
exemples clans ce voyageur ; ce revêtement est Je la variété du syénit rouge et
noir veiné.
Dans l’intérieur de la grande pyramide appelee le Chcops, la chambre du roi
est revêtue d’énormes blocs de syénit rose qui en forment le plafond et les
parois; il en est de même du vestibule. Le passage par lequel on s’introduit dans
cette pyramide, est aujourd’hui barré par un bloc de cette matière, qui en rend
l’accès fort difficile. Du reste, on n’a remarqué aucune partie de la construction
qui fût en roche dure; mais, dans toutes les pyramides maintenant ouvertes, on
trouve un sarcophage en syénit.
J ’ai indiqué seulement les monumens en syénit qui se trouvent dans les principaux
endroits de la haute Égypte où il reste encore des édifices Égyptiens qui
peuvent attirer l’attention du voyageur; mais presque toutes les villes du Saydet
une infinité de villages en renferment aussi quelques-uns.
Dans la plupart des mosquées, on voit un grand nombre de colonnes, quelques
sarcophages et d’autres monumens en syénit employés aujourdhui aux usages
du culte Musulman ; chez les particuliers, presque tous les moulins à bras dont
on se sert pour moudre le. grain, presque toutes les meules employées dans les
arts, sont des tronçons de colonnes antiques; les o kel, ou magasins des çom-
merçans, renferment aussi beaucoup de colonnes de syénit; les seuils des portes
en sont également formés; les sarcophages anciens servent d’abreuvoir pour les
animaux; enfin beaucoup de monumens mutiles et de blocs de sycnit sont épais
dans tous les lieux anciennement habités.
Dans la ville du Kaire sur-tout, les édifices religieux, les autres édifices publics,
les manufactures, les fabriques et les maisons des particuliers en renferment une
quantité prodigieuse et quil seroit impossible d enumerer. Nous citerons seulement
le monument moderne appelé divan de Joseph, comme contenant les plus
belles colonnes en syénit que nous ayons vues dans cette ville, et les ruines d’un
monument situé près de l’aqueduc.
Mais continuons d’indiquer ceux qui se trouvent encore sur les ruines des anciennes
villes.
Héliopolis, près du Kaire, n’a conservé, des monumens qui la décoroient
jadis, qu’un seul obélisque en syénit. On sait que trois autres de même nature
ont été enlevés et transportés autrefois à Rome.
En descendant la branche orientale du Nil, entre plusieurs anciennes villes
Égyptiennes qui pourroient nous fournir le sujet de quelques remarques, je me
bornerai à citer la ville de San , près du lac Menzaleh, ou Ion voit les débris
de sept obélisques ruinés, dont plusieurs étoient en syénit.
Plusieurs anciennes villes sur la limite de l’isthme de Suez avoient été également
décorées de monumens de cette matière ; et jusque dans le centre de 1 isthme,
on en trouve encore aujourd’hui des blocs considérables, restes d anciens édifices.
Les ruines qui portent le nom d'Abou-Keycheyd, dans la vallée de Sebah-byâr, et
que je présume être celles de l’ancienne Avaris (i), en renferment plusieurs oines de
(1) Mémoire sur la géographie comparée et l'ancien état des cotes de la mer Rouge, première partie.
sculptures
A N C I E N N E S E X P L O I T A T I O N S
sculptures intéressantes; on en voit sur-tout au lieu nommé Serapeum, près de l’extrémité
septentrionale des lacs amers, et vers l’extrémité méridionale de ces lacs.
Les débris d’un monument partie en syénit doivent être cités comme extrêmement
remarquables par les caractères Persépolitains dont ils sont recouverts, seul monument
de ce genre que l’on ait rencontré en Égypte.
L intérieur du Delta, quoiqu’il n’ait été visité qu’en partie, a offert aux voyageurs
qui l’ont parcouru, nombre de monumens tirés, comme les précédens, des
carrières de Syène : le plus considérable de tous est le grand édifice de Bahbeyt,
qui, construit entièrement en granit, ne le cédoit point, pour l’étendue, à. la
plupart des temples de la Tliébaïde (i).
Les anciennes villes situées aux environs de la branche occidentale du Nil
offrent peu de monumens assez intéressans pour qu’on en fasse mention ici ; et
parmi ceux même que renferme la ville de Rosette, nous nous bornerons à citer la
pierre aux trois inscriptions, l’un des monumens les plus curieux qu’on ait découverts
en Égypte : il est en syénitelle noir, à très-petits grains et passant au trapp.
Une pierre semblable a été trouvée au Kaire, à la citadelle; elle est de la même
matière, mais à grains un peu plus gros. Malheureusement les caractères en sont
beaucoup moins bien conservés, et la plupart même sont presque illisibles.
Les ruines de Canope sont encore marquées par quelques débris anciens, parmi
lesquels on en compte plusieurs en syénit; mais c’est à Alexandrie que cette matière
se trouve accumulée avec le plus de profusion.
Tout le terrain qui a appartenu à l’ancienne ville des Ptolémées, est jonché de
débris de monumfens en syénit : la ville des Arabes en renferme une quantité
considérable, les uns épars à la surface du sol, les autres à demi enfouis dans les
amas de décombres qui recouvrent la plus grande partie de son sol; c’est pour les
habitans de la ville moderne, qui les emploient à mille usages différens, une carrière
qu’ils exploitent depuis bien des siècles, et qu’ils sont bien loin d’avoir épuisée.
Les citernes où se conserve l’eau qu’amène chaque année le canal d’Alexandrie
sont soutenues par des colonnes de syénit : ces citernes, dont la quantité étoit
autrefois si considérable, se trouvoient encore, peu de temps avant l’expédition,
au nombre de trois cent soixante, la plupart offrant plusieurs étages. On pourroit
déjà prendre, par ce seul fait, quelque idée du nombre prodigieux de ces anciennes
colonnes.
Dans les murailles et les tours de la ville des Arabes, les fragmens de granit
travaillé ont été souvent employés; les tronçons de colonnes, dirigés selon l’épaisseur
de la muraille, servent quelquefois à en lier les matériaux, au milieu desquels
les bases de ces colonnes se distinguent comme autant de disques placés de distance
en distance d’une manière symétrique.
Les grands monolithes, restes de l’ancienne splendeur d’Alexandrie, tels que la
colonne de Pompée et les aiguilles de Cléopatre, sont également tirés des carrières
de Syène.
(i) Ce monument, comme tous ceux que nous avons cites, étoit recouvert en entier de caractères hiéroglyphiques
et de bas-reliefs sculptés avec le plus grand soin»