
la rangée inférieure, on voit un personnage (i) chargé d’un porte-feuille attaché
en bandoulière autour de son corps ; il en a tiré un volume qu’il déroule, et il
semble proclamer les hauts fkits et la gloire du triomphateur. Il est précédé de quatre
militaires (a) vêtus de longues robes et couronnés de plumes : ils tiennent à la
main droite le crochet, marque distinctive de leur dignité, et im bâton à fleurs
de lotus, surmonté d’une longue plume; ils ont dans la main gauche des haches
d armes. Six militaires (3) semblablement vêtus sont au-dessous d’eux : les uns portent
des haches d aimes et des plumes; les autres, des bâtons auguraux et des tiges de
lotus. Tout ce cortège est* en marche pour se rendre au temple de la grande
divinité de Thèbes, d Harpocrate, dieu de l’abondance et emblème du soleil, qui
vivifie et qui reproduit. Il est précédé de deux prêtres (4 ) enveloppés dans de
longues robes , dont la tête est ornée de plumes. Quatre figures (5) qui marchent
en sens contraire du cortège, paroissent venir à la rencontre du triomphateur
pour le recevoir et 1 introduire dans le temple, jusqu’au lieu mystérieux où
repose la châsse qui renferme l’image de la divinité ; elle y est représentée sous
la figure (6) d un homme qui n a qu’un seul bras et une seule jambe et dont le
membre viril est en érection : divers attributs la caractérisent; elle tient au-dessus
de sa main un fléau, et derrière elle sont des tiges de lotus et des vrilles de vigne.
En avant est une espece d autel ou 1 on voit un vase enveloppé de verdure et
surmonté d’un bouquet de tiges de lotus avec la fleur et le bouton. Au pied de
la divinité, qui est élevée sur une estrade, est une figure agenouillée, présentant
des vases. Le héros, en habit de sacrificateur (7), offre d’une main une
cassolette où brûle de l’encens ; il tient de l’autre trois vases liés ensemble, avec
lesquels il se dispose a faire des libations sur un autel où sont rassemblées diverses
productions de la nature, telles que des feuillages, des tiges et des fleurs de
lotus. Des arbres sont figurés en masse sur les côtés de l’autel, et sont retenus par un
bandeau demi-circulaire. Au-dessus de la tête du héros, plane un vautour portant
dans ses serres des hiéroglyphes qui sont peut-être le monogramme du triomphateur
ou sa devise ; ce qui est d autant plus probable, qu’on les retrouve absolument les
mêmes par-tout où le héros figure dans la scène que nous avons sous les yeux.
L e sacrifice achevé, la marche continue; mais alors la statue (8) de la divinité
fait elle-même partie du cortège. Quatre personnages (9), qu’à leur tête rasée (10)
( 1) Voyez pl. 1 1 , 1,334, A . vol. I I . C’est un de ces prêtres (6) Voyez pl. u , n ." 3 1 , 3 2 . , 4 0 a 4.1, A . vol. I I .
que S. Clément d'Alexandrie désigne sous le nom de (7) Voyez p l. 1 1 , n." 4 2 , A . vol. I I .
scribe sacré, et dont il dit : 'B|»f Si i (8) Voyez pl. 1 , , A . vol. I L
liptypafourni; oeesÿjira,, t^ n orapi. soi | g aqoMc, Qi- (9) Voyez pl. , , , groupe n.* 4 3 , A . vol. I I .
gsm TE à xeol nu'rsciia. ( Koyej le passage de S . Clément (10) Vqyej l’ouvrage déjà cité de Schmidt
d’Alexandrie, cité à la fin de cette section, n." I. ) Oi !,<» -m, 3. 0, 7? p i , ¿m» „ p im , i , Ahoum Si
(2) Voyez pl. u , n.ot 3 3 , 3 6 , 3 7 et 3 8 , A . vol. I I . ¡rvptïnai.
// ! J i l n’ ° 2** 26* 27’ z8’ 29 et3 °> A - V°L 31. Deorum sacerdotes alibi comati surit, in Ægypto derasi.
(4) Voyez p l u , n.93p ,A .vo l. / / .C e s prêtres sont proba- ( Herod. Hist. iib. i l , cap. 36 , pag. 10 3 , ed. 16 18 J
blement de la première classe; ce dont on juge au rôle qu’ils O / Si iPh Ç ¿ ¿ v ^ aS)ML M f e
paroissent remplir dans la cérémonie. C ’étoient peut-être * « M o / ^ e ^ / e V api Sî& w m
ceux que 5 . Clement d Alexandrie désigne sous la déno- r iç 0t«f.
“ ■"•«ion deprop 1,1, es. ( Voyez ■<= P ^ a g e de S. Clément Sacerdotes tertio quoque die totum corpus radunt ne
d Alexandrie, c ite a la fin de cette section, n.M.) quis pediculus deos colentibus aut alla sordes crectur. (ibid
(s) Voyez pl. „ , n.‘ 43, A . vol. I I . cap. 37, pag. 104.)
on reconnoît pour des prêtres, portent dans une caisse des arbres dont on a seulement
figuré la masse, et qui ne se trouvent probablement ici représentes que parce
qu ils sont les plus beaux résultats de la végétation ; c’est sûrement un des attributs
qui indiquent 1 influence puissante de la divinité sur tout ce qui végète. Au-dessus,
deux pretres (1) portent une grande tablette où devoient être inscrites les victoires
du héros et son triomphe auguste; peut-ette étoit-elle destinée à perpétuer le
souvenir du sacrifice qu’il vient d’offHr.
La statue du dieu est portée sur un brancard par vingt-quatre prêtres (2) ¡'elle
a été tiree du lieu sacré ou elle étoit renfermée ; elle est entourée de toute la pompe
des cérémonies, de faisceaux, de tiges et de fleurs de lotus, d’étendards et de
panaches. Une riche draperie, couverte de fleurons, enveloppe tous les prêtres qui
portent le brancard, de manière qu’elle ne laisse voir que leurs têtes et leurs pieds.
Deux petites figures sont aux pieds de la divinité ; l’une d’elles, accroupie sur ses
talons, lui fait l’offrande de deux vases oùsont probablement contenues les prémices
de 1 inondation. En avant, le triomphateur (3) marche vêtu d’autres habits et coiffé
d un. autre bonnet ; il tient dans ses mains les attributs du pouvoir suprême. Au-
dessus de sa tete plane un vautour portant son monogramme ou sa devise. Le
boeuf sacré (4) s’avance Jui-même au milieu du cortège; c’est peut-être celui qu’on
nourrissoit \Hermonthh, lieu tout voisin de Thèbes : son cou est orné des bandelettes
sacrées; il porte sur la tête un disque surmonté de deui plumes; un prêtre (y)
brûle des parfums devant lui. On voit ensuite un personnage (6) couvert d’un
vetement assez semblable aux chasubles de nos prêtres; il a les mains jointes, et
pai-oît être dans un recueillement profond. Cette figure est tout-à-fait de profil, et
les meilleurs sculpteurs ne la dessineroient pas autrement dans cette position. Elle
est une preuve que, lorsque les artistes Égyptiens ne s’assujettissoient point à des
formes de convention, ils savoient imiter la nature. Au-dessus de ces figures est
une pretresse (7) avec,la coiffure d’Isis ; on voit devant elle un prêtre (8) qui,
sans doute, proclame les victoires du héros, et annonce les sacrifices que l’on
va faire aux dieux. En avant sont dix-sept prêtres (9), ayant, les uns, les attributs
de la divinité, tels que le crochet, le fléau, le bâton augurai ; d’autres, des
étendards formés de la figure d Isis et des têtes des animaux sacrés, tels que
lépervier, le boeuf, le chacal : quelques-uns portent des vases et d’autres objets
dont on ne reconnbit pas aussi bien la forme ( i o). D’autres prêtres (11) tiennent
eleve sur leurs épaulés un brancard sur lequel on remarque d’abord une sorte de
coffre où sont posés des vases d’une forme assez semblable à ceux (12) dont on se
sert encore aujourdhui en Egypte, et ensuite trois petites figures debout. Les
( 1) Voyez pl. 1 1 , groupe n.° 4 4 , A . vol. I I .
(2) Voyez pl. u , groupe n.° 4 6 , A . vol. I I .
(3) Voyez p l. u , n.9 4 7 , A . vol. I I .
(4) Voyez pl. u , n.9 4 8 , A . vol. I I .
(5) Voyez pl. 1 1 , n." 3 1 , A .v o l.I I .
(6) Voyez pl. u , n.° 3 2 , A . vol. I I .
(7) Voyez pl. //* n.* 4p, A . vol. I I .
(8) Voyez pl. 1 1 , n.9 30, A . vol. I I .
(9) Voyez p l. u , n.°‘ 3 3 , 3 4 , 33, 36 , 3 7 , 38 ; le
A . D .
groupe n.° 3 3 , et les n.9t 60, 6 1, 62, 63, 64, 63, 66,
6 7 , A . vol. I I . Ces prêtres sont sans doute ceux que
les anciens auteurs désignent sous la dénomination de
pastophores. ( Voyeç l’ouvrage de Schmidt déjà cité.)
(10) Voye^ la dernière figure du groupe n.9 3 3 , et ce
que porte la figure, n.9 6 1, pl. ¡ 1 , A . vol. II .
( u ) Voyez pl. 1 1 , groupe n.9 68, A . vol. I I .
(12) Voyez I* planche FF des vases modeïnes, dessinée
par M .Redouté, È . M . Atlas, vol. I I .
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