,
leur exécution semblable, leur composition presque uniforme, conviennent peut-
etre mieux quand il s agit de décorer des faces entières de murailles, que ne feroient
des bas-reliefs de forme, de composition et d’exécution trop différentes!
, Nous terminerons la description des monumens Égyptiens dé Philæ par celle
d’un petit temple situé un peu au midi de l’édifice de l’est : le temple proprement
dit subsiste probablement encore ; mais il est totalement enfoui, et l’on ne voit
plus de ce petit monument que le haut des colonnes du portique. L’entre-colonne-
ment du milieu paroît extrêmement large relativement aux deux espaces latéraux ;
mais l’édifice est construit sur de si petites dimensions, qu’il fàlloit bien , pour
que lentree en fut suffisamment large, faire l’entre-colonnement du milieu relativement
plus grand que dans les autres édifices. Ce temple est le plus petit des
monumens Égyptiens : le portique n’a dans l’intérieur que cinq mètres (t) de
largeur, et 2m.6 (2) de profondeur. La hauteur des colonnes sous l’architrave ne
devoit être que de trois mètres et demi. Ce portique, déjà remarquable par la
petitesse de ses dimensions, l’est encore par le soin et la finesse avec lesquels
les sculptures en sont exécutées.
S. IX .
Des Constructions Grecques ou Romaines qui sont dans l'île de Philæ.
D evenus maîtres de l’Égypte, les Grecs y apportèrent leurs sciences et leurs
arts . cetoit les ramener dans la terre natale, d’où ils étoient sortis peu de siècles
auparavant ; mais déjà ils avaient pris un air étranger, un caractère propre', qu’ils
ont depuis toujours conserves. Larchitecture Grecque, bien que formée sur celle
des Egyptiens, en diffère cependant par des caractères si essentiels et si prononcés,
qu’elle ne peut être un seul instant confondue avec elle : celle des Romains,
qui nest que 1 architecture Grecque modifiée, en diffère plus encore, à cause des
voûtes et des arcades dont elle offre de nombreux exemples.
Aussi, sur cette terre toute, couverte d’édifices Égyptiens, nous reconnois-
sions au premier coup-d oeil les constructions des étrangers; et, chose que nous ne
nous lassions pas d’admirer, toutes ces constructions, postérieures aux monumens
du pays, faites souvent avec les pierres qu’on en a arrachées, se montroient plus
ruinées, plus dégradées qu’eux ; un jour elles seront entièrement anéanties, et
les monumens Égyptiens attesteront long-temps encore l’existence et la grandeur
du peuple qui les a élevés.
Ces remarques, ces rapprochemens, qui se répéteront dans la suite de cet ouvrage,
trouvent deja leur application dans 1 île de Philæ, qui, dans sa petite étendue,
présente en quelque sorte un échantillon de tout ce que l’Égypte renferme.
( 0 Quinze pieds et demi. (2) Huit pieds.
Près de ces beaux monumens si bien conservés, on ne voit presque plus rien des
édifices que les Grecs et les Romains y avoient bâtis, si ce n’est des vestiges mécon-
noissables. Au milieu de la partie nord de l’île, un pan de muraille de quatre à
cinq mètres de hauteur ( 1) est resté seul debout. Son épaisseur est peu considérable :
les pierres en sont toutes disjo.intes, et il ne fàudroit qu’une foible secousse pour
le renverser et le détruire entièrement. On voit dans sa partie supérieure une architrave
et quelques portions d’une frise ornée de triglyphes. Les pierres dont cette
muraille est construite, ont visiblement été tirées de quelques édifices Égyptiens *
plusieurs d’entre elles portent des fi-agmens d’hiéroglyphes, et des figures, les unes
tronquées., les autres renversées dans divers sens. On en voit même sur les faces
exteiieUres des pienes, ou Ion na pas pris la peine de les effacer; ce. que les
Égyptiens ne manquoient jamais de faire , quand ils employoient d’anciens maté-
îiaux dans la construction de leurs édifices. Une pareille dispersion des emblèmes
sacres ne peut appartenir quà une époque où la religion Égyptienne étoit totalement
abandonnée. Peut-etre 1 édifice dont cette muraille fàisoit partie, appartient
il au temps du Bas-Empire, quoique cependant l’état de ruine où il est,
porte a le considérer comme plus ancien, et que les restes de l’entablement
Dorique qui Je couronne, puissent permettre d’en attribuer la construction aux
Grecs, chez qui s’employoit l’ordonnance Dorique plus fréquemment que chez
les Romains.
Nous ne resterons pas dans une pareille incertitude à l’égard d’une autre construction
placée aussi dans la partie septentrionale de l’île , près de l’endroit où
Ion y aborde. Une arcade ouverte au milieu d’un massif, et de chaque côté une
arcade plus petite, ne laissent point douter un instant que cette construction ne
soit un arc de triomphe, et n’appartiertne conséquemment aux Romains, qui seuls
ont élevé de semblables édifices.
Celui-ci n’a point été achevé; la partie cintrée de la grande arcade n’a jamais
ete laite, et 1 on n’y voit aucune moulure taillée. Cet édifice ressemble par quelques
points a 1 arc d’Antinoé ; on y remarque, comme dans ce dernier monument, des
fenetres au-dessus des petites arcades. Cependant/auprès de l’arc Romain d’An-
t.noe, celui de Philæ n’est qu’un édifice barbare, par la lourdeur de ses proportions
: ,1 est dailleurs extrêmement petit, les arcades.latérales n’ayant que deux
métrés de hauteur, et celle du milieu ne devant en avoir que cinq. Mais ce petit
édifice est peut-etre, parmi ceux que les Romains ont élevés en Égypte, un des
mieux conservés. Il doit cet avantage, sans doute, à sa situation et à la composi-
non simple de ses parties; il faut aussi remarquer qu’il a été construit par des mains
gyptiennes. on-seulement il est bâti de grès, comme tous les autres monumens
de Riulæ, mais on observe entre eux et lui la plus grande conformité dans le système
de construction : on y retrouve les joints obliques, les gros bossages de pierres
enfin toutes les ressemblances qui peuvent faire raisonnablement conjecturer que
S W M ^ 3 été eXéCUté Pai' deS ° UVrierS du 11 sera question
dont l’exéc f CeS E S° nt 3U contKure composés dans le système Égyptien, et
dont 1 exécution est certainement Grecque ou Romaine.