
ce jeune dieu qui y.est représentée. Dans plusieurs tableaux, on le voit à la mamelle
et sur les genoux de sa mère ; Osiris son père, ayant une tête d epervier, est placé
presdeux. Dans l’un des tableaux,planche 2 2 , fig . 3 , Isis et Horussont représentés
dansime sorte de sanctuaire dont un prêtre ouvre la porte, tandis qu’un autre prêtre
piésente limage dHorus à trois personnages qui se prosternent en se frappant la
poitrine. Près de chacun de ces personnages, on retrouve ce même animal imaginaire
, cette espèce de griffon dont .nous avons parlé précédemment à l’occasion
de la planche iC. Horus se fait remarquer le plus souvent par la position d’une
de ses mains dont l ’index s’avance vers la bouche, et par une boucle de cheveux
qui, comme une espece de corne, lui enveloppe l’oreille.
Dans le tableau planche 2 2 , fig. 2 , Horus plus grand est encore à la mamelle:
d tient d’une main un instrument ayant la forme d’un siphon, et qui se voit
tres-frequemment parmi les signes hiéroglyphiques. Le prêtre offre aux divinités
des guirlandes de fleurs de lotus : l’une de ces divinités tient d’une main une tige
crenelee, sur laquelle elle semble faire des marques avec un style qu’elle tient de
l’autre main.
Une semblable tige se voit dans le tableau planche 2 3 , fig. I ; elle est entre
les mains de T h o t, lequel est suivi d’un prêtre portant un volumen. Devant eux
sont Horus et Isis. On voit encore la même tige dans la planche 1 2 , fia. 4 ■
planche j- J , fig . j ; planche f j , fig . 1.
Les scènes Jig . 2 et3 , planche 2 3 , offrent une femme coiffée de lotus, qui joue
de la harpe devant Isis et Horus. Dans l’une des scènes, Horus encore jeune
est debout près de sa mère; dans l’autre, il est au même rang qu’elle. Les harpes,
quoique déjà très-remarquables par leurs formes et le nombre de leurs cordes,
ne peuvent donner qu’une foible idée de la beauté de celles qui ont été trouvées
à Thèbes.
- Enfin deux des bas-reliefs copiés sous la galerie du temple de l’ouest ont pour
objet des sacrifices humains, et l’on peut leur appliquer ce que nous avons dit
précédemment à 1 égard de semblables représentations.
Outre les dix bas-reliefs copiés sous la galerie, il a été encore recueilli plusieurs
autres sculptures sur les murs du temple. Une seule, planche 1 2 , fig. 2 , a été
copiée dans 1 intérieur, où elle fait partie du soubassement. On y voit deux
femmes agenouillées, coiffées de lotus, et présentant sur des plateaux, des vases,
des fleurs de lotus et des fruits. Ces femmes, par le volume de leur ventre et
leurs seins pendans, paroissent appartenir à une classe* ou peut-être à une nation
particulière. Juvénal cite les femmes de Méroé pour la longueur de leurs seins.
Quoi qu’il en soit, les figures de femmes semblables à celles-ci ont'presque toujours
la même attitude, et sont accompagnées des mêmes attributs. On voit
cependant de ces- figures debout ; mais elles sont toujours coiffées de lotus, et
occupées soit à en offrir les fleurs,- soit à en nouer les tiges.
La sculpture figurée dans la planche 2 3 , fig. 4 , est sur quelques-unes des
colonnes, où elle forme un anneau qui n’occupe pas la huitième partie de la
hauteur du fût. On peut examiner ici avec quelle adresse les artistes Égyptiens
savoient disposer les emblèmes religieux, et les employer à l’ornement des temples.
Le scarabée qui fait ici partie de ces emblèmes, est l’insecte le plus souvent figuré
dans les sculptures Égyptiennes.
Les colonnes sont sculptées en relief datis le creux, ainsi qu’on peut en juger
d’après ce fragment. Cette espèce de sculpture est sur-tout bien convenable pour
des colonnes, attendu qu’elle leur conserve toute la pureté de leur forme : ce qui
n’arriveroit pas, si la sculpture étoit en bas-relief ordinaire, et sur-tout si le relief
étoit saillant ; car, dans ce cas, la rondeur du fût seroit altérée, et la colonne
semblerait sinueuse et de forme très-irrégulière, suivant les différens côtés où elle
seroit aperçue.
Dans la même planche, fig . f , est une longue frise composée de caractères hiéroglyphiques.
On y remarque ces deux mêmes légendes encadrées qui se voient
deux à deux dans presque toutes les scènes. Ces mêmes légendes composent à
elles seules la décoration de la corniche dont cette frise est couronnée : elles
sont disposées alternativement, séparées les unes des autres par trois cannelures,
remplies, et portées chacune sur un pied en forme de vase. Ces deux légendes,.
répétées un si grand nombre de fois dans les tableaux, dans les hiéroglyphes et
dans les ornemens, étoient,. en quelque sorte, la devise du temple; et il est
probable qu’elles contenoient en substance l’objet de sa construction et le nom
du dieu qui y étoit adoré. Nous ajouterons, pour l’exactitude de notre exposition,
qu’elles ne se répètent pas constamment et sans aucun changement, et qu’il y en
a quelques-unes dans lesquelles un ou deux signes sont changés. On trouve-ces,
variantes dans les planches 2 0 , 2 3 , à~c.
La corniche dont nous parlons est celle du temple proprement dit , c’est-à-
dire quelle règne sous la sphère. Parmi toutes les corniches Égyptiennes, elle-
est certainement une des plus simples; mais elle montre en général suivant quel
système elles sont toutes décorées. Cette décoration est composée d’emblèmes
répétés, qui reviennent d’intervalles en intervalles égaux; et, s’il arrive qu’il y ait
quelques différences d’un emblème à un autre, elles ne sont jamais que dans les
traits hiéroglyphiques;,ce qui ne peut être aperçu au premier coup-d’ceil, et ne:
nuit en aucune maniéré a la régularité de la décoration.
Mais cette corniche offre ceci de remarquable, que sa décoration n’est plus sur
la façade postérieure du temple ce qu’elle est sur les trois autres côtés. Au milieu
de la corniche de cette façade.est une tête de lion avec toute la partie antérieure
du corps posée à la manière des sphinx (1). Les deux pattes de devant comprennent
entre elles une rigole qui se trouve à la hauteur de la terrasse du temple; elle.
étoit destinée à vider les eaux qui pouvoient être versées sur cette terrasse. De
chaque côté de ce lion sont trois tableaux semblables, séparés les uns des autres
par trois cannelures remplies. Cette, corniche est la seule que nous ayons vue;
decoree d une manière semblable.
On voit, planche 20 , fig. <?, un des tableaux qui décorent la corniche ; c’est
(1) Cette figure de lion a été omise dans la gravure.
A . D .